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À Borhen Bsaiss

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BS
Facebook/Borhen Bsaiss
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Je voulais éviter de parler de Borhen Bssais car j'estime qu'il est de son plein droit de se reconvertir et de faire de la politique, n'étant pas personnellement adepte des règlements de comptes éternels.

Mais quand j'écoute Borhen dire que l'expérience de Nidaa Tounes mérite d'être étudiée dans les cours de Sciences Politiques, je dis à Borhen: "pourquoi frère tu cherches à chaque fois à atteindre le niveau de l'abject?"

L'expérience de Nidaa je vais te la résumer en quelques lignes mon cher ami et tu verras qu'elle fera plutôt qu'une partie de l'histoire qui n'est point reluisante et risque de polluer des étudiants ayant choisi Sciences Po.

Nidaa a été créée dans un contexte bien déterminée. N'eût été le nombrilisme des leaders du parti Al Joumhouri, Nidaa n'aurait jamais vu le jour.

Béji Caid Essebsi en roturier de la politique a compris plus vite que les autres qu'il pouvait prendre le pouvoir et damer le pion aux islamistes.

La communauté internationale ne voulait pas que la Tunisie s'islamise et tenait à ce que les islamistes gouvernent mais pas seuls.

Ils ont tout fait, à travers le dialogue national et à travers une loi électorale qui ne pouvait qu'aboutir à ce résultat, à ce que l'union se fasse.

Béji, entouré de gens de bagarreurs mena une bataille sans pitié aux islamistes mobilisant les femmes et tous ceux qui avaient peur pour les acquis de la République.

Les élections gagnées, le parti se devait d'être hérité par Hafedh son fils et la suite on la connaît.

Des violences entre les différents clans du parti, un simulacre de congrès au cours duquel le pouvoir légal du parti est passé par la case héritage, avec la bénédiction du père et du cheikh Ghannouchi venant expliquer aux congressistes de Nidaa surpris de sa présence, que la Tunisie était un oiseau a deux ailes et qu'il veillera personnellement à ce que l'une des ailes soit conservée pour le fiston.

La suite, on la connaît.

Nidaa se sépare de ses cadres les plus valeureux, Mohsen crée son parti et le parti se vide jusqu'au jour où par miracle, des recrutements en masse tout autant bizarres et dégueulasses pour la plupart, se font et finissent par apporter le désespoir le plus total à tous ceux qui ont continué à y croire jusqu'au bout se refusant de quitter le parti.

Nidaa qui avait gagné les élections et mobilisé plus de un million de femmes était enterré.

Voilà l'histoire que tu veux faire enseigner à Sciences Po cher Borhen.

Borhen que je pensais être intelligent et avait compris que quelque chose avait changé en Tunisie.
Mais non Borhen, n'a rien compris. Il est resté amer préférant la médiocrité à l'évolution du pays.

Une évolution qui aurait été bénéfique aux enfants qui fréquentent son école et qui aurait pu faire vivre ses enfants dans un environnement meilleur et une démocratie unique dans la région.

Borhen, tu préfères raisonner à court terme et être un éternel porte voix.

Dommage!

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