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L'acharnement contre Donald Trump des deux côtés de l'Atlantique frise le ridicule

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DONALD TRUMP
Shannon Stapleton / Reuters
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A juste titre, nous pouvons avoir une réelle crainte sur certains dossiers essentiels de la politique étrangère de la future administration Trump.

Citons l'accord conclu a Paris sur le changement climatique dont la nomination au Département d'Etat de Rex Tillerson, ex-patron d'Exxon Mobil fait craindre la remise en cause, ou encore la menace que Donald Trump fait peser sur la solution à deux États récemment revenue en force grâce au discours musclé de John Kerry, ou encore la possible renégociation de l'accord sur le nucléaire iranien. Mais la peur et l'hystérie qui se sont emparé de la majorité des hommes politiques et des médias en Europe et aux US deviennent grotesques.

Donald Trump est-il arrivé à la Maison Blanche par un coup d'Etat?

Certainement pas. Il a été élu démocratiquement, selon le processus électoral inscrit dans la Constitution américaine.

Et il est bien évidemment trop tôt pour savoir quelle sera exactement la politique de Donald Trump , comme vient de l'avouer Jane Hartley, l'Ambassadrice des Etats Unis en France dans une Interview au Figaro.

Pour le moment les seuls éléments que Donald Trump a dévoilés lors de sa première conférence de presse sont le maintien en Amérique des usines Chrysler, Fiat et General Motors, évitant la perte de milliers d'emplois.

Il a essayé de rassurer en expliquant qu'il démissionnait de son entreprise et la confiait à ses deux fils et a fait intervenir longuement le cabinet d'avocat en charge du dossier.

Sur le sujet tant attendu des relations avec la Russie de Vladimir Poutine, rien à déclarer si ce n'est qu'il a admis que les Russes avaient piraté le site du parti démocrate et avaient permis de révéler certains mails de John Podesta sur Hillary Clinton...

Franchement décevant pour tous ceux qui ont vu la main de Vladimir Poutine dans le moindre bulletin de vote pro Trump... Et l'hystérie a même poussé certains media dont CNN a reprendre des informations fausses proférées par un ancien agent britannique installé à son compte, bizarrement pris au sérieux par la CIA, afin de donner un coup de main à la tendance la plus réactionnaire des républicains qui voient la Russie comme le principal ennemi, et à tous ceux chez les démocrates qui se refusent à accepter la défaite d'Hillary Clinton.

Ce comportement n'est ni digne ni efficace.

Il est vrai que Donald Trump mènera sans doute une politique différente de celle d'Obama en politique étrangère, notamment en donnant une priorité absolue à la lutte contre le terrorisme islamiste (qu'il ose nommer ainsi) que ce soit au Moyen Orient en poussant les négociations de paix sur la Syrie prévues le 23 Janvier prochain à Astana au Kazakhstan entre la Russie, l'Iran et la Turquie, négociations que John Kerry lui même a qualifiées dans son discours d'adieu de "bonne chose.".

Que ce soit pour l'Afghanistan victime à nouveau d'attentats sanglants revendiqués par les talibans qu'on nous présente encore comme des "modérés" et alors que Gulbuddin Hekmatyar, le sanguinaire Président du Hezb Islami, vient de revenir à Kaboul avec l'intention de peser sur le débat . Rappelons qu' il figure sur la liste noire des US, et ceci malgré les récentes pressions du Pakistan de l'en retirer.

Le nouveau président américain laissera probablement la Russie, et les pays de la région en première ligne pour essayer de stabiliser le pays.

Que ce soit en Libye, en Tunisie, il fermera définitivement le dossier des Printemps arabes, estimant qu'il est difficile d'imposer notre conception de la démocratie par la force.

La nouvelle équipe de l'administration Trump qui est actuellement auditionnée par le Congrès semble compétente et ne paraît pas vouloir remettre en cause les principes fondamentaux de la démocratie américaine.

Plutôt que de chercher des boucs émissaires à leur échec, les opposants au nouveau président des États-Unis feraient mieux de dépenser leur énergie à vouloir sauver l'accord de Paris, le deal iranien, la solution à deux Etats etc.

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