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Selon Paris, l'affaire des crânes de résistants algériens se traite "dans la confiance"

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L'Algérie doit faire une demande officielle de restitution des crânes de résistants algériens tombés au début de la conquête coloniale française. C'est ce qu'a indiqué vendredi 30 septembre le ministère des Affaires étrangères lors du point de presse hebdomadaire du Quai d'Orsay. Son porte-parole Romain Nadal, tout en soulignant le dialogue étroit avec les autorités algériennes sur toutes les questions de mémoire, a affirmé que la coopération se poursuit "dans un climat de confiance".

Le ministère français des Affaires étrangères répondait à une question posée par un journaliste de l'agence Anadolu sur les intentions de la France de restituer ces crânes à l'Algérie. Son porte-parole a répondu que les autorités algériennes n'ont toujours pas effectué une demande officielle pour enclencher les démarches législatives de restitutions de ces 36 restes mortuaires conservés au musée de l'Homme à Paris, selon la loi du 18 mai 2010.

Cette loi "visant à autoriser la restitution par la France des têtes maories à la Nouvelle-Zélande et relative à la gestion des collections" établit la procédure de la restitution des biens à l'étranger, suite à leur déclassement du patrimoine français. La commission scientifique française des collections et le Musée de l'Homme à Paris devront intervenir dans ce processus auprès du Parlement.

"Nous menons un dialogue étroit avec les autorités algériennes sur toutes les questions de mémoire et |cette question] s'inscrit dans ce dialogue", a déclaré Romain Nadal.

Le Quai d'Orsay a expliqué lors de ce même point de presse que la loi du 18 mai 2010 sur la restitution prévoit une demande officielle de la part des autorités algériennes. Cette démarche est même préalable à tout travail scientifique d'identification, censé justement être effectué sur la base de la demande officielle.

Le ministère français des Affaires étrangères a rajouté que la coopération algéro-française au sujet de ces crânes est opérée dans ce cadre-là et "dans un climat de confiance".

"Une digne sépulture "

Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine, affirmait en juin que l'affaire de restitution de ces crânes était "prise en charge par l'Etat". Il a précisé, dans une déclaration à l'agence de presse officielle (APS) que ses services oeuvraient en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères pour "prise en charge optimale de cette question dont l'histoire remonte à plus d'un siècle".

Quelques semaines auparavant, le Musée de l'Homme de Paris se disait "prêt" à examiner "favorablement" la demande de restitution des 36 crânes de chouhada.

"Nous sommes prêts à examiner favorablement la demande de restitution des crânes des Algériens, conservés dans notre musée", a affirmé le directeur des collections au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) de Paris, Michel Guiraud.

Il a affirmé que la restitution ne buterait sur "aucun obstacle" juridique, faisant toutefois remarquer le long chemin à prendre" sur le plan procédural pour que la demande soit prise en considération (...) il suffit que la partie algérienne en formule la demande", avait-il déjà indiqué.

Une pétition a été lancée en ligne pour la restitution de ces restes, dont l'objectif est de les rapatrier en Algérie pour "y recevoir une digne sépulture". Lancée en 2011 par l'historien Ali Farid Belkadi, cette pétition était restée sans suite avant de collecter, à la mi-juin 2016, environ 1.600 signatures.

Ces restes mortuaires, des crânes secs pour la plupart, appartiennent, entre autres, rappelle-t-on, à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Cherif "Boubaghla", Cheikh Bouziane, chef de la révolte des Zaâtchas (région de Biskra en 1849), Moussa El-Derkaoui et Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui.

La tête momifiée d'Aïssa El-Hamadi, qui fut le lieutenant de Cherif Boubaghla, figure parmi ces restes mortuaires, de même que le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben-Allel Ben Embarek, lieutenant de l'Emir Abdelkader.

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