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Lorsque la nomination du politicien J-P Chevènement à la tête de la Fondation pour l'islam en France exprime le ridicule et le non sens!

Publication: Mis à jour:
CHEVNEMENT
BORIS HORVAT/AFP/Getty Images
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L'islam et les musulmans sont des sujets d'actualité qui font souvent la une mais souvent par un prisme particulier: celui des pratiques que ces derniers effectuent.

Le dernier scandale date de quelques jours avec l'interdiction du fameux maillot de bain nommé faussement "burkini" mais qui en réalité ne cache pas du tout le visage, contrairement à la burka, tradition arabe, parfois représentée comme la manière islamique de porter le voile.

Oui, du halal dans les cantines au corps de ces mystérieuses femmes de confession musulmane, il y en a tous les jours à ce propos. Les musulmans peuvent d'ailleurs vous assurez dès maintenant la prochaine thématique qui fera la une: l'arrivée de la fête du sacrifice! C'est chaque année pareille.

Néanmoins, il est récemment question d'un autre prisme qui aborde l'islam et notamment en France.

Ce prisme est assez particulier puisqu'il s'agit de la nomination par le haut d'un ancien ministre de l'intérieur français, J-P Chevènement à la tête d'une Fondation réservée selon les dires, à l'islam en France.

Il faut savoir que dans ce pays, les "musulmans" qui en réalité devraient être appelés "des français de confession musulmane", il existe plusieurs types de personnes possédant ou ayant acquis cette identité musulmane.

Parfois par tradition, ou par choix d'y adhérer, les français de confession musulmane sont au moins, six millions sur une population qui dépasse plus de 70 millions d'individus. Inutile de vous le dire, il s'agit bien d'une minorité.

Mais quel est le but de la Fondation pour l'islam de France? En réalité, cette fondation a pour but de lever des financements pour des thèses et donc de la recherche sur l'islam. Une décision qui pourrait être intéressante, mais qui semble tout de même se faire une image peu crédible aux yeux du public et plus particulièrement parmi les français de confession musulmane. Et pour cause, le président de la fondation en question ne cesse de multiplier les faux pas et de prendre une posture qui ne fait pas du tout partie de ses fonctions.

  1. "Les musulmans devaient se faire plus discrets".
  2. "Je connais bien le monde musulman, j'ai été en Égypte et en Algérie, il y a 40 ou 50 ans".

Ces phrases prononcées par Monsieur Chevènement ont bien été entendues par ces français de confession musulmane et leur réaction n'a pas été attendue.

En effet, des milliers de partages et de publications comme celle-ci mettent en dérision ces propos qui d'une part, n'ont pas lieu d'être (demander aux personnes de confession musulmane de se faire discret a d'ailleurs été comparé par un centre juif pour la paix en France à des demandes qui se sont faites à une époque où les personnes de confession juive étaient mal vues!), et d'autre part, prétendre que connaître le monde musulman dans sa diversité, dans sa riche histoire datant du 7e ainsi que les différentes tendances de cette religion par le simple fait d'avoir été dans deux pays se situant, rappelons-le dans la même région, n'a pas convaincu les citoyens qui l'ont bien exprimé sur les réseaux sociaux, toujours avec beaucoup d'humour et de dérision.

Il serait temps que ces responsables politiques d'un autre temps, comprennent que l'islam n'a pas et n'aura certainement jamais de clergé (exception faite du chiisme et là encore, ils sont plusieurs autorités), que les musulmans ne sont pas un troupeau de mouton qui aurait besoin d'un berger nommé Chevènement et qu'enfin, les individus de confession musulmane n'ont nullement besoin d'un maître pour leur dicter ce qu'est l'islam ou ce qu'ils devraient faire. D'ailleurs, ce n'est pas la posture que cette fonction à la Fondation de l'islam de France exige!

Espérons tout de même que les chercheurs qui obtiendront une bourse dans ce domaine, sauront eux, à la hauteur du travail en question, parce que jusqu'ici, ce projet ne fait aucune crédibilité aux yeux de beaucoup de français.

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