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Pourvu que le Brexit ne se retourne pas contre nous

Publication: Mis à jour:
TUNISIA
ASSOCIATED PRESS
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Le Brexit ou le "British exit" a fait la une de l'actualité dans le monde.

Des gens sont "pour". D'autres "contre". Des uns pour se féliciter, d'autres pour s'alarmer.

Je ne comprends pas beaucoup au monde de la politique mais les urnes ont tranché.

Oui, les anglais ont décidé de quitter l'Union Européenne.

De ma Tunisie lointaine, j'aimerais que le Brexit ne se retourne pas contre nous, qu'il n'ait pas de retombées néfastes sur notre pays.

Chaque fois que cela bouge quelque part, l'étau se resserre sur nous et nous sommes souvent les tiers-mondistes piégés du choix politique de telle ou telle puissance.

Nous dépendons malheureusement depuis toujours mais encore plus maintenant de l'humeur gagnante des "deals" politiciens. Notre économie en dépend. Notre sécurité également.

Or, nous bavons suffisamment des distorsions des nôtres. Nous nous enfonçons chaque jour un peu plus dans les failles de nos systèmes. Nous payons déjà assez chèrement depuis 2011, notre libération et notre engagement citoyen pour une Tunisie meilleure, libre et libérée.

Nous luttons en permanence pour ne pas sombrer dans le scepticisme d'un pays qu'on veut par tous les moyens agenouiller, dépérir par une crise économique grave doublée d'une menace terroriste constante.

Ne pas céder. Lutter. Sortir. Affronter. Tenir bon. Travailler. Se souder "citoyennement" à travers toutes les actions possibles.

Cinq ans après la fuite de Ben Ali, certains œuvrent pour le faire revenir plus par nostalgie que par conviction. Les charognards ont tellement mordu dans la chair qu'ils ont fini par faire saigner presque tout le pays.

Nombreux accrochent tant bien que mal leurs rêves et le salut de la nation à l'étendard d'une justice transitionnelle, une des garanties pour faire revenir le pays à la paix et l'apaisement.

Des vaillants également, en particulier des vaillantes, s'empressent de damer le pion en contrecarrant un fondamentalisme obtus par la culture, l'art et un enseignement voyant et éclairé.

Ils/elles luttent en non-stop pour que la démocratie l'emporte. Elles se meuvent merveilleusement pour semer la vie.

D'autres s'ingénient à faire marche arrière dans le temps en bousculant les acquis, limitant le savoir et cultivant l'ignorance et la honte, la culpabilité et la peur. Ils sèment la mort.

Des enfants se retournent contre leurs propres parents. Des modèles identitaires à ne plus suivre pour embrasser une nouvelle religion. Celle de la violence où les ablutions se font dans le sang.

Le pays a perdu au change le plus beau de son apanage. Déplumé, dégarni, saigné à sang, il ne pourra plus supporter la moindre nouvelle instrumentalisation.

Brexit ou pas, qu'il préserve la Tunisie de la moindre de ses dérives!

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