LES BLOGS

Des points de vue et des analyses approfondis de l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

Ismael Zniber Headshot

Insoumis marocain, je dis merci à Jean-Luc Mélenchon

Publication: Mis à jour:
MELENCHON 2017
Pascal Rossignol / Reuters
Imprimer

POLITIQUE - Merci à cet homme de m'avoir fait suivre ces présidentielles françaises avec engouement et enthousiasme. Un homme dont les idées et les valeurs universelles ont su dépasser les frontières de la France et de son contexte électoral pour s'inscrire dans la stèle de la longue et digne Histoire de l'humain. Il aurait sans doute fait un grand président pour cette France humaniste et cohérente avec elle-même que j'aime tant et qu'il est l'un des rares à incarner.

Je l'ai vu faire briller l'espoir, l'amour fanatique de la paix, le sens de l'honneur et de la probité dans les yeux de beaucoup d'amis et de tant de Français qui ont répondu à son appel. Je l'ai vu leur transmettre son respect de la Terre, des peuples et des hommes. Mais tout ceci n'a pas été vain. Si ses voraces adversaires durant cette campagne ont seulement été de simples candidats à la présidentielle, lui était bien plus que cela. Il était un intellectuel qui exhortait ses électeurs à la réflexion, à l'introspection, au dialogue et à travailler sur leur rôle de véritables citoyens. Je l'ai vu créer l'émoi et l'admiration en rehaussant le débat politique lorsque d'autres sombraient dans le gouffre de leur cupidité ou se noyaient dans la petitesse de leurs clivants discours carburés par la suspicion et la peur.

Je l'ai vu s'adresser à l'intelligence des hommes et des femmes, aux seniors comme aux jeunes en ne sous-estimant l'intelligence d'aucun d'eux. Je l'ai vu ressusciter par sa parole tant de grandes figures de l'histoire de France depuis ses Lumières, cette France toujours debout et insurgée, toujours insoumise. Non il n'y avait rien de trop romantique, de trop idéaliste ou d'irrationnel dans cet élan citoyen, les gens se laissaient porter par des idées et non par l'ivresse et l'exultation de la foule pour la superficialité et les apparences.

Cet homme a aussi su rendre à la politique sa véritable définition, tantôt souillée par les uns et les autres dans cette sanguinaire course à l'Elysée, celle d'une politique conçue comme une vocation et non comme un métier. Un tel homme qui a du respect pour lui-même et pour ses électeurs et qui incarne ce que la France a de plus noble n'a pas à se ranger du côté d'un tel ou d'un tel autre candidat pour se laisser moudre dans la farce sempiternelle d'un "Front républicain" qui ne fait que remettre à plus tard l'échéance de l'implosion du système.

Du moins, ce n'est pas à lui de prendre seul cette décision sans consulter ses électeurs, lui ce défenseur de la constituante et de la démocratie participative, en les trahissant par une décision arbitraire et égoïste comme le feraient naturellement d'autres. Un bon leader guide mais sait aussi tendre humblement et respectueusement l'oreille pour sonder l'avis de ceux qui le suivent non comme des "dévots" (discours du 9 avril à Marseille) mais comme des égaux libres de leurs mouvements et de leurs convictions qui se remettent et remettent ses décisions en question.

Un tel homme cohérent et crédible n'a pas non plus de leçon de morale et de républicanisme à recevoir de la part de ceux qui appellent aujourd'hui à défendre la République française et qui depuis des décennies gonflent les rangs du parti de la haine, de l'affliction et de la déception par leurs propres politiques irresponsables profitant à une minorité privilégiée. Jean-Luc Mélenchon​ a défendu un programme, une idée de la France, qu'il faut toujours porter au-dessus des eaux boueuses et des sables mouvants du simple jeu politique et de ses combinaisons électoralistes. Un modèle à plusieurs égards, son discours et son combat survivront, ils doivent survivre. Tout n'est d'ailleurs pas encore joué, il reste les législatives.

C'était aussi un plaisir de partager ces idées et de les transmettre en "métèque" casse-pied avec mes amis insoumis français en débattant, en tractant dans Paris, en récoltant parfois des encouragements à Châtelet ou des vilipendes sur le boulevard Saint-Germain, en tapissant les rues de Phi durant la nuit, provoquant les sourires des passants. Au delà des rencontres, c'est un esprit qui s'est créé. Un esprit global qui a réuni des gens de plusieurs horizons autour de valeurs qui transcendent les frontières géographiques et qui sont finalement de tous temps.

Merci à ce mouvement d'avoir enraciné l'esprit des Insoumis chez tant de gens et d'avoir fait vibrer le Phi de l'amour, le phi de la philosophie et de la sagesse. Je tacherai de rapporter ces idées chez moi. Rien n'est fini, tout commence! Je salue par ailleurs les campagnes des autres "petits" candidats comme François Asselineau ou Jacques Cheminade souvent décrédibilisés par les "grands" médias pour leurs idées non-conformistes mais qui doivent néanmoins être sérieusement étudiées.

#FranceInsoumise
#HumanitéInsoumise

LIRE AUSSI: