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Le journalisme des copains et le cercle intérieur

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Retour en 2007 où il y a eu un débat qui secoua plusieurs consciences, tant chez les républicains que démocrates. Ce débat est certainement celui de l'illusionnisme dans lequel s'emprisonnait de jour en jour le président Bush, l'homme qui, par la contradiction des choses, croyait, selon les dires de ses détracteurs, que l'entêtement reste quand même, un élément de succès ... Comparaison algérienne oblige.

Mais qui peut dire à un président au mitan de sa vie qu'il est dans l'erreur ? Sa femme, sa famille, ses conseillers ou ses amis. En réalité un président n'a pas d'amis comme disent certains connaisseurs. Il a un entourage ou un cercle intérieur (Inner Circle) dans lequel des individus en perpétuelle concurrence cherchent à gagner sa bénédiction ...

C'est en quelques sortes une sociométrie aux contours particuliers, laquelle caractérise constamment la maison présidentielle. Dans les pays corrompus, la cour du chef se voit souvent prise en otage par de véritables praticiens de l'arrivisme au point où le critère de la sélectivité professionnelle cède la place aux paramètres clientélistes charriant en son sein tout ce qu'il y a d'incompétents et de manipulateurs.

Bien que la description ne peut malheureusement s'appliquer aux Etats-Unis, il n'en demeure pas moins qu'en période de crise, c'est l'ébullition dans le milieu présidentiel, et c'est ce qui se passa en 2007 à la Maison Blanche, dit-on...

Et pourtant, le plus puissant pays de la planète se considère comme étant le berceau des grandes traditions de gestion ayant, depuis plus de deux siècles, su accomplir l'exemplaire cohésion, essentiellement dans la conduite des affaires de l'Etat.

Mais avec Bush le topo semble échapper à la règle, puisque la guerre en Irak a pu créer des situations tout à fait exceptionnelles, autrement dit une sorte de domination de l'Inner circle sur les institutions, les noyautant des fois, au point où certains sénateurs et ténors du Pentagone, par calcul peut être ceux qui l'avaient poussé vers la guerre en tout cas, continuaient de l'inonder d'éloges dignes de démagogie.

Petite analogie qui n'est pas sans intérêt pour nous: les cocktails de meddahine et courtisans, vous le voyez bien en Algérie. Ceux qui foisonnent de "fakhamet Raiis Al joumhouria" 18 fois à la seconde, ou encore ces commettants zélés répétant à chaque sortie télévisée, le fameux vocable "Fi Itar Barnamege Raiis Al Joumhouria", constituent approximativement notre Inner Circle à l'Algérienne.

La seule différence réside dans la dangerosité de ce dernier, car en Algérie la très forte dose d'opportunisme, de l'incompétence et du mensonge étrangle la fonction présidentielle et menace le pays ... Bref. En 2007, le président Bush n'avait pas fêté comme il se doit son 61 anniversaire (Né à New-Haven dans l'Etat du Connecticut) et avait préféré fuir le cercle intérieur.

Il avait choisi un moment de répit pour échapper à un entourage dans lequel il n'a cessé de chercher celui qui peut lui donner la bonne idée ... Donc, il a préféré inviter à la Maison blanche l'historien britannique Sir Alison Horne, l'auteur du livre "Savage War Of Peace: Algeria 54-62 (une guerre féroce pour la Paix: Algerie 54-62) afin de discuter calmement de l'Irak de 2007 et de l'Algérie des années 50.

Le Washington Post qui rapporta l'information avait auparavant mentionné que: Algeria has become almost a codeword among US counterinsurgency specialists (L'Algérie était devenue le nom de référence chez les spécialistes américains de la contre insurrection).

L'insertion de l'influent quotidien de la capitale fédérale ne pouvait malheureusement échapper au commentaire, car il s'agissait d'un véritable manquement journalistique, surtout dans le fait de lier la guerre d'indépendance algérienne que dans le but de faire des rapprochements absurdes avec ce qui se passa en Irak. C'est-à)dire souder notre histoire à ce sac fourre-tout de la mouquaouma (le résistance irakienne) oùil ne faut pas oublier quedes régiments de sanguinaires à la solde saoudienne n'hésitant pas à décimer par milliers et terrorise impitoyablement une population civile sans défense...

Mais à ce moment-là, notre récit ne portait pas sur cela ni sur Sir Alison et de sa visite à la Maison Blanche. Notre travail s'articule surtout sur le dérive qui peut affecter la confrérie présidentielle ou ce qu'on appelle Bush's Entourage, surtout dans une période marquée par un délabrement morale extrême.

Vous allez constater que face à un président en difficulté se développe une hypocrisie allant crescendo donnant lieu à des "initiatives" de toute sorte, là où chacun essaye, à sa manière, de gagner quelques mètres pour montrer sa fidélité au chef.

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YES JEFF , GO AHEAD ... OUI JEFF, ALLEZ Y

"Voilà vous allez vous placer juste à la première rangée. Essayez d'être le quatrième ou le cinquième à prendre la parole. Laissez ceux de CBS et New York Times vider leurs sacs puis intervenez. Il faut que vos deux questions redonnent confiance au président".

C'est en ces termes ou presque, les quelques instructions que donnèrent deux "courtisans" du président, a un prostitué -proxénète accrédité auparavant au niveau de la Maison blanche comme correspondant de Talon News, un magazine électronique financé par un groupe de républicains Texans.

Ça tombait à pique car on ne pouvait jamais imaginer oh combien un président avait besoin de voix concordantes par les temps qui couraient, surtout des journalistes trempés dans le moule de la déloyauté et du mensonge. Mensonge dites-vous, l'histoire dépasse tout cela surtout lorsqu'elle se déroula dans le temple d'un président conservateur ayant décidé d'embrasser la religion et de se rendre à Dieu et à la morale.

Nous reprenons ici le commentaire d'un journaliste canadien qui a dit: "Une plaisanterie pour les uns, une grave dérive pour d' autres, celle d'habiller un dévergondé en tenue de journaliste, puis le ramener à plus grande Maison présidentielle du monde afin qu'il pose une question plus stupide que bidon. Il s'agissait de Jeff Gannon selon le New York Times de son vrai nom Jim Guckert, un point noir dans les annales de la Maison blanche, une dérive de l'Inner Circle et un affront au journalisme américain.

"Gannon s'est éclipsé, prenant un conge définitif car il était tombé dans le mire de ses détracteurs". Selon les médias américains (New York Times en tête) a cette époque, le faux correspondant est proxénète et prostitué... les deux à la fois toujours selon le New York Times. Ancien officier, il propose des services de débauche pour 200 dollars l'heure et 1200 dollars le weekend. Publicité restreinte oblige, il livre à ses clients potentiels des photos de son corps "nu et musclé".

Jeff offre aussi des rencontres à des hommes ayant des faibles pour les militaires et on le lie à des sites Internet comme www.hotmilitary.com. L'épisode Jeff démontre que même dans les grands pays comme les Etats-Unis ou la conduite présidentielle est scrutée quotidiennement à la loupe, on ne peut malgré tout s'empêcher de découvrir des histoires tout à fait inédites.

Cela démontre aussi le pourrissement qui peut affecter le cercle présidentiel, là où se combine la déloyauté, l'hypocrisie et l'opportunisme. Des présidents sont devenus dans des pays, une sorte de marchepieds un escabeau politique quoi, et ne se rendent compte de cela qu'en vieillissant ou en s'approchant de la fin.

Loin du poste, ils vivront l'enfer psychologique comme à l'exemple de Nixon et de Bourguiba. Un président peut partir... le cercle se reconstitue, il ne partira jamais.Il est prépondérant dit-on. Rares sont les présidents qui s'en sortent vainqueurs comme fut le président Georges Washington. Lui au moins sait mesurer. Il était arpenteur de métier.

Liste de l'Inner Circle de Bush selon l"US Politics Today" : Josh Bolton, Laura Bush, Fielding fred, Gellespie Ed, Goldsmith Stephen, Hadeley Stephen, Hubbard Allan,Hughes Karen,McKinnon Mark, Perino Danna, Rove Karl, Snow Tony, Matalin Mary, Lazear Edward. (liste non actualisée).

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