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Pour l'avènement de nouveaux médias au Maroc

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MÉDIAS - Nous avons célébré, le 3 mai, la Journée de la liberté de la presse. Entre nous, il n'y a rien à fêter! Le constat est sans appel: la liberté des médias recule partout dans le monde, y compris dans les nations ayant une longue tradition démocratique. Malheureusement le Maroc n'avance pas dans ce domaine. Le mauvais classement du royaume lui coûte cher en image et réputation. Nous devons nous poser une question fondamentale: qu'attendent les Marocains de leurs médias?

Les réponses à cette question sont déterminantes pour l'évolution du champ médiatique. Je ne suis pas le seul à être convaincu que nous avons besoin de nouveaux médias intelligents, smart et inspirants puisant leurs essence et force dans le digital. Force est de constater que dans l'ère des internets, jamais les journalistes n'ont eu autant d'outils pour mieux informer. Bref, pour être libres, autonomes, créer et entreprendre.

Continuer à s'indigner sur la dégradation de la liberté de la presse n'est pas une démarche constructive. Pour faire avancer ce combat démocratique, les professionnels des médias sont plus que jamais appelés à se prendre en main, expérimenter, offrir de nouvelles alternatives et investir d'autres territoires. Dans un pays comme le Maroc, pays en voie de consolidation démocratique, l'investissement dans les nouveaux médias s'avère payant à tous les niveaux à commencer par l'amélioration de l'accès à l'information et la liberté de la presse, des prérequis inscrits par les Nations unies pour assurer un développement durable.

L'évolution de la société marocaine, le changement profond des habitudes de consommation de l'information, la démocratisation de l'accès au numérique, les aspirations du pays sur les plans régional et international... impliquent de nouvelles approches médiatiques. L'investissement dans les nouveaux médias s'avère, à ce titre, comme un choix vital et structurant.

Cinq raisons objectives pour investir dans les nouveaux médias

Première raison: Des citoyens de plus en plus mobiles et connectés. Une cible de 20 millions de Marocains. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Près de 77% des ménages marocains ont accès à internet et 1 Marocain sur 2 dispose d'un smartphone, selon les indicateurs de l'Agence nationale de régulation des télécoms (ANRT), relatifs au 1er trimestre 2016. Principaux usages des internautes, selon la même source, la consultation de sites web et réseaux sociaux, le téléchargement des applications mobiles et la communication via les services VoIP (services bloqués au Maroc depuis février). Une tendance lourde se confirme: hausse de l'équipement internet à domicile et grand intérêt pour l'accès mobile (8 internautes sur 10 accèdent quotidiennement au web via leurs mobiles).

Deuxième raison: Prise de conscience des institutions publiques de l'impact du numérique et des internets. Au sein des pouvoirs législatif et exécutif, tout le monde ou presque est convaincu de la force du digital en tant que canal de transformation du rapport du citoyen avec l'autorité et de communication. Pour l'heure, nos institutions trainent le pas, mais face à l'évolution forte des usages, elles n'ont pas le choix: elles doivent franchir le pas en se donnant les moyens nécessaires d'une véritable stratégie digitale. Dans ce domaine, les nouveaux médias peuvent jouer un rôle déterminant de canal privilégié d'information et de communication. Les nouveaux médias peuvent également accompagner et booster la politique numérique du pays. Un sujet hautement stratégique pour les années à venir.

Troisième raison: Les entreprises misent sur le digital. Grandes entreprises et PME consacrent des budgets au numérique. Selon les projections, les investissements en stratégie de transition digitale et de communication numérique sont appelés à augmenter dans les années à venir. Pour des raisons objectives, Facebook et Google s'accaparent la part du lion des investissements de com' digitale, parce que tout simplement l'offre marocaine en termes de contenu sur le digital ne fait pas le poids. Les nouveaux médias représentent une alternative sérieuse pour les entreprises dont le digital est une composante essentielle de la communication.

Quatrième raison: Booster le contenu marocain. Toujours selon les chiffres de l'ANRT, près de 80% des internautes consultent des sites étrangers. Il y a lieu d'inverser cette tendance lourde. Il est dangereux pour un pays de continuer à occuper une position passive de consommateur de contenu. L'objectif d'atteindre, à moyen terme, un équilibre en matière de consommation du contenu international et local est réaliste. Comment? Favoriser le développement d'une industrie de contenu local, dont les nouveaux médias sont un acteur clé.

Cinquième raison: Une génération de professionnels des médias et du digital passionnés. Professionnels des médias et du digital ont intérêt à travailler ensemble pour expérimenter de nouveaux modèles de médias. La passion est là, le savoir-faire aussi. Il faut oser l'innovation! Une telle démarche ne peut se faire que dans le cadre d'un groupement afin de mutualiser les moyens. En travaillant sur des projets réalistes et structurants, les professionnels des médias et du digital démontreront que les nouveaux médias sont des acteurs-clés au service de la liberté d'information de la transformation et de l'inspiration des générations futures.

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