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8 raisons pour lesquelles il faut que j'arrête de couver mes enfants

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Images By Tang Ming Tung via Getty Images
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C'est difficile de voir son enfant échouer quand on sait qu'il suffirait de lui donner un petit coup de pouce pour que tout s'arrange. De mourir d'envie d'aller l'aider quand il galère, tout en sachant pertinemment que cela lui fera plus de mal que de bien sur le long terme. J'ai donc décidé qu'il était temps d'arrêter de tout faire pour mes filles. Que ce soit pour des broutilles ou des choses plus importantes du quotidien, je vais m'efforcer de rester en retrait afin de leur donner une chance de se débrouiller toutes seules.

1. Quand elles laissent leur linge sale par terre dans la salle de bains ou leur bol sur la table du petit-déjeuner. Bien sûr, c'est plus facile de ranger à leur place. Et, si elles sont déjà couchées, j'ai des scrupules à tout laisser en plan. Mais qu'est-ce que je leur apprends? Que ce n'est pas un problème de laisser traîner les choses. Alors que ça l'est.

2. Je suis adepte du "c'est déjà ça". Malheureusement, je suis devenue un peu trop laxiste avec mes filles. Par exemple, je culpabilise quand je leur demande de ranger leur chambre, alors je me contente de peu. J'évite de regarder sous le lit, même si je suis sûre que c'est le bazar, parce que je veux leur rendre la tâche moins pénible. Mais je ne leur rends pas service pour autant.

Quand mes enfants ont un problème, j'ai envie d'intervenir ou, du moins, de leur dire précisément ce qu'il faut faire.

3. Il faut que j'apprenne à ne plus monter sur mes grands chevaux quand un de leurs profs m'envoie un mail pour me dire que ma fille rencontre des difficultés dans telle ou telle matière. Mon instinct me pousse à réagir comme une mère poule. Heureusement, la nuit porte conseil. Le prof ne cherche pas à rabaisser ma fille; il essaie simplement de l'aider à réussir.

4. Je prends automatiquement la défense de mes filles. Difficile de faire autrement! On a beau savoir que nos enfants ne sont pas parfaits, on se sent offensés si nos bouts de chou ont des problèmes avec leurs amis ou à l'école. Pourtant, ils peuvent avoir leur part de responsabilité. Alors, il faut que j'arrête de jouer les Wonder Woman avant de connaître toute l'histoire.

5. Trouver que tout ce que font mes enfants est génial. Et le leur dire! On a tous des domaines de prédilection. Il en va de même pour les enfants. Féliciter un travail médiocre ne fera que décrédibiliser les compliments que nous leur adressons pour leurs véritables exploits. Il faut aussi que j'arrête de m'extasier devant la moindre petite chose.

6. Régler leurs problèmes à leur place. Quand mes enfants en ont un, j'ai envie d'intervenir ou, du moins, de leur dire ce qu'il faut faire. Mais je commence à penser que les obliger à trouver eux-mêmes une solution les aide davantage à se responsabiliser, prendre confiance et faire preuve d'ingéniosité.

7. Faire leurs lacets et toutes ces choses qui nous permettent de partir plus rapidement. Bien sûr, je le faisais lorsqu'elles étaient plus jeunes, mais même aujourd'hui, il m'arrive de faire leur sac à leur place lorsque nous sommes pressées. Elles n'apprendront jamais à se préparer rapidement si elles n'ont pas l'occasion d'essayer.

8. Faire un crochet par l'école pour leur apporter ce qu'elles ont oublié. Lorsque je leur dis quatre fois de prendre un pull et qu'elles l'oublient en partant, je me dis qu'une récré dans le froid est peut-être le meilleur moyen de leur rafraîchir les idées. Si une de mes filles oublie son devoir de science qu'elle doit rendre le jour même, dois-je le lui apporter? Je sais que j'en ai très envie, mais qu'est-ce qui la marquera le plus? Avoir une bonne note, ou apprendre à être responsable de ses affaires?

C'est compliqué de voir ses enfants échouer sans intervenir, surtout quand on peut facilement les tirer d'affaire. Difficile de les voir patauger alors qu'il serait tellement plus facile de faire les choses à leur place. Mais il est temps pour moi de me mettre un peu plus en retrait, d'arrêter de les surprotéger et de les laisser échouer, encore et encore. Jusqu'à ce qu'elles réussissent d'elles-mêmes.

Ce blog, publié à l'origine sur le HuffPost canadien, a été traduit par Typhaine Lecoq-Thual pour Fast For Word.

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