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Les jeunes Marocains et les partis: Le courant ne passe pas...

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ELECTIONS MOROCCO
Youssef Boudlal / Reuters
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POLITIQUE - C'est un fait indéniable, les jeunes Marocains se désintéressent de la politique. En effet, seulement 33% des 18-24 ans sont inscrits sur les listes électorales. Couplé à la moyenne de l'abstention des dernières élections législatives (~55%), seulement 18% des jeunes sont impliqués politiquement.

Pourtant, derrière ce chiffre peu élevé se cache une génération connectée, informée, et surtout habituée à s'exprimer. C'est aussi paradoxalement une génération sans représentant à l'échelle nationale, puisqu'aucun parti/groupement (ou presque) ne maîtrise encore leur nouveau langage de communication de prédilection: le digital.

Ainsi, depuis plusieurs années, Internet est la première source d'information de la jeunesse, spécialement via le leader des réseaux sociaux (Facebook). Comme on l'a vu ces dernières semaines, la jeunesse délaisse la presse écrite classique, à laquelle elle ne fait plus confiance, remplacée par les réseaux sociaux.

Le "live" Facebook est par ailleurs devenu une des sources primaires d'information, notamment pour son instantanéité et l'espace de débat qu'il confère. Aussi, le Marocain d'aujourd'hui commente les informations et les partage via Facebook ou WhatsApp.

jeunes politique

Le Marocain est aujourd'hui plus informé. Au-delà du "live", les pages d'information Facebook de Hespress et ChoufTV sont suivis par plus de 13 millions de personnes chacune, contre près de 300.000 tirages pour l'ensemble de la presse écrite d'information payante...

Le Marocain est connecté, intéressé et actif

Face à cela, seul le PJD suivi par plus de 1 million de personnes (et dans une moindre mesure le PAM) réussit le défi de la communication digitale. Or, le PJD comptait notamment sur la popularité d'un Benkirane, suivi par plus de 250.000 personnes (aujourd'hui absent du gouvernement) pour ancrer sa présence digitale. Les autres partis historiques du Maroc (notamment l'USFP, le MP ou encore l'Istiqlal et le RNI, pour ne citer qu'eux) comptent moins de 100.000 followers.

Cette absence remet en doute leur viabilité en tant que parti politique sur le long terme, lorsque la jeunesse d'aujourd'hui constituera la majorité du corps électoral. Une jeunesse avec laquelle ces partis n'ont jamais communiqué, puisque absents du champ digital.

Il est vital que la société civile, les associations, les syndicats, ou encore les partis (malgré le déficit de confiance que ces derniers connaissent) puissent communiquer avec la jeunesse marocaine, intégrer ses commentaires, répondre à ses attentes et surtout en être un porte-parole intègre. Et oui, cette communication devra être digitale, voire sur Facebook...

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