Huffpost Algeria mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Mounira El Bouti Headshot

Lettre à mes compatriotes algériens: 54 ans après l'indépendance, apprenons à aimer notre Algérie !

Publication: Mis à jour:
FLAG ALGERIA
Reza via Getty Images
Imprimer

Lors des dix derniers jours du mois sacré de ramadan, les musulmans prient plus intensément et font de leur mieux afin de se faire pardonner leurs erreurs passées. On dit que les vœux sont exaucés en cette période, alors prions pour une Algérie libre et démocrate. Prions pour la libération de Mehdi, Nora et Ryad, prions pour une vraie justice dans ce grand pays, non par sa superficie uniquement mais par son peuple et son histoire !

Mais avant de prier, laissez moi vous rappeler un peu ce que ces Algériens ont pu réaliser à travers l'Histoire, en cette matinée du 5 juillet, soit deux jours après l'anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, le 3 juillet 1962, une date confisquée au GPRA par ceux qui ont confisqué l'Histoire de de ce pays. Rappel aux amnésiques parmi nous ...

L'Algérie, centre d'Afrique du Nord, Mauritanie d'antan ou Numidie comme aiment à l'appeler certains, a donné naissance à des hommes qui ont marqué l'Histoire par leur grandeur et pas seulement l'Algérie ou l'Afrique. Leur effet atteint l'Asie, Hay Almaghariba de Al-Qods, Jérusalem, en témoigne. Ce côté ouest du Mur des lamentations raconte les Algériens du Cham et comment ils ont marqué l'histoire et l'humanité ...

A la veille du 5 juillet, en voyant flotter notre cher drapeau du balcon de ma chambre d'Alger, je rappelle que l'Algérie est la terre d'un grand peuple, tant par son militantisme, son nationalisme et son Histoire, même si on veut nous le faire oublier par tous le moyens, en voulant nous transformer en machines respiratoires mobiles, sans cœur, sans mémoire.

Laissez moi continuer, arrêtez donc vos grimaces de lassitude et de fuites furtives. Moez Eddine Allah Al Fatimi, l'algérien qui a bâtit le Caire. Oui vous ne rêvez pas car en 969, la terre des Pharaons a été conquise par les armées fatimides, venant d'Algérie et formée par des guerriers venant d'une région appelée Ikjan, du côté de Jijel, appartenant à la tribu berbère de Koutama.

Plusieurs historiens affirment qu'en plus d'avoir conquis le pays, la construction du Caire, qui aurait duré quatre ans, a été également l'œuvre des Amazighs. On est arrivé même à parler du fameux maçon de Jijel, bâtisseur de la grande Qahira, la rue d'El-Moez Eddine Allah El Fatimi qui est le plus grand musée ouvert. Des monuments islamiques au monde en témoignent.

Inutile de ressortir encore une fois l'histoire de l'Emir Abdelkader accusé par certains d'avoir viré franc maçon. Du vieux tiroir. Je sais d'ores et déjà qu'on vous l'a fait apprendre par coeur à l'école mais j'aimerai vous rappeler ce qu'a dit le maréchal français Soult en 1849: " Il n'y a pas présentement dans le monde que trois hommes auxquels on accorde légitimement la qualification de grands, et tous appartiennent à l'islamisme: "Abdelkader, Mohamed Ali, et Chamyl". Abdelkader arrive en premier..

Les lecteurs doivent me comprendre. Nous sommes le 5 juillet, nous fêtons notre indépendance avec une liberté volée, avec Mehdi, Nora et Ryad en prison (détenus de l'affaire Kbc), des bougies allumées un partout dans le monde par solidarité avec eux et avec d'autres bouches cousues.

Pardonnez-moi ce soir, je suis Algérienne, de l'Algérie que j'aime, dont le devenir flou me consume. Pardonnez moi je suis encore amoureuse, 25 ans après le coup de foudre et le premier contact d'une Algérie belle, grande, fougueuse et éternelle par sa magnifique jeunesse que je voudrais soigner.

J'appelle les médecins à soigner le manque de mobilité consciensuelle, la frigidité nationaliste et leur manque d'intérêt, total ou presque de certains A la rue Debaghine, tant de médecins dont l'un qui a soigné César ont été formés, nous avons donc de bons médecins, capables de soigner ce mal, qui dévore l'Algérie, qui range ses enfants ?

Que dis-je, nous pouvons nous soigner seuls, en regardant bien autour de nous, en touchant et respirant notre drapeau, en lisant notre histoire, en travaillant pour ce pays, en arrêtant de donner ou de toucher des pots de vin, en arrêtant d'acheter des diplômes et des permis, en pensant à autrui, en respectant son tour, en ne brûlant pas le feu rouge, en nettoyant sa place à la plage, en disant la vérité à nos enfants, en ne fermant pas les yeux devant les injustices et surtout en nous aimant.

C'est sans doute ce que Boudiaf, Ben Boulaid, Ben M'hidi, Belkacem, Bitat, Didouche Mourad, Ferhat Abbas, Messali Hadj, Djamila Bouhired nous auraient demandé s'ils pouvaient s'adresser à nous une dernière fois ...

Aimons donc notre Algérie. Non pas d'un amour passager, mais d'un amour passionné, fougueux, d'un amour éternel, en la respirant jusqu'à la dernière seconde de notre existence sans jamais oublier que l'amour n'est pas que paroles et chansons. L'amour est actions.

Si j'ai cité tous ces noms, ce n'est pas pour vous donner un cours d'Histoire, je ne suis pas experte en la matière, c'est pour vous rappeler qu'on n'est pas connu uniquement en matière de sang, de révolutions armées ou encore de terrorisme. Nous avons quelque part façonné le monde et fait de grandes choses. Il est inadmissible d'emprisonner notre élite aujourd'hui et laisser notre pays nous filer entre les doigts. Inadmissible.

Prions alors, que les assassins de Boudiaf soient punis, que Mehdi, Nora et Ryad rentrent chez eux pour l'Aid et que nos enfants aiment, VRAIMENT, leurs pays.

Amen !

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.