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D'Azouza à Alger, ma vie pérégrine d'instit (XXV): à la caserne

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GUERRE ALGRIE
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Les guérites pivotent. Leurs ouvertures sont maintenant face à la cour de la caserne. "A la douche, polissons!" vocifèrent les paras.

On me force à m'allonger sur le dos au fond d'un bassin. Trois robinets me prodiguent une eau glacée à la poitrine, au ventre et au bas ventre.

Je claque des dents, je suffoque, je gigote. Impossible de me dégager des mains du barbare qui m'immobilisent. Pendant que je me débats je me demande si ce n'est pas là le prélude à la torture pure et dure. Serai-je en mesure de la supporter ?

On me permet enfin de quitter le bassin. Je m'habille sans m'éponger-avec quoi le ferais-je?- et je rejoins ma cellule de bois.
De nouveau la position debout. Je n'arrive même plus à m'accroupir. Les crampes m'en empêchent.
A midi, on vient me sortir, de nouveau, de la guérite. Il est question de nous restaurer.

J'ignore de quel côté se trouvent les cuisines. Complètement ahuri après l'épreuve du bassin, je titube en direction de la porte de sortie de la caserne. Le para qui m'escorte m'assène un violent coup de coude qui me remet dans la bonne direction.

Le repas auquel, mes camarades et moi, sommes conviés nous est servi dans une poubelle. Nous comprenons tout de suite qu'il s'agit des restes du repas de la section : une mixture infecte de pommes de terre et de choux fleurs malodorants. Le tout est copieusement salé. Je goûte pour éviter les représailles. On n'insiste pas. On me fait réintégrer la guérite.

Me voici parti pour une nouvelle nuit d'horreur. Pour la première fois je pense à mes huit enfants et me surprends à pleurer.
Vers dix-huit trente j'entends un bruit de bottes. Ma guérite pivote sur elle-même.

"Sors de là, fissa !" jette le caporal de garde.
Je suis saisi au collet et traîné vers le bureau du Capitaine, celui-là même qui m'avait reçu la veille. Que me veut-il ?

A suivre...

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