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Démarocaniser le mécanisme des violences faites aux femmes sans déresponsabiliser

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MANIF FEMMES
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SOCIÉTÉ - Périodiquement, les affaires de violences faites aux femmes au Maroc apparaissent dans la presse marocaine et internationale. Nous ne pouvons qu'être attristé-e-s de constater que cette violence persiste.

Nous lisons un peu partout, depuis la médiatisation du viol d'une jeune casablancaise dans un bus en août 2017, que cela provient de "l'homme marocain", violent et incapable de se contrôler à la vue d'une femme et ce très souvent comparativement à ce qui se déroule ailleurs. Nous lisons encore qu'il s'agit là d'un manque d'éducation (comprendre sécularisée) ou d'un trop plein d'enseignement islamique, qui pervertirait tout autant les esprits en les enfermant dans des grilles d'intelligibilité du monde, contraires à la lumière, à la réflexion et surtout au respect d'autrui.

La misère sexuelle est également majoritairement convoquée lorsqu'il s'agit de produire une analyse de ces phénomènes. La frustration sexuelle des "Marocain-e-s" serait en cause. Celle-ci produirait même une agressivité particulière compréhensible à l'allongement des études (des femmes) et du recul de l'âge au premier mariage de ces dernières, instant où l'on peut jouir légalement et institutionnellement d'une femme, afin d'assouvir des besoins jugés irrépressibles.

Face à ces assertions trop longtemps entendues, réifiantes, sexistes et racistes au sens d'une construction biologisante systématiquement préalable à la compréhension de "l'homme marocain" et/ou de "l'homme issu du Maghreb et du Moyen-Orient", il nous semble impératif de démarocaniser le mécanisme des violences faites aux femmes, tout en n'excluant pas le Maroc de ses responsabilités dans la perpétuation de la violence quotidienne faite aux femmes.

Nous gagnerons à inscrire ces pratiques localisées dans une réflexion plus large et non moins concrète des effets de la mondialisation néo libérale. Le libéralisme économique touche majoritairement les femmes et surtout il les appauvrit. C'est dans cette perspective de dérégulation de l'économie qu'il faut comprendre l'exercice de la violence des hommes, qui se constituent en "classe de sexe" pour exercer celle-ci en toute impunité.

La construction de l'économie libérale met au cœur de son projet, l'exploitation financière, matérielle, morale et sexuelle des femmes par les hommes. Nous observons par ailleurs que les violences sont exercées sur des femmes pauvres économiquement ou moins considérées que les autres, soit en fonction de leur classe sociale ou de leur ethnicisation préalable. Ces rapports sociaux sont objectivables par la mise sur le marché du travail subalternisé de femmes qui ne peuvent faire autrement que de prendre les transports publics, réputés pour être les moins onéreux. Ces femmes non véhiculées ne peuvent prétendre à éviter les rappels à l'ordre, comme peuvent le faire celles qui détiennent un permis de conduire et un véhicule pour se déplacer.

Le focus est mis sur une partie de la population pauvre qui agresse les femmes, mais ce pan de population agresse de la même façon que les hommes riches agressent les femmes, à ceci près que les hommes, souvent aisés, se font rarement prendre, pendant que les femmes ayant peu de capital à faire valoir (qu'il soit social, économique, politique ou juridique) se découragent dans une large majorité de poursuivre leurs agresseurs.

Le projet colonial ou néo-colonial est consubstantiel au projet néolibéral. Et à cet égard, il nous semble erroné de considérer que les espaces publics soient plus sécurisés ailleurs qu'au Maroc. Il suffit de se pencher sur les chiffres des agressions sexuelles, des associations les répertoriant, pour s'en convaincre.

Le système éducatif marocain est au centre lui aussi de la dérégulation économique et du désengagement des Etats dans l'action en faveur du secteur public. Nous en convenons parfaitement.

Les plus aisé-e-s au Maroc ont aujourd'hui accès à un enseignement qui leur permettra de faire valoir leur savoir sur le marché du travail marocain et international. Quid des "autres", très majoritairement des femmes?

Nous considérons que l'éducation ou la non-éducation fait également partie intégrante du processus de violences faites aux femmes. Nous ne comptons plus les remarques désobligeantes des hommes "sachants" à l'encontre de leurs collègues de promotion jugées moins brillantes ou faisant perdre du temps à l'ensemble d'une classe avec leurs "questions de femmes" quand bien même nous serions dans un espace dédié aux questions de genre et/ou de théories féministes. La (non) prise au sérieux ou le manque de contenu flagrant des formations autour des rapports sociaux de sexe et théories féministes au Maroc participe de ce processus de délégitimation d'un savoir.

C'est dans cette logique que nous incluons aussi l'internationalisation des violences produites par des hommes instruits dans notre réflexion. Le désengagement de l'Etat amène une recherche de fonds privés pour financer les formations les plus rentables, par les professeur-e-s les plus connu-e-s et reconnu-e-s. Or à ce jeu de montrer/cacher, les hommes acquièrent du pouvoir et de la visibilité plus rapidement que les femmes.

Cette question de production de la violence par l'institution d'un savoir qui rapporte tout en vulnérabilisant les "autres" nous rappelle tristement les poursuites pour viol, engagées par Nafissatou Diallo, à l'encontre de l'ancien directeur du Fond monétaire international, Dominique Strauss Kahn. Un homme très instruit, enrichi par les politiques de dérégulation de l'économie. Cette même politique qui a mis les femmes les plus vulnérables aux services des hommes.

La mondialisation néo libérale est facilement reconnaissable: elle suppose un modèle de société qu'on retrouve partout dans le monde. Nous ne passons pas sous silence les bons côtés de la mondialisation: les réseaux sociaux ou la téléphonie par internet qui permettent à des groupes sociaux éloignés géographiquement, de pouvoir communiquer facilement, rapidement et à moindre frais.

Mais derrière l'aspect positif c'est l'uniformisation des modes de vie (majoritairement calqué sur le modèle occidental) qui permet aussi l'exercice de la violence. Et seul-e-s les agent-e-s les plus aisé-e-s de la société marocaine arrivent à vivre comme ce que le standard de "modernité" attend d'elles et d'eux.

Ce mécanisme valide de facto, le discours auto-réalisateur du manque d'éducation et de violences. Nous disions dans notre préambule qu'il ne fallait pas déresponsabiliser le Maroc dans le processus de violences faites aux femmes. En effet, le royaume chérifien est un des meilleurs élèves de la mondialisation néo-libérale. Pour parvenir à montrer de la "modernité", l'Etat a emprunté au FMI et à la Banque mondiale.

Nous ne minorons pas non plus ici les aspects positifs pour la population civile: davantage de choix pour les produits de consommation courante, le développement des structures routières, de télécommunications, de soins etc.

Mais nous ne pouvons pas ignorer non plus que ce développement galopant s'est fait en sacrifiant l'économie agraire rurale au profit d'une urbanisation jugée indispensable. Les grands centres urbains sont tous concentrés aux mêmes endroits. La tertiarisation de l'économie marocaine oblige de nombreux hommes et femmes à migrer vers le nord global du Maroc (Rabat, Casablanca, Tanger) pour trouver une place dans cette même économie.

Ce déplacement de population, au même titre que l'appauvrissement général de la population féminine marocaine procède d'une appropriation globale des femmes: travail pénible, femmes très faiblement rémunérées pour les plus pauvres, qui les laissent dans une relation de dépendance face à ceux qui ont le pouvoir politique, économique et juridique au Maroc: les hommes.

Ces violences de rue ne sont donc l'expression que d'une facette du travail d'appropriation des femmes par les hommes, dans un contexte plus global qui permet la prolifération des violences des hommes en toute impunité. Les drames à répétition autour des femmes dans la rue sont un des indicateurs les plus violents de la politique à l'œuvre des Etats, prenant leur part dans une économie mondiale sans cesse davantage dérégulée.

Que cela soit le cas de cette femme violée dans un bus à Casablanca ou des femmes agressées parce que portant des vêtements jugés provocants à Agadir, l'un des aspects de la violence des hommes encouragée par une société plus inégalitaire que jamais est ce que nous appelons "le dressage des femmes".

Là encore, nous prenons le contrepied de l'explication autour de l'allongement de l'âge au premier mariage comme facteur explicatif du manque de contrôle des hommes. L'institution du mariage est au cœur de la poursuite de l'appropriation des femmes par les hommes, en lien direct avec le (non)maintien des femmes sur le marché scolaire. En contexte marocain et musulman, celle-ci est encouragée par la valorisation du mariage comme obligation islamique. La norme religieuse complète l'appauvrissement des femmes qui oblige ces dernières à se marier. Mais n'est pas la condition sine qua non de la violence à l'égard des femmes.

L'appauvrissement des familles les moins dotées oblige les filles à s'insérer sur le marché conjugal et ce pour deux raisons. Les familles ne peuvent pas ou ne veulent subvenir aux besoins créés par l'uniformisation des modes de vie, qui passe par la mobilité géographique des filles en même temps que leur relégation sur le marché de l'emploi; tandis qu'il existe parallèlement à cette mise en difficulté des femmes sur le marché de l'emploi, une survalorisation du statut de femme mariée.

Cette valorisation des femmes mariées est également un des effets pervers de la chaîne d'appropriation des femmes par les hommes. Celle-ci a des effets concrets sur la sexuation de l'éducation nationale.

Ces femmes mariées ne finissent pas ou mal leurs études supérieures, doivent composer avec les désidératas du mari, financeur de l'épouse. Ce dernier a un droit de regard sur ses choix, sur ses déplacements. Cette usure morale et psychologique finit de décourager celles qui voudraient aller plus loin dans leurs études et obtenir des postes à responsabilités.

Si l'éducation est un levier à actionner pour lutter efficacement contre les violences, la question est de savoir qui éduque qui dans une société aussi sexiste que classiste. Des universitaires femmes à qui l'on donne si peu de moyens pour promouvoir un savoir un tant soit peu au plus près des réalités que les femmes rencontrent au quotidien?

Des universitaires hommes qui agressent sexuellement les étudiantes pendant les colloques et cours, contre des bons résultats, comme cela a pu être le cas à l'université de Kénitra? La mondialisation néolibérale a appauvri le Maroc et son système éducatif et le reproduit grâce à une reproduction des élites et en s'adossant aux pratiques religieuses d'imams rétrogrades qui appellent à ce que les femmes ne soient pas trop instruites. Il existe là un continuum bien à l'œuvre dans le processus de "dressage des femmes".

Un des premiers réflexes lorsque nous nous trouvons face à de tels délits est d'implorer la mise en place ou l'application de lois plus restrictives. Sans être manichéen ou ironique, nous nous demandons pourquoi les hommes qui tiennent le pouvoir juridique au Maroc aideraient-ils à modifier les lois qui les protègent?

Il est, par ailleurs, nécessaire de rejeter l'idée d'une frustration sexuelle marocaine produite par le seul contexte juridico-religieux. Ce paradigme n'a qu'une vertu: celle de perpétuer la dichotomie coloniale entre "orient" et "occident". Un occident moderne où la sexualité serait encadrée et bien expliquée et un "orient" désorienté où les hommes "affamés" par le recul de l'âge au mariage ne pourraient pas se contrôler.

Il est curieux que cette idée de frustration sexuelle comme facteur d'agressivité soit encore avancée comme élément explicatif des violences à l'égard des femmes marocaines. Si frustration, il y a, alors elle existe pour toutes et tous. Or, il est très rare et en tout cas jamais relaté que des femmes agressent violemment des hommes pour obtenir des faveurs sexuelles. Non, la majorité du temps, les femmes taisent leurs envies parce que la "classe des femmes" se constitue aussi par le fait de ne jamais prétendre à réclamer ce que (seule) la "classe des hommes" cherche à leur extorquer en permanence.

En aucun cas, ces violences ne pourraient être objectivées par la frustration sexuelle mais plutôt par une domestication des femmes. Cette domestication des femmes, qui est à l'origine de la violence patriarcale mondialisée, s'est diffusée partout dans le monde.

Un des facteurs permettant à la violence néolibérale de s'exercer contre les femmes dans l'espace public comme privé, c'est bien la pornographie, produit utilisé pour pallier les carences de l'Etat, pointée du doigt à juste titre par quelques chercheur-e-s, suite à cette affaire. Une pornographie bien plus récente et violente que le coran, qui lui indique aux hommes de satisfaire l'épouse autant qu'eux-mêmes.

Nous sommes face à que le coran et la tradition disent et ce que la structure machiste de la société marocaine a transformé à l'aide du néo-libéralisme qui ne se limite pas aux espaces publics mais qui agit bel et bien entre les deux espaces, pour les deux espaces. C'est sans nul doute pour ne pas interrompre l'exercice de ce continuum que les responsables politiques marocains n'ont par ailleurs jamais voulu développer une éducation sexuelle. Si officiellement, la crainte est de voir se développer une sexualité trop rapide, celle-ci risquerait surtout d'être trop instructive pour les femmes et leur donner une capacité d'agir plus grande.

Ces pratiques de dressage des femmes que la pornographie participe à diffuser et que de nombreux Etats n'ont jamais voulu interdire se retrouvent aussi dans la violence quotidienne de la supériorité des hommes. Le harcèlement moral ou physique des femmes pour avoir des relations sexuelles, en implorant les principes islamiques doit à notre sens se comprendre bien loin du simple "désir sexuel".

Nous n'ignorons pas la possibilité pour une partie de la population féminine marocaine d'avoir une vie sexuelle faite de pratiques qu'elles décident d'avoir ou qu'elles aiment avoir. Mais il semble que l'existence de pratiques non équitablement rétribuées est aussi largement conditionnée à d'autres enjeux pour beaucoup d'entre elles.

Comme il est impossible d'ignorer non plus que toutes les femmes qui, se trouvant prises au piège d'une sexualité jugée trop fréquente et déviante, doivent migrer de villes en villes (ou quitter les petites villes pour aller dans les grandes) pour tenter d'avoir ou de (re)trouver une vie sociale sans crainte de ragots en tout genre.

Le recul de l'âge au mariage serait un facteur favorisant l'exercice de la violence? A moins que ce soit l'institution du mariage elle-même, quel que soit l'âge, qui conditionne la domestication des femmes. Par-delà l'existence de nombreux mariages heureux et basés sur le respect que nous n'ignorons pas, cette domestication des femmes qui continue lorsqu'il s'agit d'agressions sexuelles quotidiennes en rue poursuit un objectif très clair.

Elles souhaitent "apprendre à une femme à être une femme", souvent bien avant le mariage. Souvent par des hommes, qui intiment aux femmes de pratiquer en contexte, des sodomies et fellations, sans protection aucune, parce qu'ils auraient "trop de désir pour elles et que cela ne peut pas attendre".

Nous faisons le choix de nommer crûment les pratiques sexuelles, parce que si les femmes sont appelées à taire leurs pratiques, les hommes taisent leurs méfaits pour les perpétuer. Nous lisons que trop souvent une euphémisation des pratiques jugées "palliatives", "de contournement" mais il ne se passe pas un jour sans que nous les lisions dans la presse généraliste. Ne pas nommer les pratiques violentes ou re/consenties comme une "nécessité" pour celles qui les subissent et/ou les acceptent permet aussi à la violence de prospérer. Elle prospère sans inquiétude pendant que les agresseurs narrent leurs exploits, chaque jour à la face des femmes, quand celles-ci ont le malheur de s'échapper de leur emprise.

Il y a un lien très clair entre la structure de l'économie, du politique, de l'exercice de pratiques sexuelles imposées aux femmes et extorquées en toute impunité, tel que l'on a pu le voir tristement à Casablanca et l'institution du mariage profondément inégalitaire qui vulnérabilise autant qu'elle est censée protéger les moins dotées qui s'y engagent.

Tant que les structures politiques seront liées à une économie néo-libéralisée mondiale que le Maroc continue de promouvoir, tout en y étant pris au piège aujourd'hui, les inégalités hommes-femmes seront encore plus grandes et des rapports de pouvoir encore plus forts entre les hommes et les femmes et à la défaveur des plus vulnérables.

Mais circonscrire la violence au Maroc et la nommer comme une "violence marocaine" ne saurait rendre compte de la réalité de l'organisation internationale des violences à l'encontre des femmes. Le Maroc est partie prenante de ce système machiste. Il serait également faux de convoquer la biologie pour tenter de décrypter "le Marocain". Le Marocain n'existe pas.

Les Marocains existent, autant que ceux qui condamnent ces violences, qui aident lorsqu'ils trouvent des femmes face à une situation d'injustice dans l'espace public; mais il existe, il est vrai, des Marocains bien trop heureux de vivre dans un système acquis à leur unique cause; quand bien même ils auraient des accès de "féminisme" par moment.

Le Maroc, on s'y rend même pour violenter gratuitement ces femmes marocaines ou enfants subalternes (cas du pornographe d'Agadir, belge, et à peine condamné par la justice ou le cas de l'Espagnol blanchi après avoir été arrêté pour pédophilie et renvoyé en Espagne). A l'aide de ces exemples, il nous semble impérieux de resituer le Maroc sur une carte des violences faites aux femmes, aussi violente que mondialisée, autour d'une impunité des hommes encore plus grande.

Nous considérons qu'il s'agit d'une mondialisation de la violence qui continue de faire exploser les structures traditionnelles marocaines qui arrangent des membres des classes aisées masculinisées de la société marocaine et non pas une simple "crise de valeurs" ou encore "un manque d'éducation".

Que l'on ne se méprenne pas sur la teneur de ce propos. Il s'agit de condamner avec la plus grande fermeté ces actes délinquants d'une rare violence, bien trop fréquents au Maroc, qui est un pays violent pour les femmes, classiste et à de nombreux égards, raciste. Il est plus que nécessaire que la machine pénale fasse son travail et en ce sens, les différents ministères concernés ont tous conscience de la chose.

Mais cette économie politique androcentrée a sans doute des bases bien solides, qu'un seul changement de "mentalité", de loi dépénalisant les rapports sexuels hors mariage, d'éducation sécularisée (commencer par faire cesser le discours stigmatisant autour des femmes jugées comme mauvaises mères et responsables de la violence des hommes), une éducation sexuelle, ne saurait à lui seul enclencher.

C'est tout un système masculinisé dans lequel les femmes sont prises au piège, qu'il faudrait repenser en ne laissant plus le monopole de la parole à ceux qui, lotis dans leurs privilèges économiques, sociaux, politiques, ne sont jamais agressé-e-s.

La parole doit être (re)prise par celles et ceux qui, bien doté-e-s socialement ou non, sont au contact des réalités quotidiennes. Cette hybridité existe. Ce sont ces espaces, aussi infimes soient-ils, qu'il faut continuer à ouvrir, encore davantage.

Enfin, il est plus que nécessaire d'évacuer l'idée d'une marocanisation de la violence. La violence circule, dans un espace monde restreint et bien délimité, au sein duquel le Maroc a une place de choix, mais ce pour des raisons sociales, politiques et post-coloniales, qu'il conviendra d'objectiver précisément.

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