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Le lobbyisme désopilant de l'Algérie aux USA

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C'est parfois tordant ... juste le fait de parler des intérêts américains en Algérie et surtout par les temps qui courent. Mais Quels Intérêts ? Plus de GNL pour les USA depuis 2007 et une quantité vénielle de pétrole que dire d'un commerce dévoré complètement par la Chine et l'Europe.

Revenant par exemple à ce pétrole débordant de notre imaginaire qui fait courir les Yankees. En décembre 2016, un mois de 31 jours pris à titre de référence, les Etats-Unis ont acheté une quantité de 302 millions de barils de pétrole, la totalité de leurs importations, des pays de l'OPEC et des pays non-OPEC (36 pays).

Or, dans cette importation, l'Algérie ne fut concernée que par 3 millions de barils. C'est presque 1% de la demande américaine en hydrocarbures. Mais pour certains, on peut bâtir des choses sur le 1%, et "drôlement" la nomination de Ould Kaddour à la tête de Sonatrach, obéit à une directive Washingtonienne ! Tiens tiens ...

Disons le contraire, c'est probablement l'Algérie qui cherche à se racheter auprès d'un client qui l'abandonne et dont la présence "sur" le désert Algérien se fait de plus en plus rare. La cause, celle qui se répète, une règle irréfléchie de 49/51 qu'il (le client) ne cesse de décrier.

Détrompons nous pour aller au vrai et c'est cela le topo tangible qui se présente dans une ère devenue narquoise, un topo transformé en succès, lorsque la TV algérienne essaye de nous faire comprendre dans un lexique figé, l'importance qu'accordent les USA à notre pays suite à une visite des subalternes des membres du Congrès.

Une présentation complètement fausse, convenons-en. L'Algérie n'est maintenue dans les registres américains que dans des paragraphes pompeux et démagogiques. Quoi ! Un cycle de rencontres creuses sur ce débat stratégique et un vocable lassant et routinier de "pays allié dans la lutte contre le terrorisme".

Or, pour mesurer l'importance d'un pays aux USA, il faut juste mesurer ses actions lobbyistes, leur pertinence mais surtout leur résultat. Ici, Les données du département de la justice combinées à celles de la Sunlight Foundation, estiment ( et comparativement à l'Algérie) qu'un pays voisin a dépensé 3 millions de dollars pour accomplir dans le cadre de son opération lobbyiste, 305 programmes de contacts auprès des sénateurs et des membres de la chambre des représentants.

L'estimation est donnée pour 3 années (2007-2010). Dans même intervalle, l'Algérie a dépensé plus de 1.250 million de dollars pour 36 opérations dont 211.000 dollars pour l'envoi de 6 emails ! On peut dire que chaque opération coutait par exemple à l'Egypte, les Emirats et le Maroc 10.000 dollars alors que pour l'Algérie elle se situe près de 34.000 dollars.

Et si on rajoute l'argent jeté par la fenêtre dans le cadre de l'inculture diplomatique, on arrive à cette conclusion: l'Algérie a payé 4 fois plus que le Maroc et l'Egypte ou la Jordanie ... exactement comme l'autoroute. Pour les résultats, le Maroc par exemple aurait atteint 279 membres répertoriés (acquis) ce qui donne un taux de 92%. À ses actions ciblées pour la base-de-période 2007-2010.

Or, sur les 36 programmes de contacts Algériens, uniquement 4 membres du Congrès (Chambre et Sénat) se considèrent comme acquis à l'Algérie. Mais attention, parfois vous trouvez des membres du Congrès qui campent à mi-chemin, des fois pour les intérêts Algériens des fois contre, ça dépend de l'adversaire surtout, Israël ou le Maroc.

Dans cette fourchette, le taux donné à l'Algérie est de l'ordre de 11% pour ses programmes de contacts, payés 4 fois plus cher. Pour l'incidence du lobbyisme jordanien qui ressemble un peu aux Marocains, incidence au niveau de l'espace parlementaire américain, il oscille entre 49 à 53% contrairement à l'Algérie où il vacille entre 0,7 à 1 % comme le pétrole et la blague de Ould Kaddour, le nommé par Washington.

Dans ses 36 programmes de contacts, l'Algérie n'avait obtenu aucune rencontre directe avec la personnalité-visée, contrairement au Maroc qui avait arraché 45 % dans son programme. C'est comme si l'Algérie n'entretient aucune relation diplomatique avec les USA. Même l'Iran avait fait mieux en payant 12.000 dollars en 2010 au lobbyiste C.Marc Edmond Clark, pour avoir ce qu'il voulait.

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