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Au pays des ripoux où il ne nous plait plus de vivre

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DESESPERATE TUNISIAN
ASSOCIATED PRESS
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La Tunisie postrévolutionnaire n'est pas à notre grande déception très belle à décrire.

En effet, la Tunisie comme de nombreux pays du fameux printemps arabe est rongée de l'intérieur par de terribles fléaux.

Le tableau est dramatique et chaque jour le pays s'enlise de plus en plus, confronté à de graves problèmes d'absence de bons gouvernants et où la corruption bat son plein.

Bien qu'elle ait été un des éléments déclencheurs du fabuleux soulèvement populaire connu en 2011, cette dernière connait depuis une flambée sans merci. En effet, tous les secteurs sont de plus en plus touchés.

Il ne se passe pas pas un jour sans qu'un scandale n'éclate dans le pays, enterrant un peu plus le rêve de chaque citoyen d'avoir gagné au change par le biais de la révolution.

Un rapport de l'ONG Transparency Watch dresse un constat dramatique: en 2015-2016 presque une personne sur trois déclare avoir payé un pot-de-vin pour accéder à un service public.

Les hommes sont plus touchés que les femmes. Un tiers d'entre eux affirment avoir dû recourir à la corruption, contre un quart des femmes.

Ceux qui perçoivent les impôts, les membres du parlement et les hommes politiques sont perçus comme les plus corrompus. Environ 20 % de la population perçoit les leaders religieux comme corrompus.

Grave conclusion "comme si le printemps arabe n'a jamais existé!" indique le rapport.

Pire, les citoyens sont arrivés à un point de désespérance où ils recommencent à regretter leurs vieux démons. Une nostalgie syndromique à la Stockholm bat son plein.

Elle trouve ses fondements dans ce pays où nous aurons tout vu depuis la bénite révolution. Le pays est devenu sans queue ni tête avec des gouvernements successifs de plus en plus à la ramasse. Chacun de ces derniers n'a rien à envier aux précédents: Flambée des prix, compromission à haute échelle.

Saigné, le pays a du mal à se relever d'une faillite politique, sociale et économique imminente où le citoyen peine à tenir debout.

Des scandales à gogo éclatent chaque jour: de l'affaire des stents périmés à l'affaire de l'anesthésique louche, aux prétendues parties de jambes en l'air entre un responsable du pôle judiciaire antiterroriste et une terroriste, au choléra à Gabès en passant par la peste des petits ruminants à Bizerte et incessamment par cette supposée brigade de police qui braque un citoyen du côte de Ben Arous.

Bref, un pays non pas bananier mais un pauvre pays retenu en otage comme un vulgaire ballon de football malmené par de terribles amateurs encore plus sauvages les uns que les autres.

Mais combien leur résisterons-nous encore?

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