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Pourquoi le Maroc a toutes les chances d'organiser le Mondial 2026

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COUPE DU MONDE 2026
De gauche à droite, Moulay Hafid Elalamy, Donald Trump, Mike Lee et Fouzi Lekjaa |
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FOOTBALL - Certes ce n'est pas encore décidé et il est trop tôt pour annoncer quoi que ce soit mais pour moi, c'est gagné! Le Maroc aura le privilège d'organiser la Coupe du monde 2026. Il ne s'agit pas d'une de nos vieilles superstitions marocaines qui accorde de grands pouvoirs au chiffre 5 après quatre tentatives décevantes (1994, 1998, 2006 et 2010), mais ce sera grâce à des décisions politiques et stratégiques qui feront balancer le vote en faveur du royaume.

C'est bien David contre Goliath! Le Maroc contre le grand trio Etats-Unis, Canada et Mexique (en gras, police 72). Le royaume avec son "modeste" dossier entre les mains, semble hors compétition avant même le début du match. Malgré ses atouts, sa situation géographique, sa sécurité, son hospitalité, etc., le Maroc, sur papier, est hors-jeu mais il a de sérieuses chances d'envoyer Goliath au tapis.

Je suis d'accord avec vous et avec la majorité des analystes: il faut quand même être réaliste! Justement, je suis à la frontière entre rêve et pragmatisme car vu les éléments exposés ci-dessous, le Maroc dispose réellement de toutes ses chances pour remporter l'organisation de la Coupe du monde 2026 face à cet énorme trio. En analysant le cours des évènements, j'ai décelé trois facteurs clés qui permettront à David de remporter le combat.

Le premier et principal facteur réside dans le fait que le président américain, Donald Trump himself, défend le dossier marocain avec acharnement et ne cesse de prouver son engagement vis-à-vis de la candidature marocaine. Je m'explique. M. Trump, avec sa politique anti-migratoire polémique, ne cesse de s'attirer les foudres de la communauté internationale. Des décrets anti-immigration, un mur avec ses voisins, une Green Card suspendue, des projets de refoulement d'immigrés en masse, des Norvégiens préférés aux immigrants de "pays de merde"... Autant de bourdes et de décisions racistes qui confirment que le pays le plus puissant du monde ne veut plus ouvrir ses frontières à tout le monde.

Ceci a fait réagir tous les pays et organismes internationaux dont bien sûr la FIFA avec ses confédérations et associations, y compris la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF), censée soutenir la candidature du trio. Cette même FIFA, en pleine restructuration interne après les scandales de corruption de 2015 qui ont terni l'image du football mondial, se doit de se refaire une image digne de ses valeurs universelles prônant neutralité, non-discrimination et tolérance.

C'est ainsi que la FIFA a annoncé à plusieurs reprises via son président, Gianni Infantino, que toutes les équipes qui se qualifient pour la Coupe du monde, y compris leurs supporters et dirigeants, doivent avoir libre accès au territoire du pays organisateur, autrement il n'y a pas de Coupe du monde. Un message clair et formel adressé surtout aux États-Unis et repris plusieurs fois par les dirigeants de la FIFA.

Or, depuis cette déclaration, M. Trump s'active encore plus pour multiplier les sorties médiatiques et les décrets anti-migratoires afin de répondre au président de la FIFA: "America First!". En d'autres termes, c'est comme si Trump était en train de tweeter: "Gianni, you're a good guy but your World Cup, I don't give a f**k! Why do all these people from shithole countries want to support their national team in my country!" ("Gianni, tu es bon gars mais ta Coupe du monde, je n'en ai rien à f****e! Pourquoi tous ces gens de pays de merde veulent soutenir leur équipe nationale dans mon pays!").

Deuxième indice, la désignation récente de l'agence Londonienne Vero Communications en tant que principale agence internationale de communication et de stratégie pour la candidature marocaine à la Coupe du monde 2026. C'est une agence réputée pour avoir défendu plusieurs gros dossiers comme les JO de Rio 2016, les JO d'hiver PyeongChang 2018 ainsi que d'importants évènements sportifs. C'est également la même agence qui a accompagné la candidature du Qatar pour le Mondial 2022.

À la tête de cette agence, un certain Mike Lee, ancien membre de la Fédération anglaise de football et ancien directeur de la communication de l'UEFA. Un vrai gourou de la communication, discret mais imbattable en lobbying sportif, il est considéré par ses pairs comme le roi de l'influence sportive. Avec un puissant réseau, un gros carnet d'adresses et une équipe commando composée de journalistes d'investigation, de champions des relations publiques et de stratèges de la communication, il s'est forgé la réputation du vrai winner. Donc, retrouver Mike Lee auprès de la FRMF et du Comité de candidature Maroc 2026 pour défendre le dossier marocain est un signe que la candidature du royaume est entre de bonnes mains car Mike Lee ne met pas les pieds n'importe où.

Du côté de la Fédération royale marocaine de football, et depuis l'arrivée du nouveau président, Fouzi Lekjaa, le football marocain commence à retrouver ses exploits d'antan. Un quart de finale en Coupe d'Afrique des nations en 2017, une qualification à la Coupe du monde 2018 après 20 années d'absence, un WAC champion d'Afrique des clubs, une équipe nationale plus soudée et un Renard engagé et très ambitieux. Des indices qui prouvent la bonne forme du football marocain et une FRMF résolue à rompre avec le passé désastreux du football national.

Le troisième indice: le coach. Vous avez une excellente défense, le président d'un pays concurrent qui défend avec acharnement votre dossier. Vous avez la meilleure attaque, une agence de com' qui ne s'engouffre pas n'importe où sauf si elle a toutes les chances de gagner. Vous avez une FRMF en milieu de terrain prête à mouiller le maillot pour tout un peuple, et il ne vous reste plus qu'un BON coach. C'est ce qui vient de se passer, il y a quelques jours, à travers la nomination de Moulay Hafid Elalamy (MHE) à la tête du Comité de candidature Maroc 2026. Un ministre et homme d'affaires qui, comme Mike Lee, est un gagnant né. Un vrai meneur d'hommes au rythme soutenu qui a le don de fédérer les énergies pour un objectif commun.

Hormis ses talents innés en matière d'attraction des investissements étrangers, c'est un excellent leader capable de grandes réalisations avec des petits moyens (comparés aux moyens Etats-Unis-Canada-Mexique). C'est le genre de coach qui, aux dernières minutes du match, peut pousser son équipe à égaliser et en temps additionnel lui faire marquer le but de la victoire.

Avec cette Dream Team et un coach comme MHE, nous avons toutes les chances de faire basculer le score en notre faveur et faire une remontada spectaculaire avec un beau match digne d'une bonne finale de Coupe du monde sur terre africaine, sur sol marocain.

Allez! Rendez-vous en juin prochain pour le vote final.

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