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Barcelone, terre d'accueil et de paix, ne succombera pas face à l'horreur

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LAS RAMBLAS BARCELONE
SERGIO PEREZ / REUTERS
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ÉDITO - Et donc, treize ans après, la boule noire est tombée sur Barcelone. Sur La Rambla, ce boulevard magique qui passe cherchant la mer, dans lequel des milliers de citoyens, barcelonais et étrangers, se promènent chaque jour. Aux alentours de dix-sept heures, une camionnette blanche fonce sur une centaine de personnes qui cet après-midi-là défiaient les 30 degrés du centre-ville.

Les cadavres étaient éparpillés sur son pavement caractéristique en forme de vagues, sur les morceaux de mosaïque uniques de Joan Miró, l'incertitude et la peur se sont installées pendant des heures dans le centre-ville de Barcelone.

Tandis que j'écris ces lignes, la ville est sous le contrôle des Mossos d'Esquadra et de la police: les fêtes du quartier de Gràcia ont été annulées, et les Barcelonais agissent pour offrir l'hospitalité aux touristes qui en ont besoin aujourd'hui.

Barcelone rejoint Paris, Nice, Bruxelles, Berlin, Londres ou Manchester, comme un champs de bataille contre ce nouveau terrorisme "freestyle" qui parmi la difficulté de trouver et utiliser des explosifs, emploie des camionnettes et des couteaux pour étancher leur soif de sang. Les cibles ne pourraient pas être plus faciles: des femmes, des enfants, des hommes non armés qui se promènent, qui travaillent ou qui voyagent confiants, même s'ils savent que la sécurité totale n'existe pas.

Aucune ville, aucun parc, terrasse ou boulevard n'est inattaquable dans nos villes. Mais il faut reconnaître le travail remarquable fait par l'Espagne pour essayer d'éviter ce cauchemar depuis les attentats de Madrid, la première grande ville occidentale ayant été frappée par la violence djihadiste en 2004. L'attentat islamiste du 11 mars, qui a fait le plus grand nombre de victimes sur le sol européen (193) et qui a pris par surprise les forces de sécurité et les services de renseignement, qui étaient surtout concentrés à combattre le terrorisme de l'ETA.

Depuis, treize ans se sont écoulés, l'Espagne a réussi à éviter de nouveaux attentats, désactiver plusieurs cellules prêtes à tuer, et à arrêter plus de sept-cents suspects, dont deux-cents sont en prison. Ce n'est pas évident: des nouveaux apprentis terroristes peuvent passer de jeunes lambda à tueurs en série très rapidement.

L'année dernière, le Centre national de Inteligencia (service de renseignement et de contre-espionnage espagnol) a recruté 500 nouveaux agents, dont une grande partie enquêtent sur les nouvelles menaces djihadistes, ce qui nécessite des compétences très différentes de celles traditionnellement requises. Les effectifs s'étaient déjà multipliés par trois suite aux attentats de Madrid, mais l'évolution de nouveaux profils terroristes et la prolifération des loups solitaires, qui ne sont pas forcément en contact avec d'autres djihadistes, rendent indispensable une approche plus globale. La collaboration internationale s'est intensifiée tout au long des dernières années, et à partir de là, l'importance de l'Espagne, après des décennies de lutte antiterroriste, reste essentielle.

Rien de cela peut nous consoler à l'heure actuelle, alors que nous attendons de connaître l'identité et la nationalité des victimes de l'attaque à Barcelone. Des jours de colère et de deuil nous attendent, pour cette raison il faut savoir que le courage et la coopération loyale sont les seuls moyens de lutter contre ceux qui veulent nous faire trembler.

Le président Puigdement et la maire Colau ont livré un message essentiel en ce moment: Barcelone, tout comme la Catalogne, est une terre d'accueil, de paix et ne succombera pas face à ceux qui veulent mettre un terme à cette humanité. Espérons que ces mots ne soient pas creux: nous sérions en train de faire une énorme faveur aux terroristes si l'impulsion souverainiste contre l'Etat, et le climat de méfiance envers les institutions, d'un côté, et de l'autre, ainsi que les pulsions contre le tourisme dans la ville, arrivaient à fissurer la force commune dont nous avons tellement besoin dans ces moments de tristesse immense.

#PrayforBarcelona

Ce blog a été traduit par Norberto Paredes.

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