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Le salut de la Tunisie est dans le développement du savoir et de l'intelligence

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Il y a quelques semaines, avant l'adoption de la Constitution et lors du vote de l'article 38, je me posais la question sur la place que la Tunisie souhaite donner à l'enseignement des technologies et des sciences, ainsi qu'à l'investissement dans l'innovation et la recherche scientifique.

En effet, la Tunisie - malgré beaucoup d'atouts (jeunesse, bonne instruction, dynamisme, position géostratégique) - n'est classée que 43ème parmi 116 pays dans l'index mondial de l'économie du savoir IKE 2010. Une position assez moyenne même si la Tunisie était en 2010 mieux classée que tous les pays arabes, sauf Oman, Bahreïn, Qatar et Émirats arabes unis. Talonnée par la Jordanie 44e et l'Arabie Saoudite 47e, cette modeste et fragile performance s'explique par les énormes faiblesses dans les domaines suivants (classement mondial en 2010):

  • En termes fondamentaux: le coût des services de télécoms, le nombre de procédures et le temps pour appliquer un contrat, la liberté économique
  • En termes d'efficacité: l'ICT readiness, pour laquelle le score est très faible dû à l'absence d'emplois dans les secteurs basés essentiellement sur le savoir et l'intelligence.
  • En termes d'efficience: l'efficience sur le marché du travail , l'utilisation des technologies de l'information et de la communication, l'équité homme-femme.
  • En termes d'innovation: la sophistication du marché financier, l'environnement des affaires, le recherche et développement, l'innovation de manière générale.

L'objectif premier, à travers ce rapide macro-diagnostic, est de sensibiliser les décideurs sur le retard accumulé par la Tunisie sur des plans vitaux et sensibles, et qui pèse lourdement sur son développement durable, sa prospérité, sa sécurité, sa stabilité et donc sa souveraineté dans un monde de plus en plus globalisé.

Les tendances actuelles constatées ici et là, tout en étant importantes à observer, ne constituent pas un destin universel pour tous les pays. Par conséquent, il n'est pas question de ressembler à un autre pays, quelque soit ce pays, ni de copier une politique existante, même une bonne politique, car il n'y a pas de destinée unique pour tous les pays. Il s'agit plutôt d'inciter à construire une stratégie unifiée et convergente qui prenne en compte les forces et les faiblesses du pays et cherche à exploiter les effets synergiques combinatoires d'un grand nombre de secteurs qui coopèrent ensemble pour une croissance durable et la formation d'une prospérité équitable et à forte valeur ajoutée. Il s'agit de réaliser ainsi le bien-être pour tous ses citoyens.

Bien que loin d'être une destination universelle, la Corée du Sud représente l'apogée de l'approche holistique et globale, elle est l'objectif ultime à imiter - mais à ne pas copier - et à dépasser.

Malheureusement, depuis 2010, la position de la Tunisie a stagné voire empiré dans certains secteurs et domaines.

J'estime que le pays est capable de remédier assez rapidement à ces insuffisances et de relever le défi de la globalisation de l'économie numérique en particulier et de l'économie du savoir en général, si et seulement si une stratégie globale et une planification convergente sont mise en œuvre - le plus tôt possible - pour réformer l'ensemble des politiques dans (au moins) les domaines indiqués ci-dessus et améliorer les performances dans les autres secteurs.

Une première étape sur le bon chemin serait de formaliser les fondations d'un modèle de développement à la fois réaliste et ambitieux pour les 20 prochaines années, et de dessiner une stratégie unifiée et un plan d'action convergent.

Une piste opérationnelle pour réfléchir et concevoir ce fameux modèle tunisien est de fonder l'Institut National de l'Économie du Savoir INES. Il ne faut pas que ce soit un énième organe sans mission ni vision. Il doit donc intégrer - fusionner avec - toutes les agences existantes et censées travailler sur ces sujets. Il faut aussi dissoudre l'ITES, organe de propagande et de création d'emplois fictifs sous la présidence de la république, dont le rôle est de dilapider les deniers publiques pour un intérêt partisan.

Le salut de la Tunisie est dans le développement du savoir et de l'intelligence. Pour réussir, il faut impérativement de la volonté, une vision ambitieuse et des objectifs réalistes et atteignables, la participation et la persévérance de la majorité des citoyens.

Sans plus attendre, en avant toute!

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