LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Larbi Zouaimia Headshot

L'Algérie entre les pubs irréfléchies et l'USTR*

Publication: Mis à jour:
Imprimer

2017-03-29-1490795071-6443892-sellalcontrefait.jpg

Des publireportages qui se répètent dans les quotidiens internationaux - même El Hayat de Londres en a gouté à un moment donné - sont devenus des hérésies qui paraissent pour leurs auteurs, comme un élément de succès. La dernier celui du Washington Post.

Mais délaissons momentanément cette affaire de publicité et dirigeons-nous vers celui qui est censé promouvoir l'investissement, quoi le coté pratique de l'USABC, appelé bureaucratiquement Usa-Algeria Business Council.

Or, au lieu de changer l'ordinaire, on constate que la tradition est encore chancelante dans la mesure où ça craque encore sous le poids de sigles algériens qui n'ont aucune emprise, ni sur le domaine industriel ni commercial.

La seule nouveauté, le prix de l'adhésion pour faire fonctionner les salaires de ceux qui occupent le bureau d'Alger, prix (fee) passé de 10000 dollars à 7000 annuellement avec la création d'une troisième catégorie de 2500 dollars (source site USABC).

Tout le monde sait que cette aventure n'a pas bien démarré puisque la main du gouvernement algérien s'y trouve encore ... au point on l'a pas encore délivré du carcan diplomatique et des sourires répétitifs des ambassadeurs.

Gouvernement algérien, oui ! L'on se rappelle de la guerre qui fit rage dans les tribunaux de Washington DC entre le patron de Genesis International Holdings d'un coté et l'USABC et Northrop Grumman Corporation d'autre part.

Cette guéguerre est intervenue suite à la disqualification du premier en 2003 par le gouvernement algérien, pour l'obtention du projet de l'autoroute Est-Ouest. (Source : les publications du gouvernement américain au www.gpo.gov).

Si nous avons avancé ces informations, c'est à titre indicatif en fait , mais surtout, pour marquer l'échec énormissime de la dite corporation et ce ne sont pas les projets dans l'agriculture à El Bayadh qui vont redorer le blason.

Revenant maintenant à cette affaire de publicité irréfléchie dans le Washington post, uniquement pour se demander si réellement ladite méthode est valable pour le cas Algérie, dans un pays ( usa) qui n'a pas changé sa façon de lire et d'écouter depuis la fameuse chanson de Mrs. Robinson de 1968.

Certes on ne peut négliger l'importance du support utilisé pour toucher les entreprises et leurs staffs... si on admet que généralement les cahiers finances du Washington post sont bien suivis par la communauté des affaires.

Toutefois, l'impact d'une publicité demeure dans notre cas, éphémère et passager, car tout simplement l'Algérie est un pays absent à Washington que ça soit sur le plan politico-lobbyiste médiatique financier et économique.


Il faut juste faire le bilan de ce bureau des affaires économiques de notre ambassade aux USA pour y découvrir le décor lugubre. Mais si on s'amuse à fouiller dans la présence financière, on risque de tomber de Charybde en Scylla.

Les montants en bons de trésor détenus par notre pays au niveau de la réserve fédérale sont de l'ordre de 780.000 dollars selon le bulletin de décembre 2016.

Autres handicaps qui bloquent toujours la venue d'entreprises US et qui s'étendent aux hydrocarbures, se résument dans a fameuse règle 49/51 décriée par tous les responsables américains.

Donc à quoi bon aller gaspiller son argent lorsqu'on sait que sur une simple demande de renseignement, un directeur d'entreprise est vite informé que l'Algérie est un des rares pays qui n'ont pas rejoint l'OMC ... non pire ...il s'éloigne de la porte d'entrée.

A quoi bon aller gaspiller son argent si on n'a pas mis en congé définitif ce vocable récapitulatif américain (insufficient measures to fight the widespread informal economy) ou mesures insuffisantes pour lutter contre "la floraison" de l'informel.

A quoi bon aller gaspiller son argent si l'écart du taux de change se rebelle dans une proportion alarmante de 70 % entre l'offre bancaire et les guichets populaires de Port Saïd.

Cela se passe dans un pays où une grande masse monétaire est à l'extérieure du circuit bancaire représentant une fourchette de presque 60 milliards de dollars, tout un pays parallèle ... quoi le PIB de la Biélorussie.

A quoi bon aller gaspiller son argent si notre pays est bien catalogué comme un foyer de la corruption et de la rapine.

2017-03-29-1490794454-6375712-ustrrrr.jpg

Les informations données fixent la fin d'avril pour la publication du rapport de l'US trade reprsentative et en ce qui nous concerne, cette section réservée à l'Algérie. La question qui se pose ? Va-t-on rajouter l'automobile ? Possible, pas sure ... en tout cas les Américains veulent aussi vendre comme Renault.

Mais on affiche déjà les couleurs et la tendance démontre qu'on soupire surtout d'inconfort, face à un pays devenu model en matière d'atteinte à la propriété intellectuelle.

De loin, ce grand Etat de l'Afrique du Nord est vu comme une contrée de référence en termes de contrefaçon industrielle mais plus grave, un centre régional réputé pour sa violation des règles protégeant les brevets.

Récemment, le premier ministre Sellal a mis le feu à des CD contrefaits sous forme de fiesta, mais tout le monde sait que depuis 1996, l'Algérie n'a rien entrepris de palpable et de consistant.

Les ministres égarés du commerce qui se sont succédés avaient entendu quelques vociférations US et on fait semblant de vouloir légiférer et réprimer les contrefaçons, mais il ne faut rien espérer de ce côté.

L'Algérie restera toujours fidèle à ses palmarès. On croit savoir aussi que des industriels des médicaments américains continuent à accuser ouvertement une mafia algérienne de la pharmacie, laquelle sous prétexte de la production locale, viole les lois internationales, mais aussi tue le peuple Algérien.

C'est dire que le rapport spécial 301( USTR 301 Special report) de l'année 2017 prévu pour la fin du mois d'avril sera teinté en toute vraisemblance par les doléances des pharmaceutiques américaines auprès de l'organisation mondiale du commerce par le biais de l'USTR (United States Trade Representative).

D'ailleurs dans son rapport annuel 2016 sur la protection de la propriété intellectuelle (IPR-Intellectual property rights ), le Bureau du représentant américain au commerce (USTR United States Trade Representative ) avait placé l'Algérie à la tête de sa fameuse liste réservée aux tout petit nombre de pays répertoriés dans le non-respect de la propriété intellectuelle et dans ce qu'il désigne de Priority watch list ( genre de liste prioritaire ).

Ces pays-États ciblés par une avalanche de critiques, chapeautent désormais un groupe mis sous surveillance. Tout indique aujourd'hui que l'Algérie est le seul pays de la zone nord-africaine et moyen-orientale à y demeurer.

Don't try to twisting ... La faute est imputable, bien entendu, à un gouvernement ayant échoué' et n'ayant pas accompli un quelconque progrès dans la lutte contre la piraterie et les atteintes aux droits d'auteur.

Disposant de structures toujours inefficaces, policières, comme judiciaires et même médiatiques pour la sensibilisation, et manquant de techniques pour lutter efficacement contre ces graves dérives, Alger vient d'être dissocié de L'Égypte et du Liban autres foyers concernes' uniquement par la watch list mais pas la prioritaire.

Dans quelle proportions le contrefait gangrène l'Algérie ... ? La réponse : situation grave et irréversible. Tout est contrefait en Algérie même le gouvernement.

Tels sont les nouveaux éléments qui se révèlent insondables, et indiquent l'immensité du tourbillon qui happe l'Algérie. Il reste important de signaler que ce genre de fléau est en train d'affecter la qualité de la vie d'une manière dramatique.

L'importation aussi et durant 15 ans des voitures avec ses gros lots de pièces de la contrefaçon, a produit des désastres. La ville d'Alger est devenue un exemple de l'air empoisonné par des particules provenant de l'usure des pneus comme des plaquettes de freins.


Beaucoup de parties et des composants des voitures importées dans le cadre du banditisme économique, sont néfastes (siège, tableau de bord ... etc).Elles sont vendues en Algérie en ne respectant pas les normes, vu l'absence d'une règlementation technique sévère et vu l'absence de l'Etat. Les gens sont en train de respirer quotidiennement l'amiante de l'industrie automobile que dire si on rajoute ce smog jaunâtre (fumée des moteurs Diesel) qui pèse à partir du haut et couvre continuellement les villes (comme Alger) .

(*): United states Trade Representative

La rédaction du HuffPost Algérie n'est pas responsable des opinions exprimées par ses contributeurs de contenus et ne partage pas nécessairement leurs opinions.

Les opinions et autres déclarations exprimées par les utilisateurs et les tiers (p. ex., les blogueurs) leur appartiennent exclusivement, et ne reflètent pas les opinions du HuffPost Algérie. Les contenus créés par des tiers sont sous la seule responsabilité de ces tiers.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.