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Six partis au gouvernement... Reste à concocter un programme

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OTHMANI
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POLITIQUE - Après plus de cinq mois de tractations entre les dirigeants des partis politiques pour la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale, non pas à cause de divergences sur un programme à mettre en œuvre par le prochain exécutif, mais sur la question des formations politiques devant constituer la majorité, le chef du gouvernement désigné, Saad Eddine El Othmani, a finalement accepté ce que son camarade, le secrétaire général du Parti justice et développement, Abdelillah Benkirane, a persisté à rejeter jusqu'à sa révocation par le roi.

Saad Eddine El Othmani, dont la désignation par le souverain est intervenue dans le strict respect de l'article 47 de la constitution pour mettre fin au blocage dans lequel s'étaient empêtrés son prédécesseur et le président du Rassemblement national des indépendants, Aziz Akhannouch, particulièrement sur la question de la participation de l'Union socialiste des forces populaires, a annoncé, samedi, la constitution d'une nouvelle majorité. Celle-ci est composée des partis de la Justice et du Développement, du Rassemblement national des indépendants, de l'Union constitutionnelle, du Mouvement populaire, de l'Union socialiste des Forces populaires et du Parti du progrès et du socialisme, affirmant, devant la presse, que celle-ci formera "un gouvernement dont la composition sera efficace et efficiente et reflétera les grandes priorités de l'étape actuelle".

La question du programme gouvernemental semble, une fois encore, avoir été reléguée au second plan. Elle a été confiée à une commission issue des six partis concernés, comme si ces derniers partagent la même vision et proposent des approches conciliables pour mener les réformes annoncées par El Othmani, lors de sa conférence de presse, lesquelles restent d'une généralité absolue: "la réforme de l'administration, la promotion de la qualité de la santé et de l'éducation, l'emploi, la lutte contre la corruption et d'autres chantiers importants".

La question des programmes ne semble pas encore préoccuper les dirigeants de nos partis politiques, alors que dans toutes les démocraties c'est sur et autour de projets social, économique et politique clairs que se créent les formations politiques, se font et se défont les coalitions. C'est le programme de gouvernement qui devait normalement constituer le fond du débat politique et dégager une majorité cohérente et une opposition forte. Malheureusement, ce n'est pas encore le cas chez nous.

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