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Que faire face à la crise qui dure ?

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"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde", Ghandi

Je crois que maintenant en Algérie les choses sont claires : une minorité s'est enrichie comme Crésus alors que la majorité du peuple vit tant bien que mal sans mot dire. Le pays est à la traîne dans le classement des nations et fui par ses cerveaux qui font les beaux jours des pays riches et développés.

Aujourd'hui encore plus et tout le monde le constate le pays est dans un malaise économique et énergétique certain :

"Autant dire que l'effondrement des prix est une catastrophe. Les revenus pétroliers du pays ont chuté de 70% depuis l'été 2014. 750 milliards de dollars: ce sont les rentrées colossales générées par les exportations de pétrole et de gaz entre 1999 et 2014. Cette manne a très peu été investie dans le développement de l'économie nationale (....) L'augmentation du prix de l'essence a été de 40% depuis le 1e janvier. Le gouvernement a décidé de reporter des chantiers de nouvelles autoroutes et des créations de lignes de tramway dans plusieurs villes. Le taux de chômage de 12,7% touche massivement les jeunes (...) la balance commerciale du pays est déficitaire de 13,7 milliards de dollars.

En janvier, le gouvernement a donné un coup de frein en mettant en place des licences d'importations sur les véhicules et le ciment notamment. (...) Le Fonds de régulation des recettes, créé pour compenser l'impact des fluctuations du pétrole sur le budget a été ponctionné de 30 milliards de dollars en 2014, pourrait être à sec dès cette année. Même quand le prix des hydrocarbures se remettra à progresser, ce qui finira par se produire, la production est en baisse, la consommation nationale flambe Les experts estiment que si les tendances actuelles se prolongeaient, la Sonatrach, la compagnie nationale, n'aurait plus rien à exporter d'ici 2025".

Alors, que faire ?

Certes, l'inaction pèse sur beaucoup de gens révoltés. Certains préconisant même des soulèvements pour mettre bas des "gouvernants corrompus". Certes, le marasme dû à cette corruption qui s'est généralisée dans tout le pays, des milliards de dollars transférés en Occident auraient pu contribuer au développement du pays. Mais la situation d'aujourd'hui est bien différente d'il y a un demi-siècle, les révoltes ne payent pas vraiment, la preuve: ni l'Irak ni la Lybie ni la Syrie ne se relèvent encore après des révolutions qui ont mené au chaos.

Alors toujours la lancinante question : que faire ?

"S'il est avéré que des hauts responsables sont corrompus", il faut se rendre à l'évidence que si nos gouvernants avaient la potion magique aux problèmes du pays, ils l'auraient utilisé tant leurs soucis quotidiens de préserver la paix sociale.

Un ami me disait il n'y a pas longtemps : "mets toi à leur place et tu verras combien c'est difficile tant ils subissent des pressions internes et externes".

Alors que faire ?

L'Algérie à l'instar de beaucoup de pays dans le monde a beaucoup de problèmes. En France par exemple les français aussi ne cessent pas de réaliser et "vivre l'impasse" : comment représenter ceux qui sont opprimés par un ultralibéralisme gredin ? Le mouvement Nuit Debout conteste depuis des semaines.

Alors que faire quand le temps des révolutions violentes semble révolu ?

L'éminent intellectuel algérien Lounis Aggoun a écrit un livre toujours d'actualité sur la France et l'Algérie, leurs histoires, leurs pouvoirs, leurs relations etc....uUe très belle analyse profonde et bien documentée.

Je vous laisse méditer sur un paragraphe de la conclusion de son livre :

"Autant en être conscient : il n'y aura plus de 14 juillet. Trop de bastilles à prendre, trop d'empires usurpés à renverser. Pourtant l'homme deviendra-il homme sans une révolution ? Cela paraît improbable. Il faudrait plus d'emplois et moins de prisons, plus de dialogue et moins de baston. Il faudrait la justice. Que l'humanité cesse de marcher sur la tête. Que chacun retrouve la place qu'il mérite, Philippe Val comme comique troupier de droite ou livreur de pizzas et un vrai journaliste à la place de France Inter. Un président de tous les français (le peuple travailleur qui fait tourner la société) à la tête du pays.

Etre moins dans "l'air" et plus dans le fond. Que les hommes partagent le travail et le fruit de leur labeur et que nul ne puisse toucher 1000 fois le salaire d'un autre au prétexte qu'il est mieux introduit dans les cercles mafieux du pouvoir. En un mot que cessent toutes les prévarications. Un combat à portée de volonté; à condition de vouloir le mener et de donner pour objectif d'exiger la vérité par des recettes simples...etc.".

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