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Mouled, Noël et Hannoucah: Ce que la Tunisie pourrait faire

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J'ai un rêve et j'ai rêvé que vous pourriez le partagez. J'ai rêvé que nous pourrions tous et toutes le partager. J'ai rêvé que vous aimeriez, j'ai rêvé que vous viendriez et j'ai rêvé que vous feriez de ce moment éventuel de grâce, la grâce par excellence. Qu'il y aurait alors une grande foule. Qu'il y aurait à un moment donné, en ce moment solennel, qu'il y aurait en ces temps de fortes tensions, de fortes craintes, de tourments ultimes... la réunion, l'union, l'envie de partager.

Naïveté ou générosité?

Est-il encore possible de croire en la fraternité? Pourrions-nous imaginer d'assister à une cérémonie d'allumage des bougies de la fête juive de Hannoucah et/ou d'assister à la fête de Noël, tout en célébrant celle du Mouled, ne fut-ce que symboliquement? Serait-il possible d'imaginer que nous pourrions embrasser ou étreindre les fidèles de chaque religion et leur souhaiter simplement une belle fête? Cela se tiendrait quelque part. Peut-être dans des ambassades tunisiennes ou des Lieux officiels, en Tunisie.

Il y aurait des gens et pas seulement du beau monde, comme l'on dit. Ils représenteraient les trois religions du Livre et nos grandes traditions et religions monothéistes.

Nous serions en décembre, forcément. A l'occasion du/ou après le Mouled, la fête annuelle religieuse musulmane qui célèbre la naissance du prophète Mohamed ; à l'occasion de la fête juive annuelle de Hannoucah, commémorant la réinauguration de l'autel des offrandes dans le second Temple de Jérusalem, lors de son retour au culte judaïque ; à l'occasion de la fête de Noël qui célèbre chaque année la Nativité, c'est-à-dire la naissance de Jésus de Nazareth; nous trouverions, nous rencontrerions les/des hommes de bonne volonté et ils se souhaiteraient simplement une belle et joyeuse fête.

Si vous aimez, pourquoi ne pas partager le pain? Le sourire? Tendre la main? Le baiser? Faire don de soi, d'infinies parcelles d'amour, de compassion et de bienveillance?

Si vous aimez, pourquoi ne pas partager tout ce bonheur et pourquoi attendre, et attendre quoi au fond? Que vous ne mourriez et qu'il soit définitivement tard, trop tard?

Pourquoi refuseriez-vous, refuserions-nous de ne pas aimer votre/notre prochain, comme vous aimeriez, nous aimerions celle ou celui que vous aimez si intensément, si personnellement? Votre semblable, votre frère en humanité? L'autre versant? Votre autre. Vous, car frère en Humanité, quelque puisse être par ailleurs sa/votre/notre religion?

Vous laissez alors la rancœur, vous laissez alors la peur, vous laissez ce que vous ne comprenez pas/plus et n'aimez pas, ne ressentez pas, ni ne prenez, ce que vous ne pouvez plus estimer, pour sentir ce souffle puissant, ce seul souffle qui étreint votre être au plus puissant du monde, du ciel et des cieux, du fini et de l'infini, en une mélodie qui transcende tout, tout l'univers.

Je sentirai alors vos larmes, elles couleront sur vos joues, de bonheur. Je verrai et boirai votre sourire, je dessinerai votre souffle puissant, j'imaginerai votre perfection et m'émerveillerai de vous voir si perfectible en votre humaine condition.

Lorsque les religions ne divisent plus, mais réunissent les hommes de bonne volonté. Lorsque plutôt que de s'entretuer, elles forment une chaîne.

Dans ce schéma, pourquoi la Tunisie aimée et amie ne pourrait-elle pas donner l'exemple? Je me souviens d'une cérémonie qui avait été donnée en l'ambassade de Tunisie à Paris, l'année dernière. Elle m'avait fortement impressionnée. J'avais écrit sur le sujet.

La Tunisie n'est-elle pas un pays de tolérance ?

La Tunisie n'est-elle pas un pays d'ouverture ? Qui, en son sol, de son sol et en son seing a pu abriter par le passé tant de populations différentes (maltais, italiens, français, chrétiens, musulmans, juifs...)

Il faudrait bien qu'il y ait un quelque part. Il faudrait bien qu'il y ait un Lieu/ des Lieux pour officialiser ces rencontres. Il faudrait bien qu'il y ait des invités, il faudrait bien qu'il y ait des gens, il faudrait bien qu'il y ait des autorités religieuses, il faudrait bien que les autorités veuillent de ce moment et que d'autres autorités les reçoivent, solennellement, sur le modèle de l'ambassade de Tunisie, à Paris.

Et si la Tunisie amie osait prendre l'initiative ? Il n'est pas tard, il n'est pas trop tard pour qu'en plusieurs ambassades de Tunisie dans le Monde puisse se tenir ces festivités. On pourrait imaginer que cela se tienne dans des ambassades ou dans d'autres Lieux officiels.

La Tunisie serait alors un phare.

Mon frère en humanité, il me plait aujourd'hui de dire que je suis ton frère en humanité. Mon cher frère en humanité, s'il ne reste que la plume, j'inviterai la Tunisie à être ce phare des nations.

Et en TES palais pourraient se tenir ces festivités que nous appellerions, "Mouled, Noël, Hannoucah, à l'heure de la concorde et de l'hospitalité tunisienne..."

J'ai fait un rêve, ne me réveillez pas...

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