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Prix littéraires: prémices d'une belle percée marocaine

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MOURIR EST UN ENCHANTEMENT
Actes Sud
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Détail de la couverture du roman "Mourir est un enchantement", de Yasmine Chami, aux éditions Actes Sud

LIVRE - Passée la vague des Nobels (survenue dans un contexte marqué par la tuerie de Las Vegas, l'attaque au couteau à Marseille, etc.) et qui a vu les Américains rafler de nombreux prix, nous allons vivre dans les prochaines semaines en France la fièvre des prix littéraires. Comme d'habitude, il y aura de bonnes et de mauvaises surprises; beaucoup de tapage médiatique, la mécanique marketing étant bien formatée et bien huilée.

Le 6 novembre marquera le point d'orgue de cette agitation avec la remise du prix Goncourt et du prix Renaudot du roman, précédés par le prix de l'Académie Française décerné le 26 octobre et suivis par le prix Décembre le 7 novembre, celui du Fémina et l'Interralié le 8 novembre, et le prix Médicis le 9 novembre.

Avant ce feu d'artifice, des prix non moins prestigieux ont été d'ores et déjà décernés, tels le Prix Franz Kafka 2017 décerné à Margaret Atwood, le prix Roger Nimier 2017 octroyé à Pierre Adrian. Le prix de la Langue française est pour sa part revenu à Jean-Luc Coatalem.

L'année dernière, les Marocains avaient vibré pour le Goncourt, décroché haut la main par Leila Slimani pour "Chanson douce", paru chez Gallimard. C'était la deuxième fois qu'un écrivain marocain était distingué par ce prestigieux prix. Une nouveauté dans les annales de la littérature marocaine d'expression française, peu visible d'ailleurs dans le catalogue des éditeurs français. Ce qui n'est pas le cas des lettres marocaines d'expression arabe, qui percent magistralement auprès des grands éditeurs du Moyen-Orient et qui raflent de grands prix à l'exemple du romancier et essayiste Mohamed Berrada, qui vient de recevoir le prix Katara du roman, ou de l'essayiste Mostapha Nahal distingué dans le domaine de la critique littéraire par le même prix.

Leila Slimani a donc et d'une certaine manière ouvert la voie, puisque Yasmine Chami vient de recevoir pour son roman "Mourir est un enchantement", paru chez Actes Sud, le prix du jury de la 5e édition du Prix de la littérature arabe 2017, décerné par l'Institut du monde arabe et la Fondation Jean-Luc Lagardère. Une récompense méritée pour cette historienne, diplômée d'anthropologie à La Sorbonne qui a réalisé au Maroc une série de reportages télé consacrée à la place et au rôle des femmes dans la société marocaine.

Pour sa part Mahi Binebine figure pour son roman Le fou du roi, dans l'avant-dernière liste du prix Renaudot. Son roman a déjà été plébiscité par la critique ainsi que par les lecteurs et les libraires. S'il décroche le Renaudot, ce que nous lui souhaitons ardemment, ce sera non seulement une consécration d'un grand écrivain, mais également une reconnaissance de toute une littérature du Sud, et un acte d'altérité de la part du Jury.

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