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Un Tunisien chez l'Oncle Sam: Hollywood tel que je l'ai connu

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Pour un cinéphile dont la culture est pétrie de cinéma hollywoodien, comme pour un spectateur lambda ayant eu forcément l'occasion de voir quelques grands films de ce cinéma légendaire, visiter la Mecque du cinéma relève, comme dans la catégorie psychologique des rêves infantiles, de la concrétisation d'un désir refoulé, longtemps différé; et même si le spectacle du décor du Faucon maltais ou du Bates Motel est noyé dans le circuit commercial encadré par le movie show business et ses dollars, il demeure quelque chose de mythique, une parcelle de sublime que rien ne pourra jamais effacer.

Fraîchement débarqué à Hollywood, le visiteur cherchera d'abord fébrilement - car quel visiteur ne l'est pas aux approches de l'immense movie town?- les signes, les symbole du cinéma: d'abord les grandes lettres qui, comme neuf géants bienveillants, semblent garder la ville des hauteurs arides où ils sont plantés; puis ces étoiles qui semblent tombées du haut de leur firmament de rêve pour orner les deux longs trottoirs du Walk of Fame, cette voie lactée des stars.

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Monter la colline afin d'atteindre le Hollywood Sign n'est pas une mince affaire. Pour y accéder, en effet, on doit traverser un labyrinthe d'étroits chemins dont les riverains, sans doute excédés par le flot incessant de touristes en quête de souvenirs, ont fini par obtenir une interdiction d'accès, ou qui se sont arrangés pour les rendre impraticables.

La colline du Hollywood Sign, protégeant un petit lac, entouré d'une forêt où gambadent les biches, est d'ailleurs classé monument national et, en tant que tel, ultra protégée. Seuls de rares espaces, relativement exigus, permettent un bref arrêt aux conducteurs désireux de prendre des photos. À l'origine, ces signes étaient destinés à promouvoir une opération immobilière "Hollywood Land" dont les lots mis en vente s'étendaient sur la colline. Avec le temps, on a fini par retrancher le "land" et à ne garder que les 9 lettres de "Hollywood". C'est alors que l'endroit, particulièrement escarpé, servit de lieu de prédilection aux nombreux candidats au suicide parmi les ratés et les déboutés des studios. Pour mettre fin à l'hécatombe, l'endroit a été enfin complètement isolé par des barrières infranchissables.

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Descendons maintenant vers l'incontournable Hollywood Boulevard dont une grande partie est entièrement consacrée au mythe du spectacle autour du Chinese Theater, la salle de cinéma la plus célèbre de la planète qui, telles des reliques d'un temple, expose sur son parvis les empreintes des mains, voire des lèvres -c'est le cas de l'esquisse de celles de l'espiègle Marilyn- des grandes stars. Un des passe-temps favoris du touriste est de parcourir les deux trottoirs du boulevard pour identifier les étoiles en mosaïque immortalisant les vedette du cinéma, de la chanson ou du jazz. Ces étoiles du Walk of Fame sont bien trop nombreuses pour qu'on puisse les compter et parfois suffisamment originales pour qu'on y trouve, à côté de Bing Crosby et de Greta Garbo, Donald Duck, Tarzan et même Godzilla!

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Hormis ces musts du tourisme hollywoodien, on peut bien sûr visiter toutes sortes d'expositions sur le cinéma, du Hollywood Museum au Hollywood Wax Museum en passant par le Madame Tussauds Hollywood et ainsi de suite...

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Mais pour mieux sentir Hollywood et entrer en phase avec son monde onirique, la ville offre la merveilleuse opportunité de visiter les studios. En ce qui nous concerne, nous choisîmes deux visites d'un genre différents: les Warner Bros Studios et Universal City.

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Extrêmement pédagogique, la visite des studios Warner est encadrée par un excellent guide qui vous fait traverser, dans un mini-train électrique, un circuit qui vous fait découvrir différentes phases de la réalisation d'un film . D'abord, les grands décors de rue où l'on se trouve plongés dans les dédales d'une petite ville américaine avec ses maisons peintes, ses magasins, son église, etc. Mais il ne s'agit, dans tous les cas, que de façades en bois et d'intérieurs en carton-pâte; seuls les trottoirs et les chaussées sont asphaltés. On reconnaît quelques fois des coins de rues qu'on a observé dans un film ou une série télévisée.

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Le guide vous emmène ensuite à l'intérieur d'un grand bâtiment, l'un des studios proprement dits, pour observer comment se filme une scène d'intérieur, avec tous les détails pour saisir la fonction de chaque membre de l'équipe de tournage. Nous eûmes droit au décor de Friends, à la grande satisfaction de la plupart des visiteurs. Après une visite d'une attraction consacrée aux personnages, costumes et maquettes de Harry Potter et des Super Héros, dont les impressionnants véhicules de Batman constituent le clou, nous nous perdîmes avec bonheur dans le grand magasin des accessoires du studio, véritable caverne d'Ali Baba, où par milliers, toutes sortes d'objets sont scrupuleusement rangés sur une infinité de rayons, du fer à repasser aux statuettes, en passant par les armes et les meubles. L'ensemble est numéroté et porte avec précision le prix de sa location journalière. C'est lors de cette visite que j'ai appris que dans les studios, les accessoires étaient destinés à être loués pour les besoins des films et des séries. La visite se termine, business oblige, dans un magasin de souvenirs, où l'on peut acheter toutes sortes de sous-produits, dans la commercialisation desquels, les Américains sont passés imbattables.

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Le spectacle est autrement plus impressionnant, et pour tout dire grisant, dans les célèbres studios Universal dont le nom est trompeur dans la mesure où ce qui est présenté au visiteur c'est moins le lieu du tournage proprement dit que des attractions gigantesques, thématiquement axées sur le cinéma.

On accède à cet immense parc d'attractions après avoir sagement parqué son automobile dans un des trois parkings géants qui encadrent l'entrée du parc et qui ont pour noms: le parking Curious George, le parking Jurassik et le parking Frankenstein. Comme c'est souvent le cas dans les grandes infrastructures de loisir aux Etats Unis, on doit d'abord traverser un long et large Universal City Walk, qui est en fait une grande promenade commerciale, avant d'atteindre le fameux globe qui marque l'entrée des Universal Studios. Les attractions proprement dites sont toutes aussi intéressantes et sensationnelles les unes que les autres. On vous conseillera de commencer par emprunter le mini-train qui vous promènera pour commencer à travers les pâtés des studios historiques dont la superficie totale s'étend sur 16000 m2; vous aurez ensuite droit à une forte dose d'adrénaline dans les décors de Tremblement de terre, des Dents de la mer et vous subirez d'impressionnantes inondations avant de passez au plus grand manège 3-D du monde pour une rencontre à 360 degrés avec King Kong, pour finir dans un grand spectacle final inspiré de Fast And Furious.

Et ce n'est qu'un avant-goût de ce qui vous attend puisque vous aurez ensuite le loisir de tester quelques-unes des attractions qu'une seule journée ne suffira pas à les parcourir toutes. C'est ainsi que rien que le Wizzard World of Harry Potter propose à des enfants charmés, dont les parents ont pris la peine, à coups de dollars, d'habiller pour la circonstance en petits mages et petites sorcières, huit attractions dont le Flight of the Hippogriff, le Frog Choir et le Harry Potter and the Forbidden City.

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Une nouvelle attraction fusionnant des images HD en 3-D, une technologie sophistiquée de simulation de vol et des effets spéciaux et physiques d'avant-garde, Transformers-The Ride, offre une idée sur les grands moyens placés dans les attractions du futur.

Tandis que The Revenge of the Mummy-The Ride, Jurassik-Park-The Ride et Shrek vous plongent corps et âme dans l'univers magique de ces films, The Walking Dead Attraction vous propose un chemin à frayer à travers des hordes cauchemardesques de morts-vivants affamés.

Dans Animal Actors, un théâtre est aménagé dont les comédiens, les animaux savants qui jouent dans les films et à la télé qui vont du chat et du chien débonnaires, au raton laveur et au hibou grand-duc, et Water World, comme au temps des amphithéâtres romains, vous offre un exceptionnel combat naval, conçu par les meilleurs artificiers des studios, avec comme clou du spectacle, un avion arrivant d'on ne sait où, qui s'écrase dans l'immense plan d'eau faisant office d'arène et d'océan.

En définitive, on ne peut que sortir pleinement satisfait des studios Universal, avec cette impression, qu'on a toujours eue ici, d'en avoir eu pour son argent et que si les Américains ont le sens et le goût du spectacle, ils ont aussi le sens du commerce et s'attachent, quel que soit le produit qu'ils commercialisent, à satisfaire le client.

C'est un peu sur cette impression de satisfaction mêlée d'émerveillement qu'on a quitté le pays de l'oncle Sam, en songeant qu'au fond, ce pays détesté par beaucoup, gagnerait à être découvert et que les Américains, au-delà du bien et du mal qu'ils font ou qu'ils pourraient faire au reste du monde, auront toujours quelque chose à dire aux autres peuples.

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