Huffpost Tunisie mg
LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Karim Guellaty Headshot

C'est une guerre de religion

Publication: Mis à jour:
BAGHDADI
Reuters TV / Reuters
Imprimer

Il ne faut plus se mentir, c'est une guerre. Et une guerre de religion qui plus est.

Ça choque, on ne veut pas y croire, on pense que ces histoires sont derrières nous, mais non. De tout temps, l'homme pour légitimer le pouvoir auquel il prétend, utilise soit l'armée, soit la religion, soit les urnes.

Ici nous avons Daesh qui veut prendre le pouvoir en terre "d'Arabie", et attaque à tout va ceux qui luttent contre son dessein, à commencer par les musulmans eux-mêmes.

Pour légitimer ce pouvoir, Daesh politise une religion, l'islam, en le détournant de sa fonction spirituelle et justifie sa guerre en la rendant Sainte. C'est une guerre de religion car les combattants de Daesh agissent en étant persuadé qu'ils le font pour Dieu, au nom de Dieu.

Ce n'est pas nouveau, mais on pensait que c'était un temps ancien. Car en Europe, en occident, voilà bien longtemps qu'il n'y a pas eu de guerre de religion. Mais l'islam a connu ces guerres et jusqu'à récemment.

L'islam a été un levier utilisé pour les indépendances des pays musulmans. Plus en arrière, et début 1900, l'islam fut un levier pour lutter contre l'empire Ottoman, notamment en soutenant le wahhabisme contre le califat turc.

Puis les frères musulmans, qui se créent contre l'abolition du califat par l'assemblée nationale turque, contre la présence britannique en Égypte vont également se politiser sous couvert de défendre l'islam.

Ensuite, la guerre d'Afghanistan, où l'on s'est appuyé sur une fatwa wahhabite qui appelait au djihad contre l'occupant russe, communiste, donc athée. Ces mêmes wahhabites à qui on demandera une même fatwa en 1990 pour que l'armée de la coalition contre Saddam Hussein puisse stationner sur le sol saoudien. Le même Saddam Hussein qui fera marquer sur le drapeau irakien en 1991 "allahou akbar".

Daesh, par des artifices grossiers, mais qui fonctionnent, s'appuie sur cet islam là pour justifier leurs ignominies. Grossiers, car ce n'est pas ce que dit le Coran. Ça fonctionne parce que ça fait bien longtemps que des docteurs de l'islam ont fait dire au coran ce qu'ils voulaient lui faire dire.

Une guerre de religion parce que ça fait trop longtemps que cet extrémisme terroriste existe, qu'il a pu fonder une doctrine, qu'il a des penseurs, qu'il a écrit des livres, qu'il a établi des démonstrations, qu'il a une organisation et que adeptes et commentateurs lui accordent une place dans l'islam.

Ce qui amène un nouveau courant à vouloir reformer l'islam.

Oui il doit l'être si on considère que ceux là sont l'islam. Non il ne doit pas l'être si on démontre, que le Coran, texte hiérarchiquement le plus important en islam, dans sa lecture stricte, fait d'eux des mécréants.

En tout état de cause, c'est une guerre et une guerre de religion. Et une guerre de religion, on la combat par les armes si on est attaqué par les armes, ce qui est le cas, et par la théologie, si on est attaqué par la théologie, ce qui est le cas.

Sur ce dernier point, la guerre théologique contre l'extrémisme islamique, doit être mené par ceux dont on voit la religion, ceux qui considèrent qu'on détourne leur religion; les musulmans.

On ne peut pas s'en laver les mains, en disant tout simplement qu'ils ne sont pas musulmans. Car s'ils ne le sont pas, il va falloir le démontrer. A eux. C'est notre devoir.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.