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Un Tunisien chez l'Oncle Sam: Las Vegas, ville-mirage

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Nos pérégrinations américaines vont cette fois se partager entre la nature (Zion national park, Death Valley, Sequoïa park) et une ville mythique: Las Vegas.

Une excellente formule pour visiter les parcs nationaux américains réside dans l'acquisition d'un pass permettant, pour la modique somme de 80 dollars par an, et pour une voiture, quel qu'en soit le nombre de passagers, d'avoir un libre accès à tous les parcs du territoire fédéral. Cette possibilité donnée à tout citoyen -mais également à tout visiteur étranger- de jouir de la nature grandiose de ce pays, est certainement l'une des plus grandes réalisations du service public américain. Une armée de rangers souriants et serviables, mais inflexibles dès que le visiteur commet une infraction, gère ces immenses espaces dans lesquels les parcours sont impeccablement balisés et à l'entrée desquels une petite agglomération de services est aménagée.

Dès que nous avions accédé à chacun des parcs que nous avions visités, un "visitor center" était là pour nous procurer toutes les informations nécessaires sur ce lieu, les circuits de visite et de randonnées qu'il offrait, les consignes de sécurité et les informations relatives à la faune, la flore et la géologie. Un musée et toutes sortes de services sont là pour répondre à tous les besoins. C'est dans cette organisation exemplaire que la grande force des Américains nous semble résider.

Notre étape suivante était donc le Zion National Park auquel on accède par la ville de Hurricane en empruntant l'agréable route qui se déroule le long de la Virgin River. L'essentiel de ce parc se concentre dans le Zion Canyon, qui offre la beauté de ses paysages sur 20 kilomètres de long, desservis par une navette, comme c'est le cas de tous les parcs nationaux américains, avec plusieurs stations aux noms souvent bibliques ou indiens (Court of Patriarches, Temple of Sinawara...).

zion

Si Zion vaut par ses paysages sublimes, c'est aussi un sanctuaire pour une faune riche et variée, que plusieurs panneaux didactiques, ainsi qu'une abondante documentation, disponible dans le visitor center ou en vente dans l'incontournable librairie, présentent et décrivent à la perfection: 69 espèces de mammifères, 208 oiseaux, 29 reptiles, 6 amphibiens et 9 poissons! Le lion des montagnes (puma), ainsi que le desert bighorn sheep (mouflon américain) sont particulièrement choyés mais invisibles pour le commun des mortels. On choisit les différents trails, ou chemins de randonnées, en fonction de sa condition physique et du temps dont on dispose et il n'est pas rare de rencontrer un(e) park ranger dont le rôle est simplement de vous renseigner sur tous les éléments qui composent le paysage que vous traversez.

En dehors de l'administration et des rangers, une foule de volontaires et d'associations participent à la préservation du parc et à l'éducation du visiteur. Ainsi, à titre d'exemple, la Zion Natural History Association, qui possède son équivalent dans tous les parcs américains, gère le Zion Canyon Field Institute, organise des treks éducatifs et encadre et soutient les travaux de recherche des étudiants dans le parc. Elle publie des brochures et des livres et a pour belle devise: "Educate-Inspire-Connect". C'est dans ces exemples, si nombreux dans le pays, que réside une Amérique positive, intelligente et digne d'admiration.

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En choisissant de passer brutalement des splendeurs naturelles de Zion Park aux grandeurs artificielles de Las Vegas, nous avions voulu vivre le contraste américain tel qu'on l'avions prévu et nous ne fûmes pas déçus dans nos attentes.

L'arrivée à Las Vegas se fit après une longue route à travers le morne désert du Nevada et cette arrivée fut pour le moins désagréable.

La ville est bâtie en plein désert, autour d'une longue avenue, dont le nom courant "The Strip" traduit suffisamment bien sa configuration. Les cours parallèles au Strip portent ici les noms évocateurs des artistes qui ont fait les beaux jours de Las Vegas: Frank Sinatra, Dean Martin...

C'est au bord de ces voies que s'élèvent les hôtels-casinos aux noms prestigieux et à l' architecture excentrique: le "Luxor", dont la gigantesque pyramide est faite de verre teinté sombre afin de refléter l'intensité des rayons du soleil désertique, et qui arbore sur son parvis un sphinx et un obélisque, le "New-York New-York" avec sa réplique de la Statue de la Liberté, le "Bellagio" avec ses immenses fontaines musicales, dont on dit qu'elles sont les plus grandes et les mieux réglées de l'univers, le "Paris Las Vegas" avec sa tour Eiffel, le "Circus Circus", dont l'entrée est sous forme de chapiteau et sous le toit duquel des spectacles de trapèze sont donnés, le "Venice", qui abrite une Venise artificielle, jusqu'à ses canaux et ses gondoles et dont l'immense plafond développe un curieux ciel d'azur en trompe l'œil...

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Nous avions réservé au "Caesars Palace" mais nous mîmes un temps fou à l'atteindre, attendu que le visiteur moyen ne peut y accéder que par le parking, géant comme il se doit, qui lui-même ne se présente qu'une fois longé le parking du personnel, occupant à lui seul, un gigantesque building! Mais à Las Vegas, il ne faut s'étonner de rien.

Si les hôtels-casinos géants sont regroupés et présentent une sorte d'itinéraire thématique (Egypte ancienne, Renaissance italienne, Paris, etc.), à côté, le "downtown" constitue le quartier historique de la ville où ont été bâtis les premiers casinos de l'Etat du Nevada, autour de Main Street et de Fremont Street: le "Vegas Club", le "California"...

On sait que cette ville est un immense parc d'attractions où tout est dédié au jeu et où tout est fait pour vous délester du plus de dollars possible, mais on sait moins, et nous en eûmes l'expérience plus ou moins agacée, que tout est aussi rationnellement organisé pour vous vider les poches.

Ainsi ne peut-on accéder à la réception de son hôtel qu'après une longue traversée obligée du casino où les tables de jeu et les machines à sous rutilantes vous invitent au jeu. La tentation y est doublée par la présence d'une nuée de serveuses avenantes qui vous offrent la boisson de votre choix, à titre gracieux, dès que d'invisibles observateurs remarquent que vous commencez à vous installer pour jouer. Ici, tout le monde vient jouer, mais on est "libre" de jouer la somme qu'on veut; il y a des jeux pour toutes les bourses et on a vu dans les quelques casinos qu'on a visités, des dames, dont les toilettes valent des fortunes, côtoyer des ménagères qui se délassaient en jouant quelques dollars, en rentrant des courses. C'est sans doute là l'un des effets les plus vérifiables de la démocratie américaine qui puisse s'offrir aux yeux du voyageur.

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C'est aussi un peu cette même sensation que procure une baignade dans l'une des sept piscines à décor de péplum, disposées en enfilade, du "Caesers Palace", où les baigneurs, en petite tenue, se retrouvent dans la même situation égalitaire que les anciens Romains dans leurs thermes; les fondateurs de cet hôtel aux 5000 chambres n'ont-ils pas déclaré à la fin des années 50 que, chez eux, tous les clients devaient se sentir des césars?

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Mais Las Vegas n'est pas que luxe, vacarme et volupté, une ville où il fait bon s'amuser sans entraves, survoler la nuit une cité aux mille lumières, ou dîner dans le restaurant tournant tout en haut de la Stratospher Tower, si joliment appelée "Top of the world", c'est une ville qui abrite de nombreux musées et galeries d'art: la Gallery of fine arts, le Guggenheim Hermitage Museum, le Guiness World of Record Museum et puis, n'oublions pas qu'on est en Amérique, l'Imperial Palace Auto Collection.

Ville étonnante, Las Vegas peut passer pour un paradis pour les joueurs et les amateurs de clinquant, dans laquelle les machines à sous ne sont pas que dans les casinos, puisqu'on en trouve même dans les stations-services; toutefois, encore éblouis par nos parcours écolo-touristiques dans les splendides parcs naturels de l'Ouest américain, nous n'aimâmes pas cette ville, trop artificielle et sans beauté réelle, totalement dédiée au culte du dieu dollar. Nous quittâmes donc Las Vegas sans regret, en direction de Death Valley et de Yosemite park, des noms qui font rêver!

À venir: "Un Tunisien chez l'Oncle Sam: Death Valley, Sequoïa Park, Yosemite Park"

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