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Les pauvres...piégés, paresseux ou idiots utiles ? (I)

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Ouf... l'élection d'Obama aurait probablement changé le réflexe électoral américain dans la mesure où une grande frange de la population ait pu transposer sa condition sociale dans l'urne. La chanson n'était pas la même en 2004 quand le Daily Mirror traitait d'imbéciles, les 59 millions de votants ayant opté pour Georges Bush.

Le journal Britannique s'insurgeait contre ces principes conservateurs ou des électeurs, pauvres dans certains cas, par soucis de sauver les valeurs morales, huilent la machine républicaine au point de devenir les ennemis d'eux-mêmes et de leurs enfants.

La similitude est si frappante en Algérie ou une masse électorale composée généralement de pauvres constamment piégés par un système corrompu et rentier, votent encore pour les deux créatures du FLN-RND maîtres d'œuvres de la décadence économique algérienne.

Piégés pour nous ! Mais pour certains qui se sont enrichis suite au cambriolage de la dépense publique, le pauvre en Algérie est paresseux et l'Algérien est un fainéant qui ne veut pas travailler. Ces certains qui vivent de la sieste subventionnée sont en réalité les grands coupables de la culture anti-travail qui secoue le pays.

Piégés, paresseux ou idiots utiles, les qualificatifs sont antagonistes, mais en Algérie tranchons pour mentionner que non seulement le piégé l'emporte et la résume, mais en vérité c'est le piège qui a pondu la paresse. Et des Etats-Unis que pensez-vous ? Ici, la problématique est un peu complexe puisque il n'est pas tout à fait aisé de s'en sortir avec une conclusion en dehors de l'analyse économique.

Dans cette question de pauvre et de pauvreté les économistes Alberto Alesino et Edward L.Glaeser Professeurs à L'Université Harvard, ont fait d'excellentes démonstrations à travers leurs œuvres (entre autres Fighting Poverty in US and Europe) en expliquant de prime abord, que les Américains constituent la société industrialisée la plus conservatrice au monde et par voie de conséquence l'emprise de ce conservatisme sur les classes défavorisées est encore apparent (Zouaimia Wordpress 05/2015).

L'économie Étasunienne demeure, selon les auteurs, la moins réglementée avec une sécurité sociale encore faible, une puissance militaire plus forte et des citoyens des plus religieux. Ces spécificités fondamentales ayant pondu, grâce au canal de l'histoire et la culture, un conservatisme où le firmament idéologique est percé par une bourgeoisie qui s'équipe de plus en plus d'étendards Anti-Pauvre.

Vrai ou faux nous allons voir pour les prochaines élections américaines de novembre 2016 si réellement le réflexe social se traduirait encore dans le choix électoral comme en 2008, même si le facteur de la sécurité' pourrait marquer des choix subjectifs dits utiles .

En tout cas, mépris de la pauvreté pour être plus précis, plus en concordance avec les références du World Values Survey qui avait à un moment donné établi les diagnostics: plus de 60% des Américains considèrent les pauvres comme des paresseux contre 26 % des Européens qui partagent cet avis.

Les Européens jugent dans une proportion de 60 % qu'un pauvre est généralement piégé alors que 29% d'Américains approuvent cette opinion. Globalement 30 % des Européens se considèrent appartenir à la Gauche contre 17% pour le cas Américains. Ceci est pour les indications du World Values Survey , quant à l'enseignement qui en découle , les professeurs Albertino et Glaeser le décortiquent dans une nette opposition à toutes les idées déjà reçues.

La nouveauté apportée par le spécialiste réside dans le fait que les chances des Européens de quitter la pauvreté sont plus élevées qu'aux États-Unis parce que les sociaux-démocrates en Europe ont élaboré des programmes scolaires plus aptes à faire sortir de la pauvreté que ceux qu'on trouve dans les écoles américaines.

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Une telle analyse laisse déjà beaucoup d'observateurs pantois, surtout lorsque on impute aux professeurs une étude lacunaire ayant occulté le poids néfaste du "bureaucratisme" économique français, par exemple, générateur de pauvres mais surtout son syndicalisme excessif premier facteur de la pérennisation de la paresse .

Il faut dire qu'aux États-Unis, seul 12% des secteurs d'activités sont pourvus de représentation syndicales . Mais Glaeser par exemple croit pas à la non pertinence de son analyse et va un peu loin en ciblant le contexte racial dans l'entretien d'une culture anti-pauvre aux Etats Unis .

L'Universitaire de Harvard considère que le système américain du vote majoritaire conduit les partis a cibler la classe moyenne plutôt que les pauvres , alors que la représentation proportionnelle largement répandue en Europe, donne une meilleure voix aux politiciens qui défendent les minorités, y compris les plus démunis .

C'est que la séparation des pouvoirs aux États Unis, comme l'avait prédit les Federalist Papers, a restreint l'emprise gouvernementale sur la vie des gens. Instructif d'ailleurs le fait de connaître que The Federalist papers est un recueil élaboré en 1788 par James Madison devenu en 1809 le quatrième président des États-Unis (Zouaimia, au Quotidien Oran décembre 2006) .

Ce document comportant 85 articles avait fait la promotion de la Constitution des États Unis de 1789 . Dans ce contexte poursuit Glaeser les affrontements célèbres, comme celui qui avait opposé le président Roosevelt au Sénat dans les années 30 , avaient mis fin a l"État Providence de 1940 , terme qui correspond en anglais au Walfare State ( État du Bien-être ) .

Sans compter que la cour suprême elle même est source de culture anti-pauvre et pourvoyeuse du conservatisme tout le long de l'histoire des USA . A la fin du 19e siècle la Cour suprême avait déclaré anticonstitutionnel l'impôt sur le revenu . La même cour jugea illégal le New Deal, ce programme social qui devait relever les masses démunis , affectées par le Krach boursier de l' année 1929 .

Aujourd'hui les américains sans protection sociale ( assurance maladie surtout) reste un problème même si les reformes d'Obama ont voulu améliorer les choses. Cependant, les pauvres aux Usa forment toujours un chiffre effarant imputable selon les spécialistes de Harvard, à la structure du pouvoir entre l 'État central ( Washington ) et les autres 50 États , lequel fait en sorte que les États ont peur d'investir dans la sécurité sociale et tout ce qu'elle comporte comme conséquence, tout simplement par crainte des fuites de capitaux et l'exil de leurs citoyens riches .

A suivre: Le destin dramatique du pauvre algérien...

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