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Le foot diplomatique

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WYDAD WASHINGTON
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(Photo: Hassan Samrhouni, premier à gauche)

SPORT - Le sport mène à tout, sans même en sortir. Dans une société américaine accueillante et inclusive, le Washington Athletic Club, qui fête cette année son vingt-huitième anniversaire, est assurément digne de faire des émules.

Né d'un fort sentiment nostalgique en 1988, le Wydad de Washington aurait pu en rester à perpétuer, chez l'Oncle Sam, la gloire passée du club casablancais de même sigle, pépinière des grosses pointures ayant fait le bonheur du football national.

Mais sous la houlette d'un patriote inconditionnel, et infatigable, parmi ceux qui ont porté au zénith le "WAC de Casa" entre 1969 et 1979, le "WAC de Washington" va également, très vite, connaître un essor extra-sportif, grâce justement aux compétences pluridisciplinaires de cet homme... mais aussi de ceux qui président aux destinées de ce club.

Ambassadeur de bonne volonté

C'est ainsi que Hassan Samrhouni, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a su mettre ledit club au service du renforcement des relations maroco-américaines et, à travers elles, à celui des causes nobles et justes de son pays d'origine. Ce qui lui a d'ailleurs valu d'être sacré ambassadeur de bonne volonté.

En guise d'entrée en la matière, le Club des Marocains de Washington, comme on aime à le surnommer ici, s'affirme en effet d'abord comme une équipe de foot recrutant surtout dans les milieux estudiantins et ceux issus de l'immigration. Il donnera la pleine mesure de son efficacité en ce domaine en se sacrant champion de première division de la Ligue internationale de football de Washington, à quatre reprises, entre 1995 et 2000. Le WAC de Casa peut dormir tranquille, la relève est désormais assurée... outre-Atlantique.

Mais, élargissement de la base de ce club, clairvoyance de ses dirigeants et leur sens du devoir civique aidant, ledit club est bel et bien maintenant prêt à s'envoler vers d'autres horizons. Notamment culturel, économique, social et diplomatique. Sans pour autant perdre de vue cette balle ronde de la concorde grâce à laquelle il a vu le jour. Et sa réputation extra-footballistique et multidimensionnelle entamera son décollage dès 1992 avec le premier Festival marocain des Etats-Unis. Une semaine de vitrine culturelle du Maroc dans la capitale américaine, dont le souvenir restera gravé à jamais dans la mémoire collective de la communauté marocaine et des amis du Maroc.

Au delà de la solidarité communautaire

Cet envol pluridisciplinaire atteindra sa vitesse de croisière avec les festivités marquant le 20ème anniversaire dudit club au mois de mars 2010. Des questions d'une actualité brûlante et d'ordre primordial pour le Maroc y ont été débattues avec brio. Du renouveau amazigh à la sacro-sainte intégrité territoriale, en passant par les problématiques d'accueil et d'aide aux étudiants arrivant chez l'Oncle Sam, tout y était passé.

La nature de la mission d'un tel club ayant horreur du vide, ses dirigeants et ses membres auront toujours, entre deux escales, amour de la mère patrie oblige, quelque chose de socio-culturo-diplomatique à se mettre sous la dent. Ainsi en est-il, à titre d'exemple de la question nationale de tous les Marocains, celle de l'intégrité territoriale.

On citera entre autres dans ce registre la manifestation réussie en 2005 devant l'ambassade d'Algérie à Washington pour dénoncer l'attitude provocatrice des autorités algériennes concernant la marocanité du Sahara. Ou encore les efforts récents de sensibilisation de l'opinion américaine au non respect des droits humains dans les camps de la honte de Tindouf. Sans oublier le soutien actif de l'offensive diplomatique menée par Ismaili Moulay Salma Ould Sidi Mouloud lors de sa campagne américaine en vue de la libération de son fils Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud et d'autres militants emblématiques détenus par le Polisario.

Mais les actions du club dans ce domaine ne s'arrêtent pas là. Un périple d'envergure était en effet également programmé. Articulé autour de la promotion de l'image du Maroc en général, dans tous les domaines du développement, et de l'autonomie élargie comme unique et incontournable solution au problème du Sahara marocain, ce projet s'intitulait "Le Maroc en route de Washington, USA, à Laâyoune, Maroc". Et j'en passe... et des non moins patriotiques.

Fort de toutes ces performances, le Club des Marocains de Washington, WMC pour les intimes, ne dort jamais pour autant sur ses lauriers quand il s'agit de la solidarité communautaire, de l'image du Maroc, de la question identitaire nationale ou de l'intégrité territoriale. A bon entendeur, salut... en toute sportivité. Joyeux anniversaire, WAC de Washington!

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