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Les Rohingyas, personæ non gratæ en Birmanie

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ROHINGYA
Danish Siddiqui / Reuters
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INTERNATIONAL - Les Rohingyas sont humiliés, massacrés et chassés de leurs terres au vu, et au su, de la communauté internationale qui maintient le silence radio.

Sur la même fréquence, s'est positionnée le prix Nobel de la paix et leader de la majorité parlementaire, Aung San Suu Kyi, qui reste motus et bouche cousue face aux atrocités perpétrées par la junte militaire birmane, à l'encontre de cette minorité musulmane devenue apatride après qu'elle a été déchue de sa nationalité birmane.

Un silence accablant qui traduit un consentement tacite pour que les malheureux Rohingyas soient exterminés et déportés, manu militari, vers le Bangladesh.

Faut-il que les Rohingyas ne soient pas musulmans ou leur territoire ait une position géostratégique sur l'échiquier mondial pour que les puissants de ce monde leur tendent une main secourable?

Faut-il que leur terre soit citée dans les textes sacrés ou qu'ils érigent un quatrième lieu saint, pour que les pays musulmans aient quelque empathie, face à ces images de villages brûlés et de corps calcinés?

Peut-être que la sympathie de leurs dirigeants est réservée exclusivement pour certaines espèces d'homo sapiens qui n'incluent pas cette race rohingya. Dans un contexte mondial mouvementé et tendu, accablé par une menace terroriste qui peut frapper, aveuglement, n'importe où, n'importe quand et n'importe qui, les Rohingyas, avant de passer par les armes des militaires birmans, sont tombés victimes de ce regard suspicieux qui voit en tout ce qui se rapporte à l'islam et aux musulmans un danger potentiel, qu'il faut éradiquer vite fait.

Et même les bouddhistes s'y mettent aussi et rejoignent la bande des persécuteurs et associés. Siddhârta s'est réveillé, finalement, et a disjoint ses mains, pas dans un geste de paix et de non-violence, mais pour ordonner la chasse aux sunnites d'Arakan.

La battue s'est avérée fructueuse et la mer d'Andaman risque de se draper d'un Kesa rouge-sang, tels ces moines - jadis pacifistes - qui, pour atteindre le Nirvana, ont abandonné la voie de la méditation mystique pour suivre celle de l'extermination ethnique.

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