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Afrique, lève-toi ! Nous n'avons pas un instant à perdre

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Aujourd'hui, c'est une génération entière qui a grandi et a atteint l'âge adulte depuis que le premier cas de VIH a été détecté. La route fut longue depuis cette époque de désespoir où nous étions certains que cette épidémie allait détruire nos familles, nos pays et notre continent. Pourtant, nous sommes toujours là et il ne faut y voir aucune coïncidence ni aucune manifestation du hasard, mais bien le fruit de la communauté mondiale que nous avons formée et qui a refusé de laisser les générations futures connaître le même sort qu'un trop grand nombre de nos amis, de nos parents, de nos frères et de nos sœurs. Ensemble, en tant que partenaires internationaux, nous avons commencé à vaincre cette épidémie.

Dans notre pays, nous n'avons ménagé aucun effort pour protéger, soigner et défendre les enfants, les mères et les familles infectés par le VIH et touchés par le sida. Ce labeur mené collectivement nous a aidés à réduire de moitié le nombre de nouvelles infections à VIH, à offrir une couverture de 82 pour cent en traitement antirétroviral pour toutes les personnes vivant avec le virus et à multiplier par six le dépistage parmi les jeunes femmes, qui ne concernait qu'une dizaine de pour cent d'entre elles en 2005 contre près de 60 pour cent en 2010.

La communauté s'est engagée et s'est approprié cette thématique, ce qui nous a permis de former 45 000 agents de santé communautaires à l'échelle du pays (3 par village). Ils sensibilisent la population au VIH et lui apprend à le prévenir, à se faire dépister et à observer les traitements. D'une manière plus générale, les agents de santé communautaires proposent également une sensibilisation à la nutrition et aux soins de santé maternels et infantiles et fournissent des conseils généraux en matière de santé. Ils garantissent également la continuité des interventions entre les établissements de santé et la communauté et contribuent à améliorer l'accès aux services pour les populations mal desservies. Les progrès que nous réalisons dans la lutte contre le sida en Afrique ont ceci de beau qu'ils servent de ferment au développement de l'ensemble des systèmes de santé de notre continent.

Vaincre une bonne fois pour toute le sida est une tâche que d'aucuns jugeront redoutable, voire impossible, mais elle sera d'autant plus facile si elle s'appuie sur des dirigeants responsables et des partenaires engagés. Or, nous avons la chance d'avoir les deux : des dirigeants résolus à tout mettre en œuvre pour améliorer la vie de leurs concitoyens et des partenaires de développement comme le Fonds mondial qui soutiennent notre combat contre le sida, la tuberculose et le paludisme en apportant des ressources essentielles tout en nous aidant à renforcer nos systèmes de santé nationaux.

Cette semaine, les dirigeants de la planète se réunissent à Washington dans le but de lancer les promesses de financement pour les trois prochaines années, l'objectif étant de venir à bout du sida, de la tuberculose et du paludisme avec l'appui du Fonds mondial. Les progrès époustouflants que nous avons accomplis en Afrique dans la lutte contre ces trois maladies n'auraient jamais été possibles sans la solidarité mondiale qui s'est manifestée au travers du soutien international solide en faveur du Fonds mondial, un soutien qui, je l'espère, se maintiendra dans les prochaines années. Nous devons néanmoins admettre que c'est à nous qu'il revient au final d'assurer un avenir pérenne à la santé des citoyens de notre continent. Nous devons assumer notre part des responsabilités en développant nos économies et en allouant davantage de moyens propres à la santé.

En tant que Rwandais et en tant qu'Africains, nous avons la ferme intention d'être la génération dont on dira plus tard qu'elle a vaincu des maladies qui faisaient peser une menace sur notre existence collective. Nous devons tout mettre en œuvre pour consolider les progrès accomplis et veiller à ce que notre engagement assure l'avenir de la santé en Afrique. Le pire est derrière nous. Nous savons désormais comment prévenir, traiter et prendre en charge ces maladies. Nous devons passer à la prochaine étape, maintenant!

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