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Georges Washington, les Algériens et la surface de la Terre

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Il se peut que sa diligence partait de sa propriété de Mont Vernon (Washington) vers le nord ou alors son convoi se dirigeait de New York vers le sud. Nous ne savons pas d'où est-ce qu'il venait. En tout cas, sa destination dans ce mois de mai de l'année 1787, est la ville de Philadelphie, celle qui allait abriter la fameuse convention nationale pour devenir de 1790 à 1800, la première capitale des États-Unis.

A l'intérieur de la voiture qui filait vers Philadelphie se trouve le commandant de l'armée continentale Georges Washington un voyageur inquiet et complètement englouti dans la réflexion. Bon gré mauvais gré on disait que c'est l'homme avec qui l'Algérie aurait pu faire un très bon chemin au moment où il allait prendre la présidence des Etats-Unis.

La faute incombe à quelques Deys fainéants et ignorants comme ce trouillard de la partie finale: Hussein, 1830, habillé en Kaftan préférant fuir vers Naples avec quelques 10 millions de francs. Mais attention il ne faut pas aussi compter sur Georges Washington ni sur la communauté des politiciens de la fin des années 1700 pour dire de belles choses sur la Régence musulmane d'Alger ou encore coopérer avec elle.

La tradition de la contre-vérité à l'égard de l'Algérie est bien conservée dans le réseau officiel jusqu'à nos jours... même chez le comité des Historiens du département d'État. Pour Georges Washington il faut toujours remarquer cet interstice entre ce qu'il dit et ce qu'il écrit. Bien qu'il fût moins arrogant que l'intransigeant Jefferson ou le versatile Benjamin Franklin, il n'eut pas hésité, à son tour, à nous lancer des quolibets.

Et on cite "Alger nid infecté de Pirates" ou encore "Que Dieu les fasse disparaître de la surface de la terre". Bref. Injuste de ne pas mentionner que le fondateur des USA nous a, quand même donnés, et à certains moments, la considération méritée. Un jour, il avait écrit à son ami James Madison ceci: "nous devons chercher des soutiens pour notre indépendance, ou des alliances en Europe et auprès des États Barbaresques... principalement Alger..."

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Intéressant n'est-ce pas ? Aujourd'hui en ce mois de mai de 1787, le test est difficile pour lui. Après cette même indépendance et la guerre contre la tutelle britannique, l'heure est venue pour la consolidation des acquis et ce par la création de la confédération, genre d'union fédérale des 13 colonies, laquelle sera sanctionnée par ce qui allait devenir la fameuse constitution des États d'Amérique.

Le futur des territoires qui forment les USA, pourrait enfin, être décidé. Une étape incontestablement décisive dans l'histoire d'un pays géré -depuis 1774 en passant par la déclaration et la guerre d'indépendance de 1776 à 1783)- grâce a un congrès continental.

Parmi les personnalités qui avaient le privilège de présider ce congrès continental pour les années 1782 et 1783 (c'est à dire président Provisoire des Etats Unis) figure celui qu'on nommait Elias Bou[dinot].

L'origine protestante française (Huguenot) attribuée à cet avocat de Philadelphie dont la famille arriva ) à New York en 1687, pourrait ne pas tenir la route devant des certitudes onomastiques qui, selon des registres, nous renvoient aux déportés des années 1500 -1600 majoritairement algériens (nouveaux convertis selon certaines appellations). La similitude avec des noms canadiens comme Bou[rassa], Bou[telli] devenu boutillier ou encore bou[darias].

DANTZER LE CORSAIRE A TEMPS PARTIEL

Ces prisonniers kidnappés (nouveaux convertis) dans les petites villes côtières algériennes et Tunisiennes, suites aux attaques espagnoles, portugaises et Napolitaines (Naples était un Etat croupion de la France) et auxquelles on offrait le choix entre le christianisme ou le bûcher, finissaient par être envoyés aux Amériques.

Le suffixe "Bou" comme on l'a mentionné précédemment, distinctif chez quelques familles du Canada est l'autre élément révélateur. Utile de souligner ici, que Le Kidnapping et la piraterie (au sens corsaires ou course) en Méditerranée était, tout d'abord, une pure fabrication espagnole. C'est à Rais Dali (Simonsen Dantzer Hollandais d'origine décapité à Alger en 1616 pour trahison) que revient le mérite de faire plier un pays comme l'Espagne, le plus grand ennemi chrétien d'Alger.

Dali dénommé Echitane (diable) et qui aurait juré de déloger les espagnoles d'Oran, était derrière la modernisation de la flotte algérienne, celle-ci rendue capable de se lancer dans les aventures Atlantiques. Le plus intéressant dans son histoire c'est qu'en 1609, trois ans après la création par les immigrants britanniques de la première colonie de Jamestown en Virginie(1606), il informa le Dey et lui demanda la permission pour une expédition vers les terres au-delà de la mer des Ténèbres.

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La mer des Ténèbres voulait dire l'Atlantique et les terres sont le Nouveau monde où les deux Amériques. Mais les tergiversations du Dey (coopérant turque) l'auraient dissuadé. Dali ne s'est jamais reconverti à l'islam contrairement à son élève Mourad Rais (Jan Janson le musulman 1569-1641 ) qui était derrière la campagne audacieuse contre l'Islande en 1927 et la pointe de terre Neuve du Canada et l'attaque de Baltimore en Irlande en 1631.

L'Amiral Mourad, ou celui qui ne cessa de répéter "Je ne connais pas une nation à laquelle je n'ai pas pris au moins deux bateaux".. Revenant à Georges Washington, le général qui allait devenir le premier président des Etats-Unis d'Amérique, mais avant cela présider la convention constitutionnelle de Mai à septembre 1787 d'où provenait en vérité l'appellation United States of America.

L'homme savait que la jeune nation était exposée au déchirement car le poids des anti-fédéralistes allait directement vers une situation menaçante. Ses inquiétudes deviennent sérieuses dès qu'il a appris que la Colonie de Rhode Islande voulait carrément se séparer, ce qui pouvait entraîner un véritable effet de domino.

Ainsi et dès son arrivée à Philadelphie, Georges concocta un plan en compagnie de Madison (qui allait devenir le 4 e président) et Hamilton (celui qui occupa par la suite le poste du premier secrétaire du trésor américain) pour la réussite de la convention. L'Algérie pourrait lui être utile encore... Vers le mois de juin, juillet 1787 pour d'autres, les délégués avaient droit à un petit bouquin de poche de 129 pages dont le titre annonçait: "Les Espions Algériens de Philadelphie".

C'est l'histoire d'un Algérien qui préférait vivre en Amérique, histoire qui déviait vers la determination de ces Algériens de l'Etat Barbaresque central d'occuper la colonie de Rhode Islande en guise de compensation, suite à la christianisation de l'île de Malte. Dans la ville, la rumeur faisait rage: 100 milles Algériens sont en route pour coloniser les Etats-Unis et sont arrivés à l'île Espagnola (actuellement Haïti et Rep. Dominicaine).

Plus au Sud à Charleston en Caroline du Sud les gens les ont déjà vus. On se barricadait chez soi dès le coucher du soleil. Le Roi d'Alger allait devenir "in some sense" le 8e père fondateur des Etats-Unis d'Amérique, et là sera un autre dossier à ouvrir.

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