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La chronique du taxi (1)

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"Il est sept heures du matin, faut se réveiller..."

C'est généralement à ce moment que le périple à la recherche d'un chauffeur de taxi commence, un vrai parcours du combattant.

Parce que j'aurais beau demander à ma mère de me prêter sa voiture le temps d'une journée. Sans sa quatre roues elle se sent dépossédée de son humanité, et se transforme en un véritable Harpagon - non pas d'avarice - mais de flemmardise.

"Au voleur! Au voleur! A l'assassin! Au meurtrier! Justice, juste ciel! Je suis perdu, je suis assassiné on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé 'ma voiture!'"

Je suis dans l'hyperbole, mais c'est presque ça.

La recherche de nos voitures jaunes préférées n'est pas chose aisée. Il faut de l'expérience: ne pas être en retrait, ne pas hésiter à passer vingt minutes en chantant "Sous le soleil exactement" d'Anna Karina, feindre l'indifférence devant un taxi qui n'a pas de plaque, et croiser les doigts pour que vous soyez sur le chemin du chauffeur.

De toutes les façons, une fois que vous êtes monté dans un taxi, apprêtez-vous à vivre une expérience u-ni-que.

Serrez vos fesses, serrez très fort.

Les chauffeurs de taxi se sont passés le mot, il faut que vous viviez les dix, vingt, trente minutes, les plus pénibles de votre vie.

Si vous êtes athée, c'est généralement le moment où vous implorez Dieu de vous pardonner d'avoir fait croire à votre maman que si vous aviez raté vos partiels, c'est parce que les profs étaient incompétents (alors qu'en réalité, vous avez passé vos journées à vous initier aux origamis).

Si vous êtes croyant, c'est le moment ou jamais pour ne plus croire en personne, parce que si Dieu existe, les chauffeurs de taxi n'auraient pas été créés.

D'ailleurs si vous confiez au monsieur derrière le volant que s'il ne ralentit pas illico-presto, un nauséabond tableau impressionniste sortira de votre bouche (arrêtez de croire que les femmes vomissent des arcs-en-ciel), c'est sa virilité qui est remise en cause.

"Ma soeur, ça fait dix ans que je suis dans le métier".

Ce même monsieur qui a failli faucher quatre piétons qui traversaient le passage piéton et qui a brûlé dix-neuf feux rouges. Ce monsieur que vous ne connaissez pas, que vous n'avez jamais vu, que vous ne verrez probablement plus jamais, mais qui prend un malin plaisir à jouer avec votre tension artérielle.

Il faudrait peut-être que j'investisse dans un vélo...

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