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Catherine Graciet, Eric Laurent: le salaire du chantage

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ERIC ET CAHTHERINE
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JUSTICE - Le feuilleton judiciaire dit du chantage contre le roi du Maroc trouvera-t-il son issue ce 10 novembre? Après deux longues années avec pas mal de surprises et de rebondissements qui ont jalonné cette affaire, il est temps que la justice tranche dans cet imbroglio judiciaire.

Le scandale remonte à l'été 2015, plus précisément au 27 août, lorsque Eric Laurent et Catherine Graciet, plumitifs de peu de scrupules, ont été appréhendés et mis en examen par les juges Isabelle Rich-­Flament et Cyril Paquaux pour tentative d'extorsion de fonds et chantage à l'égard de Mohammed VI, le roi du Maroc.

Tous deux sont soupçonnés d'avoir réclamé, avec insistance, 3 millions d'euros pour renoncer à publier un livre à charge contre ce dernier. Le 26 janvier 2016, les avocats des deux journalistes attaquent devant la chambre de l'Instruction de la Cour d'appel de Paris, une partie de la procédure, notamment celle relative aux enregistrements effectués par Me Hicham Naciri le 21 août 2015, lorsque, ce dernier, émissaire du roi, rencontre en un premier temps Eric Laurent puis les deux journalistes par la suite le 27 août.

Les avocats de la défense ont estimé que ces enregistrements étaient illégaux et demandé leur annulation. Selon la Cour, cet agissement "porte atteinte aux principes du procès équitable et de la loyauté". La Cour renvoya l'affaire devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Reims, pour être à nouveau jugée. Cette dernière finit par valider les enregistrements.

Les avocats des journalistes se sont pourvus en cassation. Le verdict est donc attendu ce 10 novembre. Quel qu'en soit le résultat, le Maroc sort gagnant de cette bataille juridico-médiatique. Le procès a démasqué deux journaleux aux méthodes mafieuses qui ont bassement bafoué l'éthique journalistique.

Le "coup d'éclat" qu'ils avaient commis en signant l'essai "le roi prédateur" en 2012, ayant fait pschitt, ils se sont mis dans la tête de faire chanter le roi et de ramasser un paquet de fric en agitant la menace de publier un brûlot sur le souverain.

Mobiliser l'enquête et l'information à des fins de chantage et d'extorsion de fonds, est une pratique immorale et suicidaire. Aujourd'hui, ils en paient le prix fort, puisque dans le milieu des médias et de l'édition, ils ont été mis à nus et sont donc complètement "cramés".

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