Huffpost Tunisie mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Nébil Belaam Headshot

Polémique à propos du salaire du Gouverneur de la Banque.. Et si on s'attaquait au vrai problème!

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Afin de garantir la bonne marche des affaires de l'État la transparence reste la règle principale.

Dans cette logique, le constat des irrégularités, dysfonctionnements et dépassements ne peut qu'être bénéfique pour garantir une politique de rémunération cohérente et une meilleure valorisation du travail de notre administration.

Dans ce sens,la hausse de salaire qui sera octroyée (ou pas) au Gouverneur et Vice-gouverneur de la banque centrale a accaparée la scène médiatique et les réseaux sociaux cette semaine.

Que le salaire du Gouverneur de la Banque Centrale soit multiplié par cinq ou pas, le problème, est à mon avis, ailleurs.

Car la vraie question c'est pourquoi il n'y a jamais eu de véritable volonté politique pour réformer globalement le système de gestion des fonctionnaires de l'État, particulièrement les aspects liés à la motivation et à la rémunération (ou plutôt la rétribution) des agents de l'État, à tous les niveaux?

Déjà avant le 14 janvier 2011 le système de la fonction publique était archaïque, obsolète et dépassé. Avec les nominations politiques et partisanes survenues après la révolution, le problème s'est aggravé et le système devient :

1) Plus complexe et plus incohérent avec un développement anarchique des indemnités et des emplois qui ne correspondent pas à des besoins réels de l'administration.

2) Le Système de rémunération appliqué ne rémunère nullement les emplois, il ne représente pas la contrepartie d'une activité donnée, mais tout simplement l'appartenance d'un fonctionnaire à un corps. Ceci n'a, aujourd'hui, plus aucun sens!

3) Le système ne prend pas en considération la valeur professionnelle, ni l'expertise, ni le potentiel de la personne.

4) Le système est toujours rigide avec une bureaucratie pesante.

5) Le système est complètement décalé par rapport au marché du travail (aussi bien local qu'international).

Les conséquences de tout ça c'est:

- Qu'il y aurait toujours une démotivation des fonctionnaires

- Une fuite des meilleures compétences vers le privé

- Et que la gestion des salaires reste impossible à contrôler efficacement.

Vraie ou pas la hausse vertigineuse du salaire de M. Chedly Ayari, il est temps de passer à une gestion moderne, efficace, souple et plus cohérente, et nous espérons que cette question sera, pour le nouveau chef de gouvernement, un signal déterminant pour engager les grandes réformes tant attendues.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.