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Il n'y a pas de sexe entre nous... mais

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J'te laisse, c'est fini. J'en peux plus de tes histoires, de tes drames et du contrôle que tu as sur moi depuis toutes ces années. Comme mes autres ruptures, je risque de revenir une fois de temps en temps, prendre de tes nouvelles, voir si je ne te manque pas un peu. Mais j'ai espoir qu'un jour, une coupure complète sera faite.

Ça fait quoi, six ou sept ans que je partage tout avec toi? Toutes ces années, tu étais là, plus présent que quiconque. À chaque occasion, mon attention allait vers toi. Depuis deux semaines, j'ai commencé la rupture. Quand tu n'es pas avec moi, ça va bien, je n'ai pas besoin de me contrôler pour te consulter. C'est quand tu es près de moi que c'est encore difficile, le réflexe de te caresser, de te montrer le meilleur côté de moi.

C'est toi qui es là, qui étais là pour me divertir, me faire sentir moins seule alors qu'en réalité il n'y a personne d'autre que moi dans mon salon. Tu as même réussi à me faire sentir importante aux yeux de gens qui ne me connaissent pas. Tout ce que je faisais, je me devais de te le dire, de le partager avec toi. Chaque photo que tu as vue passer, j'y ai passé du temps pour la prendre et l'arranger afin que tu me trouves jolie et qu'eux aussi me trouvent jolie.

C'est certain que j'ai rencontré grâce à toi plein de gens qui font encore partie de ma vie. J'ai passé du bon temps et je t'en remercie, mais c'était il y a longtemps. Tu as changé et moi aussi.

T'es partout!

Depuis quelque temps, je ne te regarde presque plus. T'es encore aussi beau que la première fois que je t'ai tenu dans ma main, mais tu perds ta place tranquillement dans ma vie. Je quitte la maison sans toi. Je commence à voir d'autre chose que toi. Tu sais ce que je fais ces jours-ci ? Je vais marcher comme je le fais en voyage quand t'es pas disponible.

Je vais marcher et je m'arrête dans un parc pour observer les gens. La dernière fois que j'avais fait ça, tu n'étais pas encore dans ma vie.

À cause de toi, les gens ne se regardent plus, ne voient plus ce qui se passe autour d'eux.

Je n'avais pas réalisé à quel point ça me manquait, parce que t'étais toujours là à me contrôler. Et en plus, au lieu de regarder les photos des enfants d'inconnus qui sont en train de jouer au parc que tu me faisais défiler, j'ai maintenant les yeux rivés sur ma propre fille qui s'amuse et qui devient tranquillement sa propre personne. Je n'avais pas réalisé à quel point c'est bon de la regarder jouer et, surtout, à quel point elle est fière quand son regard se pose sur une maman qui la regarde jouer au lieu de te regarder toi.

C'est pas toujours facile, t'es partout!

T'es dans les mains de tout le monde: au magasin, sur la rue et même dans les voitures. À cause de toi, les gens ne se regardent plus, ne voient plus ce qui se passe autour d'eux.

J'ai trop longtemps marché sans regarder devant moi. J'ai trop souvent été plus intéressée par ce que tu me laissais voir que par ce que j'avais vraiment envie de voir.

Aujourd'hui, je te trouve un peu hypocrite. Tu ne me montrais que le beau, comme moi je ne partageais que le beau avec toi. Mais la vie, c'est pas ça. La vie, c'est des chicanes, des gens qui se laissent dans un resto, un gars qui boit sa peine au bar. C'est un couple qui se tient par la main ou qui est couché dans le gazon au parc. C'est leurs éclats de rire que tu ne m'as jamais permis d'entendre juste par les photos que tu me montrais. C'est des enfants qui crient dans une ruelle de Montréal. C'est un ballon qui va dans la rue et un parent qui crie après son enfant pour ne pas qu'il coure après. La vie, elle est là, dans ma face, pas dans ton écran. La vie, la vraie, tu ne peux pas la supprimer, la «poker» ou la commenter. Tu la vis et c'est tout.

Je suis capable de vivre sans toi quand je suis en voyage, pourquoi je ne serais pas capable de vivre sans toi ici aussi? Ça ne sera pas toujours évident, la chaîne n'est pas complètement coupée, j'ai encore besoin de toi, mais je suis fière de dire que je te délaisse. J'ai envie de remplacer tes likes par un cheers entre amis. De remplacer tes compliments sur une photo qui m'a pris cinq minutes à prendre et à partager avec le bon filtre, par un compliment gratuit d'un gars sur la rue. En espérant que lui aussi se lève la tête et te délaisse à son tour.

Tu as fini de prendre mon énergie en même temps que tu te vides de ta batterie. Je reprends le contrôle.

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Ce blog a été initialement publié sur le HuffPost Québec

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