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Tunisie-France: Contes et réalités

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OPDA GOUYETTE
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Je me suis réveillé ce matin, après trois jours d'aÏd, consacrés au sacrifice du mouton, confiant en l'avenir, convaincu que notre pays se dirigeait vers le paroxysme de la réussite. Jusqu'à ce que je découvre que nous étions au bord de la guerre contre la France. Les signes d'une rupture annoncée sont là, implacables.

Notre souveraineté est en danger, depuis quelques temps par les binationaux, désormais rejoints par les ambassadeurs d'une France en mal de colonies allons t-on jusqu'à lire.

Le message de cette guerre que nous nous apprêtons à mener est à comprendre dans les entre-lignes des conditions de départ de l'ancien ambassadeur François Gouyette.

A la différence de son homologue de l'Union Européenne qui fut décorée à son départ, François Gouyette nous dit-on ne reçut rien, à peine une poignée de main. Parce qu'il faut punir cette France intrusive lit-on. Il n'en fallait pas plus pour la presse. Et pas moins non plus.

Tant pis pour les faits. La vérité n'a pas sa place quand on veut raconter une histoire. La vérité c'est que François Gouyette ne pouvait pas être décoré à son départ, puisqu'il a déjà été décoré Grand Officier de l'Ordre de la République tunisienne le 4 juillet 2013.

Passons également sous silence le fait que le diplôme de cette décoration lui fut symboliquement remis vendredi, jour de son départ. L'histoire qu'on veut nous raconter, c'est cette France qui nous malmène, et nous qui savons nous défendre.

Et pour rajouter un peu d'huile sur le feu du kanoun, on prend des propos sur RTL d'Olivier Poivre d'Arvor, nouvel ambassadeur, pour expliquer qu'il a une vision "djihadiste" du Tunisien qui menace la sécurité des ressortissants français.

Et tant pis si la vérité est qu'il répond au journaliste qui lui demande quelle est sa mission dans le contexte de sécurité que traverse la Tunisie. Tant pis s'il a répondu que la coopération doit être aussi et surtout économique et culturelle. Tant pis s'il rappelle que l'essentiel de sa mission est l'accompagnement du processus démocratique, et que la Tunisie "c'est la bonne nouvelle de la région".

Le conte est celui de "Gouyette puni" et "Les drôles de priorité d'Olivier Poivre d'Arvor". La réalité est un Gouyette décoré depuis trois ans déjà et un Olivier Poivre d'Arvor dont la mission nous dit-il est de consacrer le partenariat économique, culturel, éducatif et sécuritaire entre une France qui est son pays, et une "Tunisie qu'il porte dans son cœur".

La réalité Monsieur Gouyette est qu'on vous dit au revoir, et revenez quand vous voulez, car en Tunisie nous avons le sens de l'accueil, surtout envers celui qui est venu et se comporta en ami.

La réalité, Monsieur Poivre d'Arvor est qu'on vous dit bienvenue en Tunisie, car en Tunisie nous avons le sens de l'accueil, surtout envers celui qui vient avec son cœur, animé des intentions que vous avez décrites.

Et si maladresses il y a eu, et si maladresses il y aura voilà un point commun que partagent presse et politique. Allez, "boussou baadhkom" ("embrassez-vos") comme on dit en Tunisie.

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