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Coup de gueule

Publication: Mis à jour:
YOUSSEF CHAHED
Zoubeir Souissi / Reuters
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Quelle différence y a-t-il entre nos gouvernements post-élections 2014 et ceux de la troïka?

Si ceux d'aujourd'hui ne sont pas en effet choisis sur la base du critère du nombre d'années passées en prison, beaucoup d'entre eux ne méritent pas le poste de chefs de sections dans une entreprise publique au sein de régimes qui se respectent.

Aujourd'hui, comme du temps de la troïka, le chef du gouvernement n'est libre de ses choix que sur certains postes ministériels.Tout comme du temps de la troïka, certains ministères sont dédiés à certains partis et certains ministres sont intouchables malgré leurs incompétences criardes.

Jusqu'à quand allons nous soutenir ce gouvernement à la tête duquel Youssef Chahed fait ce qu'il peut avec une énergie hors du commun mais avec les mains liées pour prendre des décisions qu'il souhaite prendre et pour changer des portefeuilles qu'il veut changer?

Jusqu'à quand Youssef Chahed va-t-il jouer l'équilibriste alors que le pays boit chaque jour encore davantage la tasse?

Jusqu'à quand allons nous assister incrédules, à cette vision d'un pays qui prend feu région par région en y envoyant à chaque fois un groupe de ministres, stylos et calepins à la main, prendre des notes et rentrer à Tunis incapables de résoudre les problèmes et sans non plus être capables de donner des solutions? Le pays s'engouffre dans les crises et le politique ne cesse de prendre le dessus sur les intérêts suprêmes de la nation.

Jusqu'à quand Youssef Chahed va-t-il continuer à tenir compte de ces équilibres politiques et ne pas faire partir ceux qu'il sait incapables d'assumer leurs rôles ?

Chaque jour qui passe est encore un gouffre économique et social que demain nous ne pourrons combler.

Il est temps que le chef du gouvernement prenne son courage à deux mains et s'adresse au peuple pour lui dire la vérité. Pour lui dire que la Tunisie va mal, qu'il n'a pas de véritables solutions pour Tataouine, Le Kef, les accidents de trains à répétitions, la situation calamiteuse de Tunisair, l'état désastreux de nos hôpitaux, la qualité de notre enseignement qui se dégrade de jour en jour, le volume de la corruption, la mainmise de la mafia sur l'économie du pays et le déficit de notre balance commerciale.

Il doit dire son plan au peuple tunisien, ce qu'il veut faire, comment il veut le faire et qui l'a empêché d'avancer et de changer les choses.

Aujourd'hui, nous fêtons l'anniversaire de la mort du bâtisseur de la nation avec une affiche géante du président de la République à Monastir et un air Novembriste pourri.

Monastir aujourd'hui étouffe sous le poids sécuritaire et accueille une horde d'hypocrites venus de tous bords pour prendre la photo sur la tombe de celui qui doit pestiférer nombre d'entre eux.

Aujourd'hui plus que jamais, Youssef Chahed doit dire la vérité au peuple qui le soutient et lui dire qu'il est là pour servir son pays et qu'il le veut témoin et qu'il n'a de comptes à rendre qu'à lui et pas une Assemblée de députés incapables individuellement de voter en leurs âmes et consciences sans pression de lobbys et autres forces politiques.

Nous ne pouvons continuer à nous taire et voir ce pays que nous aimons tant sombrer entre les mains de la mafia, la corruption, la médiocrité et ceux qui hier ont fait la gloire de Ben Ali qui aujourd'hui sont à la recherche d'un autre qui leur fera revenir leurs privilèges d'antan.

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