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La société tunisienne entre matérialisme et spiritualisme

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Aujourd'hui le matérialisme devient un aspect caractéristique de la société moderne et cette relation étroitement liée risque, en s'opposant à la doctrine de spiritualisme, de mettre en péril des notions capitales et des valeurs morales non matérielles, les valeurs de gratuité, d'amour, d'indulgence, de compréhension, de philanthropie et de charité...et la liste est encore longue!

Ce qui est visé c'est d'arriver un jour à trouver un point d'équilibre entre matérialisme et spiritualisme!

Et parmi les allures de ce fameux dilemme, on s'intéressera à un décryptage, qui peut vous paraître chétif au premier abord, mais essayons de ne pas voir superficiellement!

C'est la notion "de largesse d'esprit" qui semble être faussée pour la société tunisienne:

Elle est d'abord fondée sur un jugement d'apparence et non de valeurs, une sorte de sélection inconsciente installé sur un "a priori", qui est souvent truqué, et comme l'image de soi et de l'autre acquiert communément une place privilégiée sur notre opinion personnelle par rapport à la morale et aux valeurs, l'image restera truqué jusqu'au moment où elle a tordu les notions .

En effet, le terme et la qualification en elle-même sont couramment utilisés, beaucoup d'entre vous ont déjà fait face à une situation pareille .

Madame, monsieur si un jour on vous complimente sur votre attitude ouverte et on vous attribue l'honorable qualité "d'esprit large", haletez, ne dites pas merci, ne le prenez pas pour un compliment, souriez et passez.

La coutume dit qu'on entend dire par un "esprit large", celui ou celle qui est moins borné que d'autres, par des contraintes et obligations d'ordre religieuses, sociales et morales et surtout en rapport avec le mode de vie et le style vestimentaire.

C'est-à-dire si une femme s'habille court, se maquille comme elle le veut, fume, boit, se montre bonne vivante, moins soumises que d'autres et de même pour un homme, surtout ceux qui le permettent, ils seront tous qualifiés ainsi.

Mais ce que dit la coutume n'avoue pas la logique. Songeons un peu à la problématique, nous verrons qu'on est parti dans un mauvais sens, en réalité être de bon esprit, c'est être coopératif, bienveillant , aimant et par-dessus-tout, c'est être muni d'une tolérance sempiternelle autour des libertés individuelles, c'est ce que la doctrine du libéralisme défend, c'est la tolérance à l'égard des idées, des croyances mais également à l'égard des modes de vie et des styles vestimentaires, que l'éthique libérale commande .

C'est se permettre à être libre et réciproquement permettre à autrui d'en faire autant dans la mesure où il se tiendra responsable vis-à-vis ses choix et ses alternatives, parce que liberté et responsabilité demeurent indissociables.

En résumé, le questionnement ne revient pas à seulement un terme incompris et pas reconnu comme il devait l'être mais à une attitude décevante qui consiste à accorder aux apparences une importance imméritée, et tirer automatiquement de celles-là un jugement subjectif bien plus irréfléchi que raisonné. En résumant on juge la personne à son comportement et à son physique, donc au matériel, plutôt qu'à ses valeurs intériorisées, donc au spirituel.

Il faut admettre qu'introduire ces notions, les placer correctement et trouver l'équilibre entre deux courants déjà opposés, qui ne sont autres que "le matérialisme" et "le spiritualisme" au sein d'une société, dont le paysage politique est déjà une mosaïque, reste une affaire d'éducation...

Soyons optimistes.

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