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Il est temps de faire un diagnostic sur le mal-être des étudiants en médecine

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MÉDECINE - Dernièrement, un fait divers particulièrement grave est survenu dans le quartier de l'Oasis à Casablanca. Un jeune homme armé d'un couteau et dans un état hystérique a été grièvement blessé suite à l'intervention de la police casablancaise, après qu'il a attaqué des policiers et des civils.

La scène a été massivement relayée sur les réseaux sociaux et les internautes marocains étaient partagés entre ceux qui ont salué l'intervention des services policiers pour mettre fin à la terreur du jeune armé, et d'autres qui ont qualifié cette intervention de barbare, estimant qu'il fallait agir autrement vu que l'agresseur n'est autre qu'un jeune étudiant en médecine dans ses dernières années de formation souffrant de troubles mentaux.

Ce dernier fait divers est particulièrement intéressant et surprenant dans la mesure où l'on se demande pourquoi un jeune étudiant brillant et serviable, selon les témoignages de ses voisins, et dont le parcours scolaire est irréprochable, a pu se trouver du jour au lendemain dans un tel état, nécessitant une hospitalisation dans un centre psychiatrique à maintes reprises.

Un questionnement qui nous mène dans un monde des études assez sombre où les étudiants, principalement ceux qui font des études en médecine, ne ménagent aucun effort ni moyen pour réussir leur rêve et ceux de leur famille, pour devenir, dans la plupart des cas, médecins.

La médecine est une spécialité dont la charge de travail intense et la rude pression sont bien connues de tous les étudiants. Pour y faire face, certains étudiants n'hésitent pas à recourir à tout élément pouvant booster leur performance et augmenter leur concentration, notamment en période d'examens.

En France par exemple, une étude menée en 2015 auprès d'un échantillon représentatif de 1718 étudiants en médecine, a démontré que 33% des interrogés consommaient des psychostimulants, corticoïdes en tête (4,5%), suivis du méthylphénidate et du modafinil. Par ailleurs, 29,7% prennent des produits en vente libre (boissons énergétiques, comprimés, caféine), 6,7% sur ordonnance et 5,2% des drogues illicites.

Plusieurs études un peu partout dans le monde ont montré que ces pratiques sont bien communes chez les étudiants en médecine. Cela dit, il est impératif que les différentes instances marocaines, comme les facultés de médecine, l'ordre des médecins ou même le ministère de la Santé, se mobilisent afin de faire un diagnostic sérieux de ce phénomène et déterminent la façon dont on peut lutter contre le mal-être des étudiants.

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