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Fictions ramadanesques: Une recette familiale

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AWLED MOUFIDA
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TÉLÉVISION - Mon instant "glamour" ramadanesque, c'est quand je m'affale sur mon canapé, les orteils en éventail, auréolée d'odeur de friture en "Sainte Bricka" qui se respecte.

C'est à ce moment même où mon processus de (très lente) digestion se met en marche et que je regarde la télévision, passant de chaîne en chaîne.

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J'en capte quelques unes, pas toutes, mais je m'arrange toujours pour revoir les programmes sur le net (n'est- elle pas belle, la technologie?!).

Des séries marocaines, algériennes, libanaises, syriennes, égyptiennes et tunisiennes à volonté.

Les séries tunisiennes, tiens, parlons-en!

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N'avez-vous pas remarqué que la représentation de l'image parentale y est très particulière ces dernières années, celle du père autant que celle de la mère?

Le père est soit mort soit défaillant, aussi bien dans "Awled Moufida" que dans "Warda wa Kteb" ou "Al Akaber".

La question de la paternité est redondante dans les trois feuilletons évoqués, de manière plus ou moins entêtante.

Quand il n'est pas mort, le père est absent car absorbé par son travail ("Chiheb" in "Warda wa Kteb"), malade ("Cherif" dans "Awled Moufida") ou écrasé par la mère.

Matriarche tyrannique ou/et marâtre, castratrice ou/et adultérine, la figure maternelle est certes mise en exergue dans les feuilletons mais son traitement est loin d'être positif.

Le rapport mère-enfant est représenté comme particulièrement tendu. Les répliques des personnages sont chargées de violence et de haine, à l'encontre de la mère essentiellement. A quelques exceptions près, l'agressivité est le leitmotiv de cette relation, comme seule et unique forme de communication.

Le thème du parricide avait déjà été évoqué l'année dernière dans "Awled Moufida"; celui de la haine maternelle également dans "Naouret Lahwa".

Cette année, la tendance se confirme, comme un indicateur de malaise profond dans les relations familiales, comme un révélateur du trouble abyssal qui sous-tend les relations sociales.

La figure de l'autorité, dans ces productions ramadanesques grand public, passe du père à la mère, ce qui n'est absolument pas une tare. Mais c'est le portrait au vitriol de la figure maternelle, et par extension de celui de la femme, qui pose problème.

Elle est le doute, la "faute", elle incarne la suspicion, le machiavélisme, et surtout, dans une société aussi machiste que la nôtre, elle "prend la place de l'homme".

Tous les ingrédients sont là pour attiser la misogynie ambiante.

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Les ingrédients?! Ciel, mes ingrédients!! Je cours acheter les miens pour préparer le shakan- el- fatr de ce soir!

Chehya tayba!

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