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Les autorités locales marocaines face au concept de territoire intelligent

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CASABLANCA
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DIGITAL - La COP22 arrive à grand pas, et Marrakech vivra un moment exceptionnel de concentration d'expertises dans le domaine de la transition mondiale des collectivités locales. Mais après cet événement, qu'en sera-t-il des incidences sur les villes marocaines?

Les fonctionnaires territoriaux et ceux de l'État chérifien parviendront-ils à puiser efficacement les bonnes pratiques au sein du grand raout de novembre prochain à Marrakech? Est-il sûr que l'événement par lui-même offrira aux élus et techniciens du pays un projet pragmatique? Celui du lancement, avec l'outil Internet, d'une veille stratégique des initiatives internationales de la transformation, grâce au digital, des collectivités locales en territoires intelligents. Il est du devoir désormais des responsables marocains de savoir au jour le jour ce qui se passe dans ce domaine dans le monde. Mais pour embrasser d'un œil averti ce qui se fait ici ou là, une méthode de veille technologique et numérique à l'échelle du monde s'impose. Nous y reviendrons.

Outre cette capacité à mesurer ce qui se fait ailleurs, il faut éviter de prêter le flanc à la critique. Tout comme l'erreur grossière commise lors de la visite à l'Université de Rabat du vice-président indien, Mohammad Hamid Ansari, début juin, en faisant figurer le Pakistan, l'Afghanistan et le Bangladesh sur... la carte de l'Inde! Cela n'est pas passé inaperçu au pays de Gandhi puisque la presse indienne n'a pas manqué de relater l'incident diplomatique. Un bien inutile dégât, un signe et non des moindres qui indique que le campus de la capitale marocaine manque d'une vraie connaissance de cet immense pays, aussi bien bordé à l'ouest par la mer d'Arabie qu'à l'est par le Golfe du Bengale.

À l'heure où l'Inde connaît un plan exceptionnel de projets de villes intelligentes, les territoires urbains marocains ne peuvent pas ignorer l'initiative majeure de ce pays aux dimensions continentales. Lancé en 2014 par le Premier ministre Narendra Modi, ce plan indien ne peut laisser indifférent et le Maroc, organisateur en octobre dernier d'un Sommet international des villes intelligentes en Afrique du Nord, ne peut pas se limiter sur le sujet à regarder uniquement les projets des villes européennes. Pour le Maroc, pays où coexistent un urbanisme arabo-berbère séculier et un autre hérité du protectorat français, il y a nécessairement des bonnes pratiques à prendre en termes de projets de Smart City dans l'ancienne colonie anglaise.

Le projet Modi de villes intelligentes indiennes est d'autant plus intéressant que petites, moyennes comme grandes collectivités locales y sont représentées. Déjà, les dossiers des 20 premières villes sélectionnées peuvent être inépuisables en bonnes idées pour les responsables locaux du Royaume chérifien. Ces derniers doivent comprendre qu'il n'y pas une fatalité à attendre que les métropoles marocaines s'équipent en intelligence avant que la convergence énergie/numérique ne devienne une réalité pour le pays profond. À titre d'exemple, dans le classement indien, la capitale ne vient qu'à la 12ème position. Ce qui veut dire que la compétition, uniquement sur dossier, en termes d'imagination fut rude puisqu'une ville comme Davangere et ses 435.000 habitants est autant considérée que Jaipur et ses bien plus de 3 millions d'âmes!

Il est vrai que l'expérience indienne n'est pas la seule intéressante dans les mutations actuelles des villes en territoires intelligents. Et cela nous ramène à notre propos du début de cet article. La veille stratégique par le numérique permet d'accéder à des exemples où des autorités locales multiplient les projets ingénieux pour faire de leur ville des exemples de bonnes pratiques en termes de services et solutions à destination de leurs administrés.

Autre pays, autre expérience. En mai dernier, dans le cadre de son Plan directeur SMART (2015-2020), le Rwanda, un des pays les plus connectés d'Afrique, a inauguré son premier "Smart Village" au nord du pays. Les directives étant de donner "l'accès à Internet pour tous, l'alphabétisation numérique, l'inclusion financière et la création d'emplois liés aux TIC".
Ainsi, par la méthode appropriée, la veille stratégique par le réseau des réseaux permet de ne plus attendre, comme du temps de l'électrification du pays, l'arrivée d'infrastructures lourdes pour imaginer tel service ou tel autre.

Désormais, la veille bien menée permet l'accès à l'information mondialisée de bâtir son propre territoire numérique. Un territoire qui sera forcément singulier puisqu'il tiendra compte de la culture, de l'économie et des attentes locales. Offrir une vision globale à celui qui a l'autorité locale pour numériser son village ou sa ville, voilà qui fera accéder le pays à un âge digital intelligemment configuré. Par conséquent, pour un Maroc numérique et progressant rapidement selon ses besoins, les responsables marocains ne doivent plus avoir qu'une seule devise: sursum corda ("Haut les cœurs")!

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