Mohamed Tharwat Abdelhamid

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La Finance islamique en France: des étudiants lancent le débat juridique

Publication: 16/02/2014 16h02

La Finance islamique est une expression qui fait peur. Faute des institutions législatives ou de la façon dont est traité le sujet, voire du manque de profondeur dans la connaissance de la matière, en tout cas, ce n'est pas encore le sujet de discussion préféré des Français. Cette finance dite "éthique" qui commence peu à peu à construire son terrain, s'invite de plus en plus dans les milieux académiques mais peine à trouver sa concrétisation dans les banques.

Un sujet relativement méconnu

La Finance islamique, mêlant religion, finance et droit, ayant vocation à être une finance dite "éthique", est en croissance exponentielle. Née en Egypte au début des années 1970, cette finance s'est considérablement accrue au début des années 2000, de sorte qu'elle génère aujourd'hui pas moins de 1400 milliards de dollars d'investissement. Les prévisions pour 2014 s'élèveraient même à 2000 milliards de dollars, la croissance de ce marché pointant à 15%. Les pays qui adoptent ce type de finance ont d'ailleurs mieux résisté à la crise économique de 2008 que les pays à financement "conventionnel", à l'instar des Émirats Arabes Unis, ou encore de la Malaisie. Si ce type de financement connait un vif engouement, il a du mal à s'installer convenablement en France, du fait d'une carence législative inquiétante et qui risque de mettre, à terme, la place de Paris dans une situation de retardataire.

Les milieux académiques s'intéressent

En 2008, seuls l'Institut Français des Etudes et Sciences Islamiques (IFESI) et l'École de Management de Strasbourg délivraient des diplômes dans ce domaine. C'est alors qu'en novembre 2009, l'Université Paris Dauphine lançait également son Master en Finance Islamique, université où, depuis, plusieurs conférences sont organisées sur le sujet, afin de comprendre le fonctionnement et les avantages supplémentaires possibles par ce type de finance.

Au tour d'Assas?

Une association étudiante établie à la "première université juridique de France", Assas-Paris II, s'est également intéressée au sujet. C'est ainsi que Meydane Panthéon-Assas, une association qui se veut areligieuse, apolitique, et anti-communautaire, créée dans le but d'inviter au débat sur les questions qui touchent le Moyen et le Proche-Orient, lance une conférence en les lieux presque sacrés du Panthéon. Dans son communiqué sur l'événement, l'association s'interroge sur la place de la Finance Islamique en France et sur les différents obstacles juridiques que rencontre ce domaine. La conférence répondra aussi à la question "La Finance Islamique du Proche et du Moyen-Orient à la France: obstacles avérés ou fantasmés ?", avec, notamment, l'intervention de messieurs le professeur Thierry Bonneau - professeur de Droit des marchés financiers à l'Université Paris II - et Monsieur Tarik Bengarai - porte-parole du Chari'a Board CIFIE.

Les organisateurs affirment ouvrir le débat dans une démarche citoyenne au ton solennel, au vu de la situation économique du pays. Ces étudiants invitent donc tous les questionnés, voire intéressés, à l'Amphithéâtre IV de l'Université Panthéon-Assas, le jeudi 27 février, 12 place du Panthéon, 75005 Paris, à partir de 17h30.

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