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Urgent, les Marocains sortent du coma de la hogra!

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AL HOCEIMA
Youssef Boudlal / Reuters
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SOCIÉTÉ - En très peu de temps, la société marocaine a connu une transformation et une mutation rapide. Le Hirak du Rif, le viol individuel et collectif, l'assassinat du café de Marrakech, le drame d'Essaouira, l'agression des enseignants, l'affrontement dramatique entre migrants subsahariens et Marocains, ont tous un point commun: les Marocains s'entretuent devant le public et sous l'œil des caméras et des smartphones.

Ceci n'est pas commun aux crimes qui se font à l'abri des yeux, par peur d'être repérés. Non, ce qui se passe actuellement dans la société marocaine se fait au vu et au su de tous: "le message est clair"!

Longtemps, le Marocain a vécu dans un coma, comme un enfant encore chez ses parents, pensant que le monde entier vivait dans les mêmes conditions que lui. Mais arrivé à l'adolescence, il veut reprendre les commandes de sa vie et avoir son indépendance. Il sort dehors, acquiert la technologie et se rend alors compte que sa tutelle lui mentait durant son enfance, en le laissant dans son coma de la hogra*.

Il réalise que d'autres vivent autrement et plus dignement que lui, se met en colère et se venge de sa tutelle en frappant tous les symboles sociaux sacrés! Il se retrouve alors apeuré au sein d'une maison en cours d'effondrement et n'a pas, durant son enfance, acquis les outils de citoyenneté, de responsabilité, de ses devoirs et de ses droits, et ne peut de ce fait reconstruire la maison.

Il décide ainsi d'accélérer sa démolition afin d'en construire une nouvelle. Il ne veut plus rester dans son coma, c'est une urgence pour lui et il n'a plus de temps à perdre pour apprendre ou amener des professionnels (en qui il a perdu toute confiance) pour l'aider.

Seulement, lors de toute mutation, et c'est une loi naturelle, nous assistons à deux forces qui s'exécutent instantanément: une force destructrice et une force constructrice. Dans notre situation actuelle, la force destructrice va plus vite que la constructrice et les Marocains sont donc en train de paniquer!

Ils paniquent car pendant longtemps, la tutelle (parents et écoles) n'a pas muni les enfants marocains du sens d'appartenance sociale et des outils nécessaires pour construire et participer au changement de la société. Ils n'ont pas appris le sens de servir la société, et ce n'est par conséquent pas de leur faute s'ils agissent ainsi!

Si la force constructrice n'accélère pas pour dépasser la destructrice, nous allons tous nous retrouver ensevelis sous l'amas de débris de l'effondrement. À l'heure actuelle, nous sommes devant une urgence: qu'une équipe de sauvetage se forme afin de mettre en place un programme de construction dans lequel petits, grands, vieux, femmes et hommes, main dans la main, s'approprient ce programme et se mettent ensemble à développer cette force de construction sociale!

*MĂ©pris

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