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Leadership et présidence du gouvernement: Et si l'homme de la situation était une femme?

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Jason Lee / Reuters
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A l'heure où les Tunisiens s'interrogent sur le successeur de Habib Essid, la liste des prétendants s'allonge, et tout le monde retient son souffle.

La question qui se pose, est celle de savoir qui va remplacer Essid et sous quels critères sa candidature sera choisie par le président de la République Béji Caid Essebsi conformément à l'article 98 de la constitution?

Pour l'instant, Ahmed Néjib Chebi, président du parti Al jomhouri, représenté par un seul siège à l'ARP, est le seul nom officiellement déclaré pour la course à la présidence du gouvernement.

D'autres noms raisonnent dans les coulisses à savoir Yassine Brahim, actuel ministre de l'Investissement, du développement et de la coopération internationale, Selim Azzabi, directeur du cabinet présidentiel, Youssef Chahed, ministre des Affaires locales, Mehdi jomâa, ancien chef du gouvernement, Mustapha Kamel Nebli, ancien gouverneur de la Banque Centrale ou encore Hédi Larbi ministre de l'Équipement du gouvernement Mehdi Jomaâ.

Pas un seul nom féminin n'a été proposé, malgré les efforts acharnés des Tunisiens dans la sphère politico-économique pour promouvoir l'égalité hommes- femmes dans les hautes sphères décisionnelles et en dépit, notamment, du nombre croissant de compétences féminines. Des compétences qui sont la fierté d'une Tunisie qui a encore du mal à se retrouver 5 ans après la révolution.

Leadership féminin, au secours

Pourtant, les études ont révélé qu'en situation de crise, les femmes s'avèrent être un excellent agent de changement, via leur leadership transformationnel et leur sens prononcé du consensus.

Le leadership féminin, qui fait couler beaucoup d'encre ces dernières années, surtout après la crise de 2008 qui a révélé que la plupart des entreprises qui ont résisté à la crise, étaient celles gérées par des femmes, devient une urgence tant pour nos organisations que pour l'avenir de la Tunisie.

Aujourd'hui, la femme tunisienne est présente dans la quasi-totalité des secteurs, en particulier ceux qui lui étaient traditionnellement fermés. Elle n'est plus cantonnée dans les secteurs sociaux. Pourquoi pas une femme à la tête du gouvernement tunisien alors? Cette question devient légitime.

Place aux femmes

Si l'ont veut faire prospérer notre économie et développer notre société, il est inéluctable de faire participer la femme au processus de transition. Tant d'études ont démontré que les femmes dans la région MENA, sont un manque à gagner en matière de développement durable et économique.

Plus encore, ces études recommandent l'éducation d'une génération de femmes prêtes à prendre les rennes et à se mettre dans l'exécutif. Leur sens de l'écoute, leur façon de faire, fera le plus grand bien à notre administration et à la gouvernance de la Tunisie.

Il est temps d'apprendre à coacher les magnifiques jeunes filles, smart et actives qu'on croise un peu partout et qui nous rendent le sourire par leur courage et leur engagement. Il faut apprendre à leur donner leur chance, à leur accorder la confiance qu'il faut pour gérer et prendre le dessus.

La solution à nos maux se trouve surement dans l'âme d'une femme consciencieuse, professionnelle, communicative, résistante et jeune, qui apportera un brin de fraicheur à un système archaïque et arabisé qui peine à voir le bout du tunnel.

Il est temps de changer notre façon de voir les choses, de donner leur chance aux femmes, de croire en ces médecins, journalistes, jeunes entrepreneurs, managers, qui assument, qui font du "multi tasking", bien plus que certains de nos responsables endormis.

Même si cette quête reste illusoire aux yeux de certains, l'ère du changement n'exclut rien. Il faut continuer à y croire car il n'y a jamais de moment propice pour changer les mentalités. Ce qu'il faut c'est plus de femmes dans les instances décisionnelles et plus de femmes, dans les backoffices.

Si nous sommes incapables de le faire, n'empêchons pas nos enfants de le faire, à tout le moins.

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