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Le changement climatique, une opportunité historique?

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LEILA GHANDI NICOLAS HULOT
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ÉCOLOGIE - Pour la première fois de l'Histoire nous avons cette opportunité unique de nous réunir autour d'un enjeu commun, de nous battre ensemble pour relever un même défi. Un enjeu qui dépasse les continents, les nations, les clivages politiques, les cultures, les religions. Qu'on soit peul, berbère, inuit, indien, européen, africain, américain, chinois, blanc, noir, musulman, juif, riche ou pauvre, la lutte contre le changement climatique nous concerne tous.

Le débat paraît éloigné de nous, mais non, cela ne concerne pas seulement les ours polaires, et non, cela n'arrivera pas dans 150 ans. Cela peut, va, et a déjà un impact direct sur notre vie de tous les jours. Je sais, ce discours est peu audible pour les pays en voie de développement qui commencent à peine à programmer leur plan de croissance et d'industrialisation.

Je sais, il paraît difficile de parler du respect de l'environnement pour ceux qui peinent encore à respecter les droits de l'Homme. Mais la lutte contre le changement climatique n'est pas optionnelle. Et on ne peut pas indéfiniment la remettre au lendemain. Ce n'est pas un sujet de discussion comme un autre. Il y va de la survie de l'Humanité. Et ce n'est pas seulement alarmiste de le dire, c'est d'abord réaliste. "La planète peut se passer de l'humanité, l'inverse est moins vrai", nous rappelle Nicolas Hulot. Une évidence qui semble parfois nous échapper. Il est temps de prendre conscience de cette pleine réalité, temps de prendre conscience que nos actes comptent et qu'il faut agir. Assez de processus de négociations et de réponses inadaptées en demie teinte.

Pierre Rabhi, expert international pour la lutte contre la désertification, nous le dit: "assez parlé des constats, parlons des solutions car les solutions existent". La situation est réversible. Mais à menace globale, la réponse ne peut qu'être globale. Il est indispensable d'harmoniser les politiques nationales, il est nécessaire d'avoir une politique globale cohérente qui aille au-delà des intérêts et problématiques propres à chaque pays.

Ce n'est pas en se battant plus ou moins et chacun dans son coin qu'on gagnera ce combat. C'est ensemble ou rien. Et autant vous dire que rien n'est une option viable pour personne. Ce n'est pas non plus en appliquant des politiques à deux poids deux mesures qu'on gagnera ce combat. Nous avons besoin d'une politique juste, équitable, qui prenne en compte les réalités économiques et qui ait aussi le courage d'affronter et de faire plier les lobbys des plus forts. Je sais, cela n'est pas très commun aujourd'hui. C'est pourquoi nous avons besoin de Grands Hommes, nous avons besoin d'hommes et de femmes politiques courageux qui placeront l'intérêt général devant l'intérêt personnel, et parfois même devant l'intérêt de son pays tout entier.

Lors de la conférence de Skhirat du Women's Tribune (qui a eu lieu les 29 et 30 mai au Maroc), de nombreuses personnes se sont exprimées et engagées publiquement. Parmi elles Hakima El Haite la ministre marocaine de l'Environnement, Bassima El Hakkaoui la ministre marocaine de la solidarité, Rachid Benmokhtar le ministre marocain de l'Education, Michelle Sabban la Présidente du R20, Mary Robinson l'Envoyée spéciale de l'ONU, mais aussi Edith Cresson, Pierre Rabhi, Nicolas Hulot, Bariza Khiari, Hélène Conway-Mouret, Fodé Sylla, Fathia Bennis, des ministres des présidents des militants des sénatrices des ONG... Des discours forts, ambitieux, courageux, parfois en rupture. C'est de cela dont nous avons besoin. Nous avons besoin d'ambassadeurs visibles et accessibles pour incarner cette cause et la porter au plus proche de tous. Et nous avons besoin que chacun de nous devienne à son tour et à son échelle un agent de changement.

Ce que je pense, c'est que nous sommes là devant un défi civilisationnel. Cela dépasse la question de l'accès à l'eau, cela dépasse les quotas de rejet de gaz à effet de serre, cela dépasse les flux migratoires, cela dépasse les espèces en voie d'extinction, la banquise qui fond, et cela se résume en une question: que voulons-nous pour notre planète? Que voulons-nous pour notre Humanité?

Il ne s'agit pas seulement de développer des programmes, de mettre au point de nouvelles techniques, d'organiser des nouvelles conférences, de débloquer des fonds d'aide au développement et d'écrire de nouvelles lois. Il s'agit d'abord et avant tout de changer d'état d'esprit, changer de paradigme, changer notre façon de concevoir la vie. Au Maroc, comme l'égalité homme-femme, la protection de l'environnement est inscrite dans la constitution. La constitution ne suffit pas, les lois ne suffisent pas. Encore une fois, ce sont nos mentalités qui doivent changer. Le reste suivra.

La lutte contre le changement climatique est possible, mais ce n'est pas simplement une équation mathématique à résoudre. C'est une révolution, une vision, un mouvement, un projet de société. Et même plus, un projet d'Humanité. Pour finir je citerai cette phrase de Nicolas Hulot et qui m'aura marquée: "J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. C'est la même: l'avenir de l'Humanité est entre nos mains." A nous de voir ce que nous voulons en faire. A nous de voir si nous voulons faire partie du problème, ou de la solution.

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