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La Banque africaine de développement, une défaite au goût amer

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Le jeudi 28 mai 2015 a vu la consécration de Akinwumi A. Adesina (NGR) et l'élimination de Jalloul Ayed (TUN) dans la fameuse course pour la présidence de la Banque africaine de développement (la BAD); l'institution financière africaine la plus importante et la cinquième plus puissante banque multilatérales de développement au monde. Cette élimination vient résumer le manque d'efforts de lobbying et la vraie place qu'occupe la Tunisie chez des décideurs africains.

Éliminé dès le quatrième tour malgré son profil adéquat, Jalloul Ayed n'a rien pu faire face au poids conséquent du Nigeria (qui représente 9% des voix), au soutien massif des non continentaux dont a bénéficié la Cap-verdienne Cristina Duarte et face au lobbying dont a joui le tchadien Bédoumra Kordjé.

Avec 10,96% des voix, Jalloul Ayed pouvait mieux faire et aurait pu accéder au tour suivant s'il avait eu le soutien de l'un des pays "frère" comme l'Algérie, qui compte 4,22% des voix ou encore la Libye, avec ces 4,026% des voix et qui a parrainé sa candidature au départ. Au final, notre banquier symphoniste a fini par être classé cinquième, devançant ainsi les candidats de Sierra Leone, de l'Éthiopie, du Mali et derrière le Zimbabwéen, la Cap-verdienne, le Tchadien et le Nigérian.

La non-élection de Jalloul Ayed en tant que président de la BAD vient s'ajouter à une série d'échecs qu'a connus la diplomatie tunisienne post révolutionnaire. En effet, à part la nomination de Mongi Hamdi comme secrétaire général adjoint, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon au Mali et chef de la MINUSMA, la Tunisie n'a pas cessé de cumuler les désappointements, d'essuyer les défaites et de subir les ratages de plusieurs postes influents qui étaient, dans un passé proche des postes quasiment assurée à des Tunisiens depuis plusieurs années:

  • L'envoyé spécial des Nations Unies et de la Ligue arabe pour la Syrie.
  • La direction générale de la BADEA (la Banque arabe de développement en Afrique).
  • La secrétariat générale de l'UIT (l'Union internationale des télécommunications).
  • La direction générale de l'ALESCO (l'organisation arabe pour l'éducation, la culture et la science).
  • La direction générale de l'ASBU (l'Union des Radio et Télévisions arabes).

Comment peut-on prétendre à la présidence de la BAD avec un ministre, gouverneur qui n'a rejoint Abidjan que la veille des élections?

Comment peut-on prétendre à la présidence de la BAD avec l'absence de hauts fonctionnaires dans la cérémonie d'ouverture de la 50ème assemblée de la BAD?

Comment peut-on prétendre à la présidence de la BAD avec des députés qui ont décidé de créer lundi 25 mai (3 jours avant les élections) une commission parlementaire pour soutenir la candidature de Jalloul Ayed?

Comment peut-on prétendre à la présidence de la BAD avec un ministère des affaires étrangères sans comité de suivi des candidatures pour les postes influents?

Que de questions qui restent sans réponse et qui résument en partie nos récentes débâcles.

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