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La coalition gouvernementale à l'épreuve d'elle-même... déjà

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SAAD EDDINE EL OTHMANI
PJD/Facebook
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POLITIQUE - Constituée de six partis politiques, la nouvelle coalition gouvernementale a donné naissance à un exécutif dont l'assise parlementaire est, à première vue, des plus larges. Et diront certains, des plus confortables. Mais en réalité, elle l'est seulement en apparence. Pour preuve, les critiques des uns et des autres de la majorité ont d'ores et déjà commencé à s'exprimer au grand jour avant même que les choses sérieuses ne commencent.

Chose inhabituelle, les distances entre le gouvernement et les partis le composant ont commencé alors même que le programme du gouvernement n'a pas encore été voté par les parlementaires. Le premier à sortir des rangs a été Abdelilah Benkirane, l'ancien chef du gouvernement et secrétaire général du PJD qui conduit le gouvernement.

Lors de sa réunion avec les groupes parlementaires de son parti, Benkirane n'est pas allé de main morte dans ses critiques contre le technocrate devenu ministre de l'Education nationale sous l'étiquette du Mouvement Populaire, Mohamed Hassad, qu'il a accusé de jouer avec le feu et d'aller un peu trop vite en besogne en recevant l'Association des enseignants de philosophie et, surtout, en s'engageant à revoir le contenu des manuels de l'éducation religieuse jugé comme dénigrant la philosophie.

Le chef du parti de la lampe est allé même jusqu'à appeler ses parlementaires à interpeller Hassad sur sa démarche et à être aux aguets pour la suite des décisions de l'exécutif que dirige un des leurs, Saad Eddine El Othmani. Un appel, en fait, aux parlementaires PJDistes à jouer pleinement leur rôle de contrôle du gouvernement et à ne pas dormir sur leurs lauriers.

L'autre sortie a été celle du porte-parole de l'Union Socialiste des Forces Populaires, Younès Moujahid, qui a tenu à tracer la frontière entre son parti et le PJD.

Dans une interview au quotidien Assabah, Moujahid a explicitement affirmé que "le PJD n'est pas un allié" bien que le gouvernement auquel participe l'USFP est dirigé par le parti de Benkirane. Pour lui, chaque parti politique de la majorité gardera tout naturellement sa liberté d'appréciation et d'action vis-à-vis des autres formations composant l'exécutif.

Faut-il en conclure que la coalition gouvernementale ne tiendra pas la route pour longtemps? Le débat au parlement sur le programme gouvernemental en fournira certainement, dans quelques jours, un début de réponse.

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