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Thomas Jefferson, une affaire de mouton berbère

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L'équinoxe du printemps de 1806 sitôt passé, le grand troupeau de moutons qui arriva la veille, de Monticello (180 km au sud de Washington), broute paisiblement dans ce vaste champ, pas loin des murs du manoir présidentiel, actuellement Maison blanche. Thomas Jefferson qui se plaisait à faire le berger taciturne, contemple à partir de son bureau, ce beau rituel quotidien.

Mais le président semble être intrigué par le comportement d'un petit nombre de béliers et de brebis lequel ne cesse de se détacher de l'ensemble. Pour Thomas, ce groupe représente une race « distincte » celle qui vient des montagnes orientales de l'Algérie et du sud de la Tunisie ...

Le bélier de Ouled Sidi Abid Barbary sheep si on veut la localisation quoi ... ! Une région où nomadisait une confédération algéro-tunisienne du même nom, jadis partagée dans les querelles entre le bey de Constantine et celui de Tunis. Le président qui fut le grand défenseur de l'excellence du mouton barbaresque ( Barbary Sheep ) y décèle dans le comportement de ces animaux étrangers une certain « entêtement » particulier .

Le locataire de la Maison Blanche qui les avait reçu en 1799, probablement de la Goulette Tunis, tira alors ses barbichettes et lâcha un commentaire déplaisant ...« même leurs béliers ... ! », s'exclama-t-il. Cela se passe exactement en 1806.

Thomas Jefferson ayant déjà perdu dans la culture du tabac se reconvertissait dans l'élevage et devint le grand propriétaire de Monticello en Virginie centrale. Une partie de son cheptel se trouve encore dans la colonie de Georgetown une agglomération du nouveau district of Columbia là où on a fait construire en 1800 l'actuelle maison Blanche.

Mais ce qui nous intéresse dans ces informations fort bien instructives, est la formulation un peu singulière du président américain qui voulait en toute vraisemblance évoquer une analogie avec le comportement du peuple Algérien mais aussi de son Roi ( Dey ) après avoir gagné la paix avec celui de Tunis et le Sultan de Fez .

Il ne serait nullement exagéré de dire aujourd'hui`hui - comme beaucoup de sources le prouvent - que l'Algérie ou comme on la présentait à l'époque de Central Barabarian State avait réussi dans une certaine mesure à créer une fascination chez le président Jefferson, laquelle s'est forgée malheureusement dans la haine suites a des événements regrettables.

Alors qu'il n'avait que 12 ans( puisque né en 1743), le petit Thomas, fils de la campagne de Shadwell dans le comté de Albemarle en Virginie centrale, suivait avec émerveillement les discussions passionnantes sur Salim l`Algérien( 1755), un inconnu Mohamedan ( musulman ) trouvé a 60 km plus loin dans les forêts de Staunton appartenant au comté d`Augusta .

Parler de 1755, c'est dire que Les Etats-Unis d'Amérique de la forme actuelle n'existait pas à cette époque, mais uniquement un ensemble de 13 colonies reparties sur le territoire de la cote-Est. Ces entités autonomes régies par la charte de British American déclarèrent leur indépendance le 4 Juillet 1776 et Jefferson fut l`auteur de la fameuse déclaration de séparation.


Intellectuel, agronome, philosophe, architecte mais surtout arrogant, contrairement à Georges Washington le premier président, Jefferson se définissait unitariste chrétien alors que d`autres le considèrent purement émule de l'arianisme (à ne pas confondre avec l`idéologie raciste aryanisme). Ouvrant une parenthèse : Ironie des coïncidences même l`arianisme auquel serait rattaché Thomas Jefferson est une conception d'un prêtre Amazigh du nom d Arius".

Reprenant pour dire que le troisième locataire de la maison Blanche (1801-1809) qui se définissait chrétien unitariste ne connaissait des musulmans que les Algériens (Central Barbarians) , ces Amazighs du centre défenseurs de la Méditerranée musulmane contre l'ennemi « chrétien » hautain et envahisseur.

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THOMAS JEFFERSON ET L'OCÉAN

Alors qu'il était ambassadeur dès son pays en France (1785-1789), Thomas Jefferson faisait 19 jours de trajet entre Northfolk en Virginie et le Havre en France. Ce Grand Atlantique faisait énormément peur à l'ambassadeur car il est se trouve que les corsaires Algériens pouvaient frapper mêmes dans les zones portugaises des Acores 1500 km des côtes marocaines.

Il avait peur d'être kidnappé et ne fit le voyages que 2 fois allé- retour en 4 années. Des informations disaient que des Corsaires Algériens avaient tenté auparavant de kidnapper Benjamin Franklin ambassadeur avant lui en France et un des pères fondateurs des Etats Unis.

Pour Jefferson l'atlantique appartient aux Barbarians States y compris le nom qui revient aux Atlantes ces Libyens de l'antiquité ( amazigh plus tard) une ethnie indomptable à la guerre. Pour gagner la paix avec Alger, la plus puissante de ces Etats, il proposa à son ami John Adams, futur deuxième président des Etats-Unis ( 1797-1801) qui occupa le poste d'ambassadeur des Etats Unis au Royaume Uni entre 1784 et 1788, de rencontrer le représentant du Dey d'Alger a Londrès en l'occurrence Sidi Abderahmane Agha.

La rencontre de 1786, a eu lieu pour discuter du sort des 111 prisonniers américains détenus par Alger. En s'adressant au représentant Algérien, Jefferson qui semble ignorer que la guerre musulmano-Chretienne se déroulant depuis déjà 300 ans sous une forme de piraterie légale et Étatique (corsaires), blâme Sidi Abderrahmane car le Dey avait transformé Alger en capitale de l'esclavage Blanc.

Furieux, Abderahmane réplique en disant qu'a Alger il n'y a pas d'esclaves mais des prisonniers et pour les libérer le Dey attends la rançon. La cocotte a fini par exploser lorsque l'Algérien continuant à fumer la pipe accule Jefferson en lui faisant comprendre que le Coran est la source de la loi.

Le texte anglais porte des inexactitudes et amputations puisque le représentant du Dey aurait accusé Jefferson d'avoir à lui seul 204 esclaves. Il pratiquait la fornication ( Ezina ) avec les femmes métisses. Ceci du coté de Thomas, mais de notre côté, des citations de certains historiens trucs et nord-africains ont à leur tour, caché le mal qu'avaient causé des Deys brutaux et ignorants a l'Algérie.

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Adams mit fin à la discussion et Jefferson quitta le lieu en allant fouiller dans la translation Coranique de Georges Sales ( 1734) qu'il acheta de la Gazette de Virginie en 1765 alors qu'il était à l'université de Williamsburg après avoir rencontré Salim l'Algérien se trouvant lui aussi pour apprendre le grecque aux étudiants..

La traduction de Georges Sales ( 1734) c'est celle qui se trouve actuellement a la librairie du Congres américain..... On disait qu'il aurait dit à Adams, d'autres l'imputent à Georges Washington et l'a transmise à Adams... Vous ne pensez pas Sir que central Barbarian State est peu particulier. I think, réplique Adams... Georges Washington said (disait) : Je ne comprends pas... ça fonctionne bien avec Tunis, Tripoli et le Sultan de Fez, mais dès qu'on arrive à Alger ça se complique".

Aujourd'hui la particularité de l'Algérie est d'une autre nature. Elle est bien reléguée à une simple sentinelle contre le terrorisme et revient rarement dans les débats du think-tank ou de la ceinture intellectuelle Washingtonienne. En 1973, lors de l'embargo du pétrole ou Henri Kessinger ne cessait d'attribuer à ce pays de l'Afrique du Nord le rôle d'animateur redoutable.

Un petit soupir... la fille du président Kennedy, Caroline, actuellement ambassadrice au Japon, a voulu nous adresser des félicitations à l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance de l'Algérie ... Pourquoi en cette année ? Elle s'est rappelée subitement d'un pays qui a eu son indépendance alors qu'elle avait cinq ans... Non pas juste cela, elle aurait vu un Algérien rendre visite à sa mère Jacqueline et lui ramener à elle aussi, un cadeau traditionnel de Constantine....Qui dit mieux ?

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