Huffpost Algeria mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Nadia Ghanem Headshot

Yasmina Khadra et "Dieu n'habite pas La Havane"

Publication: Mis à jour:
Imprimer

2016-06-03-1464983657-5103793-DieunhabitepaslaHavaneYasminaKhadra.jpg

Dieu n'habite pas la Havane, le tout nouveau roman de Yasmina Khadra, paraitra très prochainement, le 18 août, simultanément en Algérie (Casbah eds) et en France (Julliard eds). Inspiré d'un voyage à Cuba, il vient enrichir le corpus de l'auteur, déjà composé d'un peu plus de 23 romans sous ce pseudonyme depuis 1990.

Une fiction qui va ravir les fans de Khadra, et ceux qui le découvriront pour la première fois à travers le récit de Juan Del Monte Jonava, alias "Don Fuego", chanteur de rumba à La Havane.

Un roman rafraîchissant, certainement l'un des meilleurs de Yasmina Khadra, à lire d'un trait une fois en main. Preuves à l'appui et à l'avance pour attiser curiosité et appétits littéraires :

Juan Del Monte Jonava "Don Fuego" a 59 ans. Son métier, c'est chanter les grands classiques cubains et mettre le feu à la scène du Buena Vista, le cabaret dans lequel il se produit à la Havane. Don Fuego est un homme heureux, qui en demande peu. Depuis l'âge de 10 ans, son monde c'est la musique. Cela fait 35 ans que Don Fuego vit son rêve sur scène, et fait abstraction du monde diurne autour de lui.

Tout bascule pour lui quand Pedro, le gérant, lui annonce que le Buena Vista est désormais privatisé par le Parti et qu'il passe entre d'autres mains administratrices. Du jour au lendemain, Juan se retrouve à la porte, dénué de tous ses repères. Incrédule, il s'accroche au mythe de sa notoriété et à l'espoir de se produire ailleurs. Mais quand aucune opportunité ne se présente, le nuage sur lequel il vivait se dissipe et fait place à la réalité de son environnement, La Havane, au sein de laquelle les détresses s'accumulent en silence.

Juan ouvre enfin les yeux sur ses proches, les redécouvre et les observe avec tendresse. Tous essaient de se réconcilier avec un quotidien précaire. Comme Mayensi, une jeune femme superbe et énigmatique, visiblement profondément marquée par de violents événements, et que Juan prend sous son aile.

Malgré la différence d'âge et les agissements de plus en plus troublant de Mayensi, Juan en tombe follement amoureux. C'est lors d'une réception pour célébrer Fidel Castro et auquel il a été convié grâce à un ami bien placé, que Juan va découvrir la nature cachée de Mayensi. Commence alors son enquête pour comprendre le passé de cette femme écorchée...

A travers ce roman composé à la première personne, Juan nous raconte toute la place de la musique dans son monde, et son amour pour une vie qu'il accepte, quelles que soient les souffrances. Initialement narcissique parce que le centre de son univers a été statique depuis des décennies, Juan se révèle un personnage attachant et généreux. Son sens de la répartie, et sa philosophie désintéressée sont contagieux.

Dieu n'habite pas la Havane est un texte plein d'humour et d'autodérision, qui fait des clins d'œil à l'Algérie depuis Cuba. Un récit fluide solidement construit, dont l'homogénéité repose sur une écriture aiguisée, lucide et affectueuse.

Dans ce roman, Khadra nous mène de l'auto-questionnement à l'enquête, deux quêtes ancestrales en littérature, qui portent vers l'extérieur de soi, la découverte de l'autre et vers l'entendement.

Dieu n'habite pas la Havane célèbre la beauté et l'acceptation, la bonté des âmes malgré les épreuves qui les testent. Un très beau roman, à dévorer.

Dieu n'habite pas la Havane de Yasmina Khadra, 295 pages, parution le 18 août aux éditions Julliard et Casbah.

Mes remerciements aux éditions Julliard pour la copie-presse de ce roman.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.