Huffpost Maghreb mg
Kabil Daoud Headshot

Afek Tounes: Pourquoi un nouveau parti?

Posted: Updated:

Après près d'un an et demi auprès d'Al Joumhouri, nous avons décidé de reprendre l'aventure Afek. Et je pense que ça mérite une explication. Nous voulons nous orienter vers l'avenir et vers ce que nous pouvons faire pour notre pays.

Sur des bases solides

Mais il faut faire un état des lieux du passé, pour pouvoir apprendre de ses erreurs et consolider ses réussites; et pour construire l'avenir sereinement, sur des bases solides.

Al Joumhouri a été créé sur la base du rêve de l'union de l'opposition par la fusion. Ce renforcement était nécessaire pour l'avenir démocratique du pays. Ce projet était l'espoir des démocrates et tout le monde nous soutenait. D'ailleurs, plusieurs personnalités politiques voulaient rejoindre le projet de Beji Caid Essebsi et lui-même leur recommandait à l'époque de rejoindre Al Joumhouri, car c'était là qu'était leur place, c'était là que devait se faire regroupement.

J'ai identifié trois freins à la réussite de ce projet:

  • Le déroulement du congrès du PDP, qui c'est soldé par une scission profonde menant à la démission de 60 % de ses députés et d'un grand nombre de ses cadres. Un projet de regroupement qui commence par une scission de cette ampleur perd beaucoup de sa crédibilité.
  • Une communication floue et inconstante, qui n'a pas été capable de combler le coup donné par le faux départ du congrès.
  • Une vision de la politique et des objectifs politiques trop différents entre les divers groupes composant Al Joumhouri.

L'expérience Al Joumhouri n'a pas atteint ses objectifs, mais il n'en demeure pas moins qu'elle était riche en apprentissage et en enseignements. Ces deux années au sein d'Al Joumhouri nous ont également permis de faire la connaissance d'une génération de militants pour qui j'ai un profond respect, et parmi lesquels j'ai noué des amitiés profondes que je sais durables.

Beaucoup de gens viennent vers nous depuis notre sortie pour nous demander ce qui n'allait pas. Ils s'attendent à ce que nous attaquions Al Joumhouri et ses membres. C'est ne pas comprendre les liens qui nous ont unis, et c'est ne pas comprendre la nature des militants d'Al Joumhouri. Même si nous avons eu de nombreux différents, parfois radicaux sur les positions et choix politiques, nous n'avons jamais eu le moindre doute que tous ces choix étaient guidés par un seul et unique objectif : le bien de la Tunisie.

Mais comme nous pensons que d'autres choix sont plus justes et plus en phase avec les besoins de notre pays, nous avons pris nos responsabilités et avons démissionné.

Fait par et pour les jeunes

Après mûre réflexion, nous avons décidé de reprendre l'aventure Afek Tounes. Car l'esprit Afek Tounes est resté vivant, il est resté vivant en nous, mais aussi dans le pays. Nous n'avions pas compris, après l'élection, pris dans la tourmente des résultats si faibles des progressistes, à quel point cet esprit était fort. Nous n'avions pas vu l'ampleur de la réussite que représentait, pour un parti qui venait de naître, l'obtention de 80000 voix et 4 élus.

Nous avons aussi réalisé que le mode de fonctionnement des partis classiques ne laisse pas la place aux jeunes et aux compétences, et ne leur permet pas de réaliser pleinement leur potentiel. Ils sont relégués à un second rang, et on considère qu'ils sont ignorants des réalités politiques.

Du coup, d'après les sondages, plus de 50 % de nos compatriotes n'ont pas l'intention de voter lors des prochaines élections. Ce pourcentage atteint le score effrayant de 90 % pour les jeunes. Hors une rapide observation du paysage politique tunisien ne laisse pas de doute quant au fait qu'ils sont l'espoir de la Tunisie, et que c'est à travers eux que nous réussirons.

Un de nos défi est donc de créer un parti fait par et pour les jeunes et les compétences, et ou ceux-ci pourront enfin donner tout ce qu'ils ont dans le ventre et montrer tout ce dont ils sont capables. Et nous savons qu'ils sont capables de réaliser l'impossible.

L'esprit d'Afek Tounes est resté vivant, et nul n'est venu le remplacer pour répondre à cette attente. Celle d'un parti qui articule toute sa politique autour de la place fondamentale que doivent avoir les jeunes et les compétences aux différents postes de responsabilité si nous voulons permettre à notre pays de prendre son envol.

Les cinq piliers d'un édifice durable

Aujourd'hui, nous reprenons le travail. Sans nous presser, sans compromis, de façon méthodique, nous allons travailler dur à trouver les solutions pour permettre à notre pays de se développer. Tous ensembles, nous ne comptons pas les sacrifices personnels pour arriver à cet objectif: le salut et le développement de la Tunisie.

Avec la liberté, l'égalité, la responsabilité, la solidarité et l'intégrité comme valeurs, les cinq piliers autour desquels reposera la construction de notre nation, reposant sur la jeunesse et la compétence comme fondations, nous sommes persuadés que nous pourrons construire un édifice solide et durable, celui de la Tunisie dont nous rêvons.

Ce rêve est celui d'une Tunisie moderne, dynamique et juste. C'est un parcours ambitieux, difficile et semé d'embûches, mais nous nous devons de le réaliser. Nous le devons à nos parents et à nos grands parents qui ont pavé ce chemin avant nous, et nous le devons à nos enfants et nos petits enfants qui le suivront après nous.

Nous devons offrir ce rêve à tous ceux qui veulent y croire, à tous ceux qui pensent que c'est dans ces valeurs que se trouve l'avenir de notre patrie.